Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


   
Hôtel de Villars, mairie du VIIème arrondissement de Paris
Hôtel de Villars, mairie du VIIème arrondissement de Paris
J'ai entendu avec intérêt l'autre jour à la radio Madame Rachida Dati parler de la démocratie, insinuer que François Fillon se voyant battu dans la Sarthe voulait se présenter dans Paris dans une circonscription « sûre », c'est-à-dire acquise à la droite.
Devant tant de manifestation de vertu et de démocratie républicaine, je n'ai pu m'empêcher de me remémorer les considérables difficultés rencontrées par Madame Dati lors de ses élections successives et les très audacieux défis démocratiques qu'elle a eu le courage de se donner à elle-même.
Pensez donc ! Candidate héroïque en première place sur une liste européenne où elle ne pouvait qu'être élue, elle est allé ensuite braver l'adversité à la mairie du VIIème arrondissement qui n'a pas échappé à la droite parisienne depuis qu'il existe des élections dans notre beau pays.
Dans cette même ligne de combat, elle a choisi une circonscription héroïque pour son parti : le même VIIème arrondissement ! Néanmoins, quelle énergie, quel culot chez cette femme qui, si cela avait été au mérite, serait probablement aujourd'hui greffière en second au tribunal de police d'Hazebrouck et qui s'est vu propulsée par la faveur du prince au poste prestigieux de Garde des Sceaux auquel rien ne la préparait, ce que même les non-voyant ont pu voir.
Comme souvent, elle est grande par l'ingratitude et je me demande vraiment ce qui l'empêche de postuler à tout autre chose qu'à une banale élection législative.
Ne nous plaignons pas après tout si la droite est assez folle à Paris ou ailleurs pour s'entredéchirer à ce point, elle finira par faire élire dans le VIIème arrondissement un homme ou une femme de gauche !
Commentaires (3) | Rédigé par Paul Giacobbi le 25/10/2011

Faites-le taire !

25/10/2011
Galerie Dorée de l'Hôtel de Toulouse, siège de la Banque de France à Paris
Galerie Dorée de l'Hôtel de Toulouse, siège de la Banque de France à Paris
Christian NOYER, gouverneur de la Banque de France, veut nous rassurer : la faillite de la Grèce ne coûtera aux banques françaises que 10 milliards d'euros alors que nos « grandes » banques ont dégagé environ 12 milliards d'euros de bénéfice au premier semestre 2011.
M. Noyer ferait mieux de se taire :
Dix milliards d'euros est une somme énorme, le double de l'indélicatesse du jeune Kerviel à la Société Générale.
La Banque de France connaît bien mal la réalité des comptes des banques. DEXIA doit faire l'objet du placement de 100 milliards d'euros de créances douteuses dans une « bad bank ».
Ce monsieur, comme ses collègues, a encouragé les banques à acheter des bons du Trésor de la zone euro... pour satisfaire aux futurs ratios de Bâle (III).
Il fait partie des « négationistes » de la crise financière depuis 2007.

Deux suggestions :
que l'on diminue de 80% le train de vie du gouverneur de la Banque de France qui ne trouve d'équivalent que dans le train de vie de la famille royale britannique... ou du président de la République française,
qu'il ait au moins la décence de se taire : les victimes de la crise méritent bien cela.
Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 25/10/2011
L'insoutenable dette des pays occidentaux
Les pays européens sont en train de s'accorder pour organiser une faillite ordonnée de la Grèce. Il en coûtera un effacement de moitié de la valeur des créances publiques compensé par une aide des Etats aux banques détentrices de ces valeurs.
En clair les gouvernements européens vont voir leur dette s'alourdir encore.
Et une fois la Grèce sauvée avec un coût de près de 100 milliards d'euros pour les contribuables de la zone euro et autant pour les détenteurs de créances, nous verrons poindre la question de l'Italie et de ses 1 900 milliards d'euros de dette publique. En réalité, l'Italie est déjà entrée dans la tourmente avec un taux d'intérêt de ses emprunts publics qui s'apprête à dépasser les 6%.
Ne serait-il pas temps de reconnaître qu'aucun pays occidental, pas même l'Allemagne, ne sera capable de rembourser l'intégralité de sa dette ou même, dans un délai raisonnable, de la réduire de moitié ?
Prenons la France. Sa dette publique avouée est de l'ordre de 1 700 milliards d'euros avec une dette potentielle dont il vaut mieux ne pas parler d'environ 1 000 milliards d'euros supplémentaires pour assurer la retraite des fonctionnaires d'Etat.
Quand tout va bien et que la croissance est forte, de l'ordre de 2 à 3%, notre beau pays génère un déficit annuel de l'Etat de l'ordre de 40 milliards d'euros et, depuis le début de la crise, nous tournons autour de 100 à 150 milliards d'euros avec des recettes fiscales qui ne dépassent pas les 250 milliards d'euros.
Pour rembourser la dette française, il faudrait que nous revenions à un excédent d'une quinzaine de milliards d'euros par an qui nous permettrait, en nous serrant terriblement la ceinture, de réduire la dette de moitié en cinquante ans et de la rembourser totalement en un siècle...
Encore faudrait-il tenir compte de l'aggravation de notre endettement lorsqu'il nous faudra rembourser les échéances des emprunts contractés pendant la crise.
Ainsi, en 2010, la République française a-t-elle emprunté 150 milliards d'euros pour couvrir son déficit courant et une bonne trentaine de plus pour rembourser les échéances des emprunts contractés environ sept ans auparavant.
Ce qui signifie qu'en 2017, à supposer qu'à ce moment nous soyons revenus à l'équilibre voire à l'excédent, il nous faudra bien honorer une échéance qui ne sera pas très éloignée de 200 milliards d'euros, ce qui nous obligera évidemment à emprunter à nouveau des sommes colossales.
Bien évidemment, les politiques de rigueur qui nous feraient passer d'un déficit de 100 à 150 milliards d'euros comme aujourd'hui à un excédent de l'ordre de 30 milliards d'euros supposeraient une diminution des dépenses et un accroissement des impôts générant près de 200 milliards d'euros d'économies par an, ce qui aura des effets très déprimant sur la croissance et donc sur les recettes de l'Etat et entraînera un cortège de misère pour une grande partie de la population, d'abandon de pans entiers du service public et de dégradation insupportable de l'éducation et, plus généralement, de tout ce qui prépare l'avenir.
L'idée que nous pourrions rembourser est une absurdité démontrée et c'est ainsi qu'aux Etats-Unis comme en Europe, tous les savants calculs qui sont rituellement exposés chaque année, sont démentis l'année suivante par les évènements. A ce jour, ni les promesses grecques de retour à meilleure fortune, ni celles de l'Italie, ni celles de la France ou des Etats-Unis, pour ne pas citer pratiquement tous les autres pays occidentaux, n'ont été tenues.
En réalité, chacun le sait, il n'existe que deux solutions pour se sortir d'une situation d'endettement insoutenable : la faillite ou l'inflation. Parfois les deux successivement, comme en Allemagne en 1923, l'hyper inflation ayant conduit à faire défaut, la République de Weimar s'est ainsi exonérée de ses dettes en général et de ses dettes de guerre en particulier.
Malgré une création monétaire inouïe qui a vu les banques centrales augmenter leurs bilans en milliers de milliards de dollars, l'inflation reste très modérée dans nos pays, tout simplement parce qu'elle suppose une inadéquation de l'offre et de la demande et que celle-ci n'existe que dans très peu de domaines, comme par exemple pour certains produits alimentaires à certains moments, tandis que l'on voit très rarement une économie en récession sombrer dans l'inflation, sauf raison extérieure très particulière, telle qu'une augmentation brutale des coûts de l'énergie comme cela s'est produit en 1975.
L'autre solution, c'est le défaut pur et simple.
L'Argentine est un pays prospère et qui a fait faillite il y a quelques années. L'Allemagne a fait faillite deux fois au vingtième siècle et reste sans doute aujourd'hui l'économie la plus solide de l'Europe occidentale.
La Grèce a beaucoup de chance. C'est un petit pays et ses partenaires de la zone euro croient qu'ils ont les moyens de la sauver et vont le faire. Mais si demain l'Italie est défaillante ou l'Espagne, l'Irlande, le Portugal ou la France, qui pourrait envisager de les sauver à coup non plus de centaines mais de milliers de milliards d'euros ?
Le seul moyen que ces pays ont aujourd'hui d'honorer leur dette s'est d'emprunter encore plus. Aucun n'est capable, non seulement de commencer à rembourser un euro mais même d'assurer le paiement de ses intérêts d'emprunt sans emprunter à nouveau.
La question va se poser beaucoup plus vite que prévu, peut-être dans les prochains mois. Ne devrions-nous pas commencer à étudier l'Argentine et l'Islande, voire la reconstruction financière de l'Allemagne d'après-guerre, histoire d'être prêts pour le jour où il nous faudra bien en passer par là ?

Commentaires (3) | Rédigé par Paul Giacobbi le 25/10/2011
Libye, Tunisie : tout çà pour çà ?
Un parti fondamentaliste vainqueur des élections en Tunisie, la charia annoncée comme la future loi fondamentale en Libye par un chef de gouvernement provisoire qui s'était illustré comme ministre de la justice de M. Khadafi, deux « révolutions de printemps », une guerre menée par l'OTAN tout l'été et jusqu'au début de l'automne pour en arriver là. Le jeu en valait-il la chandelle ?
Certains pays et non des moindres, l'Inde par exemple, dont le caractère démocratique ne peut être mis en cause, ont considéré publiquement et officiellement que l'on ne devait pas s'ingérer militairement dans les affaires d'une autre nation au motif qu'il y a toujours une bonne raison de combattre, par exemple la lutte contre un régime dictatorial, la libération de la femme, l'intolérance religieuse... Un très haut responsable indien m'indiquait récemment que nos buts de guerre en Libye pouvaient tout aussi bien nous faire combattre un bon tiers de la planète.
Il reste à espérer qu'en Tunisie comme en Libye, une folie n'en remplacera pas une autre et que l'on permettra quoi qu'il arrive l'alternance démocratique tout en interdisant que des lois soient proclamées a priori au motif qu'elles seraient celles de Dieu avant même que le peuple n'ait pu donner librement son avis.
Commentaires (4) | Rédigé par Paul Giacobbi le 25/10/2011
Areva, du rêve à la réalité...
Lorsque j'ai, en commission, interrogé Madame Lauvergeon sur le désastre économique de l'EPR finlandais, elle m'a indiqué qu'il constituait « une belle vitrine ». Actuellement, il va coûter à Areva plus de six milliards d'euros et en rapporter trois ! Cela fait cher la vitrine pour une mise en service en 2014 !
Commentaires (2) | Rédigé par Paul Giacobbi le 12/10/2011
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