Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


   
J'ai toujours été frappé par la différence qui existe entre la presse française et la presse étrangère que je connais un peu, essentiellement à travers les titres que je lis chaque jour (International Herald Tribune, Financial Times, Wall Street Journal) ou que je lis épisodiquement (Times of India). Le journal français le plus lu est le Figaro avec un peu plus de 300 000 exemplaires de diffusion payante suivi par Le Monde, aux alentours de 280 000.
En Grande-Bretagne, le Times, relativement austère, n'en est pas moins diffusé à 500 000 exemplaires, sans parler de The Sun, journal à sensation, qui dépasse largement les 3 millions d'exemplaires payés.
Le Wall Street Journal tire à 2 millions, le New York Times à 1 160 000 exemplaires. Il n'est pas significatif de citer un journal publié en hindi, le Dainik Jagran, qui dépasse les 50 millions d'exemplaires !
Tous les journaux du monde connaissent des difficultés. Le problème de la presse française est qu'elle se situait à un niveau de lectorat tellement bas qu'elle en arrive aujourd'hui au point qu'elle ne peut survivre que dans le cadre d'un véritable mécénat.
Mais il faut aussi reconnaître que la comparaison est aussi accablante sur le fond.
S'agissant même de la vie politique, économique, voire culturelle de la France, on finit par être beaucoup plus précisément et complètement informé par la lecture des quotidiens étrangers que par la lecture de leurs homologues français.
On ne peut évidemment savoir si c'est la faiblesse des ventes de notre presse qui est responsable de la baisse de sa qualité éditoriale ou si c'est l'inverse, éternel problème de la poule et de l'oeuf. Toujours est-il qu'une démocratie peut difficilement se passer d'une véritable presse et que la question commence à se poser en France.
D'autant qu'il y a d'autres caractéristiques de notre presse comme par exemple sa surconsommation compulsive de sondages : plutôt que de réfléchir ou d'enquêter, on préfère payer un sondage, d'ailleurs fort coûteux, et se borner à le commenter.
Il y a aussi ces pratiques consistant à ne jamais exposer qu'un point de vue sans jamais faire jouer le principe de contradiction ou alors de manière biaisée, à procéder par a priori et, plus généralement, à se dispenser de toute autocritique, voire dans certains cas, de toute vérification des sources.
Mieux vaut ne même pas parler des hebdomadaires où l'on ne trouve entre la publicité, les pages magazine, les chroniques décousues de quelques fausses gloires parisiennes et les « marronniers », pratiquement plus une page lisible d'information.
Les candidats à l'élection présidentielle devraient nous proposer des idées et des projets pour faire revivre en France une presse digne de notre pays !
Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 27/04/2011
Tous ceux qui admirent Winston Churchill savent à quel point il était sensible aux bonnes choses. Lady Churchill citait à son propos la phrase célèbre d'Oscar Wilde selon laquelle il était facile à satisfaire, se contentant du meilleur.
Nous apprenons avec bonheur que les futurs mariés, William et Kate, ont choisi comme champagne pour la cérémonie la marque Pol-Roger qui était le champagne préféré de Churchill, lequel l'avait découvert en 1908 et entretenait à la fin de sa vie des relations très amicales avec Madame Odette Pol-Roger.
Je ne sais pas si ce choix est dicté par les qualités du champagne en question, dont la cuvée Sir Winston Churchill est une remarquable illustration, ou si c'est en souvenir du grand homme mais puisqu'il faut bien traiter légèrement un sujet aussi léger que les bulles de cet excellent breuvage, pourquoi ne pas lever un verre en l'honneur des futurs mariés et surtout du peuple britannique tout entier ?
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 27/04/2011

Le dernier calife ?

26/04/2011
La Grande mosquée des Omeyyades de Damas (706-715)
Fondé au milieu du VIIème siècle, le califat Omeyyade dont le nom provient d'un grand-oncle de Mahomet, a commencé dans le sang avec l'assassinat d'Ali, cousin et gendre du prophète...
Treize siècles plus tard ou presque, la Syrie est toujours en proie à une extraordinaire violence politique et, sans posséder la puissance des califes omeyyades qui régnaient à leur apogée de l'Espagne à l'Irak, le dictateur qui la dirige aujourd'hui exerce une influence, d'ailleurs perverse et néfaste, sur une grande partie du monde arabe bien au-delà de ses frontières.
Ce pouvoir très secret et très sombre, ne recule devant aucune extrémité pour se perpétuer. Les puissances occidentales le ménagent même si cette position devient intenable face à l'atrocité de la répression qui ensanglante la malheureuse Syrie.
La France, quant à elle, semble ignorer qu'elle a exercé au nom de la Société des Nations le mandat de gouvernement de la Syrie de 1920 à 1946.
Nous avons donc peut-être une responsabilité particulière vis-à-vis de ce pays où la répression est actuellement bien plus atroce qu'elle n'a été en Tunisie ou en Egypte.
On se souvient aussi que les émissaires français ont souvent pris le chemin de Damas et semblaient apprécier le rôle d'intermédiaire actif que se sont successivement donnés dans la région les el-Assad père et fils.
Nous ne pourrons cependant pas longtemps rester silencieux face aux massacres. La fin du dernier des califes de Damas n'ira pas sans un véritable bouleversement de la diplomatie du Moyen-Orient.
Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 26/04/2011
Ma collègue Françoise Branget a eu l'heureuse idée de demander à chacun des députés une recette de son terroir et de faire publier le tout sous le titre « La cuisine de la République » (Editions du Cherche-Midi).
Cet ouvrage qui confirme le lien très profond entre gastronomie et politique est peut-être révélateur des tendances inconscientes ou non de nos élus nationaux.
On ne s'étonnera pas que le député de l'Aude, Jean-Paul Dupré, nous présente la recette du cassoulet de Castelnaudary ou Vincent Descoeur, député du Cantal, celle de la truffade, tant ces deux plats sont emblématiques de leurs terroirs respectifs.
On admirera l'audace de Jean-Yves Cousin, député du Calvados, qui ose la recette de l'andouille de Vire qui fut longtemps le surnom d'un élu du lieu...
De même suis-je heureusement surpris que mon ami le docteur Gérard Bapt, député de Haute-Garonne, propose une escalope de foie gras au Madère que cet excellent cardiologue ne conseillera certainement pas à ses patients !
Le gratin dauphinois qui, comme chacun le sait, consiste dans la superposition de couches de pommes de terre et de crème à l'aïl et aux herbes, est présenté conjointement par Alain Moyne-Bressand (UMP) et André Vallini (SRC) qui ont peut-être bien inconsciemment voulu tout à la fois exposer leur proximité et leur différence sans d'ailleurs préciser comment ils se classaient entre la crème et la pomme de terre.
Le « gâteau bleu » que propose Laurent Hénart, proche de Jean-Louis Borloo, ne serait-il pas une affirmation inconsciente, malgré la rupture avec l'UMP, de l'ancrage à droite des radicaux valoisiens ?
Monsieur Giscard d'Estaing portant le nom d'un ancien président de la République qui ne détestait pas les solennités nous propose de ce fait une recette de « pompe au pommes ».
Arnaud Montebourg veut-il nous rappeler qu'il a toujours dénoncer le blanchiment d'argent en nous présentant un poulet de Bresse à la crème dont la photographie nous indique qu'il se présente nappé d'une blancheur immaculée ?
Enfin, votre serviteur n'a-t-il pas inconsciemment été victime d'un réflexe laïc et radical en vous offrant une recette de « storzapretti » ?
Commentaires (3) | Rédigé par Paul Giacobbi le 21/04/2011

Campagnes...

20/04/2011
Il y a en ce moment plusieurs campagnes électorales en France qui se développent dans la perspective de la présidentielle. La gauche, considérant sur la foi des sondages qu'elle a déjà gagné, se consacre essentiellement à un combat entre les forces politiques susceptibles de se réunir dans un second tour – les écologistes, les socialistes, le front de gauche – et à une bataille acharnée en vue des primaires du Parti socialiste qui opposent essentiellement Dominique Strauss-Kahn et François Hollande tandis que quelques comparses, d'Arnaud Montebourg à Manuel Valls s'efforcent d'exister en s'agitant afin de pouvoir ultérieurement monnayer leur retrait par une surface de maroquins ministériels suffisante pour satisfaire leur ego.
C'est donc malheureusement un paysage éclaté dans lequel déjà M. Mélenchon laisse entendre qu'il ne votera pas au second tour pour un candidat qui ne serait pas en rupture avec le capitalisme, et les écologistes indiquent clairement qu'ils exigeront un engagement précis sur l'abandon du nucléaire et une orientation vers la décroissance économique pour se rallier au second tour au candidat de la gauche, tandis qu'une partie considérable des socialistes s'oppose de manière frontale à Dominique Strauss-Kahn, accusé de tous les maux à raison de ses fonctions et de son éloignement momentané.
Pendant ce temps, à droite, les candidats potentiels sont patiemment réduits à rien : M. Galouzeau n'a pratiquement plus aucun soutien, M. Morin s'en retourne à sa cuisine, tandis que la tentative d'autonomie de M. Borloo semble faire long feu.
Le président de la République a entamé une campagne en profondeur, abordant progressivement tous les thèmes, n'hésitant pas à proposer les mesures les plus irresponsables, ni à manipuler l'opinion avec les ressorts indignes de la peur de l'immigration.
Dans un camp, on se croit déjà vainqueur et on se combat mutuellement, dans l'autre on s'efforce de convaincre l'opinion.
Je fais de la politique depuis très longtemps et je sais les ravages que peuvent faire de tels comportements.
Il est grand temps que la gauche désigne son candidat, il est grand temps qu'elle défende un programme et qu'elle s'accorde avec ses partenaires sur une vision renouvelée mais réaliste de la politique faute de quoi nous assisterons comme en 2002 et comme en 2007 à un de ces désastres auquel conduit immanquablement un excès d'optimisme.
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 20/04/2011
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