Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


   

Fausse bonne idée

24/05/2011
L'idée selon laquelle notre ministre de l'économie Madame Lagarde pourrait succéder à Dominique Strauss-Kahn fait son chemin et la plupart des pays européens l'ont quasiment désignée comme candidate tandis qu'en France beaucoup de voix, y compris celle de Martine Aubry, se font entendre en faveur de cette candidature.
En, théorie, l'affaire est dans le sac : les Etats-Unis, l'Europe et les pays développés en général représentent plus de 55% des droits de vote au FMI.
En réalité, l'affaire est loin d'être assurée et même si cela réussissait, il n'est pas certain que cela serve véritablement les intérêts français.
Madame Lagarde est une personne remarquable et même si je lui ai longtemps publiquement reproché, depuis l'automne 2007, de ne pas avoir vu venir la crise puis d'en avoir minimisé les dangers et les risques, elle a réussi à se faire une place dans les négociations internationales et à y défendre avec talent les intérêts français.
Le fait que son mari soit d'origine corse et qu'elle aime manifestement beaucoup Bonifacio ne diminue pas ma sympathie à son égard.
Cependant, sa nomination se heurtera à la réticence des pays émergents et du tiers-monde qui représentent 44,7% des droits de vote au FMI et qui sont choqués de ce que l'Europe revendique une chasse gardée.
Par ailleurs, la situation financière de la France fait que notre pays risque, durant le mandat du prochain directeur général, d'avoir besoin du FMI, tandis que tout de même ce qui s'est passé avec l'affaire Strauss-Kahn n'est pas un avantage pour notre candidate.
Enfin, l'affaire Tapie, bien que j'exclus une incrimination possible de Madame Lagarde et que je trouverais logique que la Cour de Justice de la République ne la poursuive pas, risque d'être exploité défavorablement par les autres candidats.
De surcroît, et même si l'on peut douter de la capacité des pays émergents à s'accorder sur un même nom, il ne manque pas de candidats de grande qualité issus de ces pays : un singapourien dont le nom traduit l'origine indienne, un mexicain, un sud-africain, toutes personnes qui pourraient légitimement prétendre à rompre avec une tradition européenne pour la direction générale du FMI.
On comprend dans ces conditions que le président de la République tarde à donner son feu vert car même si Madame Lagarde était nommée, les pays émergents ne le verraient pas d'un bon oeil, même s'ils ont probablement une bonne opinion d'elle en tant que personne, de telle sorte que d'une manière ou d'une autre, ils nous en voudraient.
Cette candidature est donc une fausse bonne idée.
Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 24/05/2011
Notre gouvernement dit qu'il a réussi pour 2011 à réduire le déficit de l'Etat à 90 milliards d'euros. La réalité est bien différente.
En date du 23 mai 2011, le site de l'agence France Trésor indique que pour l'exercice 2010, l'Etat a réalisé 188 milliards d'euros en « émissions à moyen et long terme (obligations assimilables du Trésor et bons du Trésor à taux fixe et intérêts annuels), nets des rachats effectués par l'Etat et par la Caisse de la dette publique (CDP).
Selon la même source, le déficit pour 2010 se serait monté à 149, 7 milliards d'euros auxquels on doit ajouter les amortissements de dette à long terme (29,5 milliards d'euros et à moyen terme 53,5 milliards d'euros).
La différence entre les deux chiffres, près de 149 milliards pour le déficit et 188 milliards pour les émissions obligataires, ne correspond pas au montant des amortissements (83 milliards d'euros) en raison de divers ajustements (annulation de titres de l'Etat par la Caisse de la dette publique, amortissement de dette reprises par l'Etat, variations de dépôts des correspondants etc...).
En définitive, le recours de l'Etat au marché obligataire a bien été de 188 milliards d'euros, c'est-à-dire une somme qui se rapproche dangereusement du montant des ressources fiscales de l'Etat pour le même exercice qui ont été de l'ordre de 250 milliards d'euros...
S'agissant de l'exercice 2011, la prévision de déficit de l'Etat, soit 92 milliards d'euros, se fonde sur une prévision de croissance qui se révélera à l'évidence très exagérément optimiste, de même que je ne suis pas certain, en période préélectorale, qu'il soit véritablement possible de s'en tenir aux chiffres envisagés en matière de maîtrise des dépenses...
Par ailleurs, ce chiffre ne tient évidemment pas compte du recours à l'emprunt nécessaire pour financer l'amortissement de la dette antérieure, de telle sorte qu'il serait difficile de croire que les émissions obligataires de l'Etat français pour 2011 seront inférieures à 180 milliards d'euros.
S'agissant des Etats-Unis, le président Obama a modifié la norme comptable qui intégrait jusque-là les amortissements de la dette (remboursement des bons du Trésor arrivant à échéance) dans le calcul du déficit. C'est d'autant plus critiquable que la maturité de la dette publique américaine est de l'ordre de soixante mois. Il faut donc s'attendre à partir de l'exercice 2012 (c'est-à-dire cinq ans après le début de la crise en 2007 qui a entraîné une brutale augmentation de l'emprunt public) à une hausse vertigineuse et récurrente du recours à l'emprunt de ce pays sauf si, entre temps, le « Tea party » a pu prendre le pouvoir et mettre en oeuvre son programme de rigueur qui entraînerait d'ailleurs un désastre encore plus grand.
Je n'ai personnellement pas attendu le début de la crise financière mondiale en 2007 pour évoquer le risque de faillite de l'Etat. J'avais commis le 12 octobre 2002 une « chronique comptable d'une faillite nationale annoncée » que le Monde avait publiée (en pièce jointe ci-après).
Tour à tour, les pays « fragiles » de la zone euro sont affectés par la crise de leurs finances publiques : Grèce, Irlande, Portugal et bientôt Espagne et Italie. Nous n'en sommes plus très loin et même l'Allemagne, avec les passifs incommensurables de ses banques et les déficits californiens de certains de ses Länder, n'est pas dans la situation que l'on croit.
La réalité, c'est que la France aura à faire face dans les mois ou les années qui viennent à une crise majeure de ses finances publiques. Je m'étonne que les candidats en parlent si peu. Je m'étonne que le Parlement n'évoque que bien rarement ce sujet.

chroniquecomptable.pdf ChroniqueComptable.pdf  (264.65 Ko)

Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 24/05/2011

Cachemire

23/05/2011
Pour beaucoup de Français, ce nom évoque une laine remarquablement douce et malheureusement très coûteuse que nous croyons bien à tort originaire de l'Ecosse ou de la Nouvelle-Zélande.
D'une certaine manière, la naissance de l'Etat princier de Jammu et Cachemire au milieu du XIXème siècle est intimement liée à cette qualité de laine puisque le traité par lequel il avait été créé du fait de la vente par la Grande-Bretagne du Cachemire à un prince de Jammu prévoyait entre autres que ce dernier devrait chaque année remettre à la Couronne britannique plusieurs chèvres Hymalayan dont on tire la fameuse laine... (article 10 du traité d'Amritsar du 16 mars 1846, selon lequel le Maharajah Gulab Singh remettra chaque année au gouvernement britannique : « twelve shawl goat of approved breed (six males and six females) and three paires of Cashmere shawls »).
La réalité contemporaine du Cachemire n'est cependant ni douce, ni chaude comme l'est le « pashmina » : c'est même aujourd'hui la zone de conflit la plus dangereuse du monde come l'indique d'ailleurs le titre du dernier numéro de the Economist : « The world's most dangerous border ».
J'ai eu l'occasion la semaine dernière de rencontrer assez longuement un homme qui est à lui seul un résumé de cette histoire complexe, le docteur Karan Singh, membre du Sénat indien, ancien professeur de sciences politiques et aussi fils unique du derniers Maharajah de Jammu et Cachemire.
Bien que préférant se faire connaître sous le nom de « Docteur Karan Singh », ce prince a régné sous des formes diverses, comme régent ou comme gouverneur, pendant une vingtaine d'années sur l'Etat de Jammu et Cachemire.
Nous avons eu une longue conversation avec l'ambassadeur du Pakistan à Paris, le Docteur Karan Singh et votre serviteur. J'ai constaté avec intérêt que le prince militait clairement pour une solution pacifique et raisonnable du conflit, admettait que ce règlement devait reposer sur la frontière de facto qui est en fait issue de la ligne de démarcation lors de l'arrêt des hostilités à la fin du premier conflit indo-pakistanais en 1948.
Il nous a rappelé que des pas importants vers le règlement du conflit avaient été franchis notamment à l'époque du général Musharraf, lorsque celui-ci dirigeait le Pakistan puis, plus récemment grâce aux initiatives du Premier ministre Manmohan Singh même si les attentats de Mumbaï dont les auteurs étaient pakistanais, avaient semé le trouble dans l'opinion publique indienne.
Mais il a aussitôt indiqué que le fait que ces terroristes soient venus du Pakistan ne signifiait pas que le gouvernement de ce pays en était le complice ou l'instigateur.
Il a admis la comparaison que j'ai faite avec les très nombreux attentats commis par des terroristes basques en Espagne qui ont souvent eu leur base arrière sur le territoire français alors même que le gouvernement français les poursuit sans relâche mais ne parvient pas toujours à les débusquer.
Le monde se rend compte aujourd'hui que le problème le plus grave qui menace globalement sa sécurité n'est pas ou n'est plus le conflit au Moyen-Orient mais bien celui qui oppose sur les hauteurs de l'Himalaya un empire d'un milliard deux cents millions d'habitants à un voisin de près de 200 millions d'habitants, disposant tous les deux d'un impressionnant arsenal nucléaire et de très puissantes armées.
Et l'on ne saurait être complet sans rappeler que la Chine revendique le Ladakh indien qu'elle considère non sans raison comme une partie historique du Tibet tandis que l'Inde conteste l'occupation par la Chine d'une partie de l'ancien royaume du Cachemire.
Ce conflit historique est inextricablement mêlé à la question de l'Afghanistan et du reste lorsque le maharajah Hari Singh a fait appel à l'Inde et à son armée pour assurer la sécurité de son royaume tout en acceptant de la réunir au dominion de l'inde, il a cité à juste titre l'invasion des guerriers pashtounes provenant de la zone tribale du Pakistan.
Au cours des prochaines années, toutes les diplomaties du monde vont devoir se concentrer sur ce problème si nous ne voulons pas que le Cachemire ne devienne l'équivalent des Balkans pour la prochaine guerre mondiale comme le dit le Docteur Henry Kissinger dans une récente interview du Financial Times en date du 21 mai 2011.
Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 23/05/2011
L'an dernier, nous avons eu la démonstration expérimentale irréfutable de la totale innocuité des soi-disantes vapeurs volcaniques islandaises pour la sécurité des avions, à la simple condition de ne pas voler à travers le panache de cendres à proximité immédiate du volcan.
Rappelons simplement qu'à un moment où tout le ciel aérien européen avait été fermé au nom d'un principe abusif de précaution, plusieurs compagnies aériennes avaient obtenu l'autorisation de faire des vols d'essai sans passagers mais dans des conditions normales de vol et que les inspections techniques ultérieures avaient démontré qu'aucune atteinte n'était décelable ni sur la carlingue, ni dans les réacteurs, en tout cas aucune atteinte de plus d'un micron de superficie !
Malgré ces preuves réitérées, il avait fallu encore près d'une semaine pour que l'interdiction soit levée et qu'à défaut que le nuage s'évanouisse, les esprits embrumés des soi-disant spécialistes de la volcanologie aéronautique se clarifient enfin.
Rappelons aussi que l'on avait atteint un certain point de délire puisque nous avions entendu lesdits spécialistes nous expliquer que les nuages du volcan étaient en fait composés de minuscules cristaux acérés comme autant de poignards qui détruiraient immanquablement tout avion qui s'approcherait à moins de quatre mille kilomètres de l'Islande.
Cette année, le délire s'oriente non plus vers cette vision de poignards projetés dans l'espace mais vers un concept intéressant qui consisterait à ce que les micro particules du nuage, qui d'une année à l'autre ne sont plus effilées mais rondoïdes, s'agglomèreraient immanquablement à la sortie des réacteurs pour former un bouchon !
Je n'ai pas encore compris comment il est possible qu'une quelconque agglomération se produise sous un souffle à 500° Centigrade avec une vitesse d'éjection en milliers de km/h, mais j'admire l'imagination débordante de ces experts qui, à l'opposé de toute démarche scientifique, ne se fondent sur aucune simulation par le calcul ni aucun essai expérimental dans des conditions simulées pour tirer une conclusion qui va à l'encontre de ce que l'expérimentation en grandeur réelle a démontré.
La Collectivité territoriale de Corse est propriétaire d'une compagnie aérienne à laquelle cette galéjade a coûté l'an dernier un million d'euros.
J'ose espérer que cette année les gardiens des cieux européens sauront ne pas confondre le principe de précaution et le principe de c...
Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 23/05/2011
Nicholas D. Kristof paper in the May, 17th edition of International Herald Tribune, « What Holbrooke knew », is a new evidence that the ambassador is missing to America's diplomacy :
« If Holbrooke were still alive, he would be shuttling frantically between Islamabad and Kabul, trying to take advantage of Bin Laden's killing to lay the groundwork for a peace process (...) As for Pakistan, Holbrooke told me and others that because of its size and nuclear weaponry, it was center stage; Afghanistan was a sideshow (...) A stable Afghanistan is not essential; a stable Pakistan is essential ».

http://www.nytimes.com/2011/05/15/opinion/15kristof.html?_r=1&scp=3&sq=nicholas%20d.%20kristof&st=cse http://www.nytimes.com/2011/05/15/opinion/15kristof.html?_r=1&scp;=3&sq;=nicholas%20d.%20kristof&st;=cse

Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 20/05/2011
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