Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


   
C'est avec beaucoup de plaisir que j'ai inauguré l'espace que la Collectivité Territoriale de Corse occupe au salon de l'agriculture avec les chambres d'agriculture de Haute-Corse et de Corse-du-Sud, le 22 février.
Soixante producteurs insulaires y défendent l'identité de notre terroir et ont réussi à démontrer que la tradition pouvait s'exprimer dans la modernité, l'authenticité être gage de succès économique et l'identité constituer la meilleure ouverture sur le monde extérieur.
La présence au salon n'est qu'une manière d'exprimer un très large consensus en faveur de la promotion de notre terroir pour une agriculture identitaire assumée indispensable à notre développement économique et à l'équilibre de notre territoire.
Je voudrais ici remercier tous ceux qui ont contribué par leur travail à faire de ce retour au salon de l'agriculture un succès et affirmer que nous serons désormais fidèles à ce rendez-vous annuel qui nous permettra je l'espère de constater, année après année, des évolutions positives.
Commentaires (8) | Rédigé par Paul Giacobbi le 25/02/2011

G20 dans l'impasse

24/02/2011
C'était une très ancienne tradition occidentale que les pays riches et puissants se réunissent pour défendre leur suprématie économique en prétextant ainsi garantir pour toute la planète « l'ordre économique mondiale ».
Cela s'est passé à Bretton Woods à une époque où plus de la moitié des réserves des banques centrales du monde étaient à Fort Knox et où littéralement le billet vert valait de l'or.
Cela s'est poursuivi avec la réunion des « G » successivement 6, 7, 8 et 20 qui, depuis 1975, sont supposés apporter des solutions aux problèmes économiques qui secouent notre monde de plus en plus violemment.
La dernière crise, celle qui a commencé en 2007, voit aujourd'hui l'affrontement entre les anciens riches (l'Europe et les Etats-Unis) et d'anciens pauvres qui sont en train de dépasser les premiers et qui n'acceptent plus leur tutelle et, moins encore, d'honorer leurs chèques sans provision.
La crise actuelle vient de ce que les pays occidentaux, et en particulier les Etats-Unis, ne maintiennent plus leur croissance et leur richesse qu'en aspirant à eux l'épargne du reste du monde et en particulier celle des grands pays émergents qui désormais concentrent de plus en plus la production de biens et de services de la planète.
Dans un tel contexte, l'idée que le G20 pourrait trouver des solutions techniques ou encore un accord politique qui consisterait à ce que la Chine ou l'inde et de préférence les deux ensemble acceptent d'une manière ou d'une autre de restreindre leur expansion économique et commerciale pour permettre aux Etats-Unis et à l'Europe de ne pas trop souffrir de déséquilibre de leur commerce extérieur et de leurs finances publiques est totalement irréaliste.
Le seul accord qui pourrait exister devrait se fonder au plan politique sur le fait que les pays occidentaux acceptent de payer les conséquences de leur déclin industriel et sur le plan technique à ce qu'un nouvel ordre monétaire mondial soit instauré non plus sur la base du dollar mais sur celle de l'instrument monétaire du Fonds Monétaire International, c'est-à-dire sur les « Droits de Tirage Spéciaux ».
Tout cela est parfois un peu technique mais on peut l'expliquer simplement : un vieux monsieur, l'Oncle Sam, qui a été très riche parce qu'il travaillait beaucoup et était efficace, a de plus en plus de mal à vendre ce qu'il produit désormais beaucoup trop cher et tire maintenant l'essentiel de son revenu des prêts que lui consentent les nouveaux riches des quartiers lointains du village planétaire, lesquels produisent mieux, plus et moins cher que lui.
La situation a duré des décennies et l'Oncle Sam, après avoir connu plusieurs fois la menace de la faillite, demande aux nouveaux riches de consentir à produire moins et plus cher de manière à lui permettre de conserver une partie de ses revenus.
Mais les nouveaux riches comprennent maintenant qu'ils sont en train de prendre le dessus et la seule chose qui les retienne d'acculer le vieil Oncle Sam à la faillite, c'est qu'ils lui ont prêté beaucoup d'argent et que sa chute leur ferait perdre cet argent.
Dans un tel contexte, le G20, essaie de s'accorder sur le moyen de mesurer à quelle vitesse l'Oncle Sam court à la ruine et dans quels délais ses concurrents vont parvenir à lui prendre le dessus.
Mais le G20 ne parvient même pas à s'accorder vraiment sur une mesure objective.
Qui accepterait, en Chine ou en Inde, de renoncer partiellement à la croissance au motif qu'il faudrait préserver les intérêts de l'Occident qui pendant plus d'un siècle a fait peser sur le reste du monde tout le poids de l'impérialisme économique et parfois politique ?
J'ai très modestement proposé que l'on associe aussi aux travaux du G20 les pays les plus pauvres car les pauvres d'aujourd'hui sont les riches de demain et les plus puissantes économies mondiales ne pourront continuer à connaître une certaine expansion que si les plus pauvres devenant un peu plus riches peuvent accéder à la consommation et à l'investissement.
Le G20 est en train de devenir une foire d'empoigne où, plus vraisemblablement, il se contentera de plus en plus de formuler quelques voeux pieux, dans des communiqués alambiqués qui ménagent la chèvre et le chou et qui s'efforcent de dissimuler les contradictions les plus profondes sous quelques phrases bien balancées que tout le monde aura oublié aussitôt qu'elles auront été écrites.
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 24/02/2011
Il ne nous suffisait pas d'avoir supporté les approximations successives (ce qu'en langage non diplomatique on appelle les mensonges) de Madame Alliot-Marie sur ses vacances, voilà qu'on nous sort un ambassadeur arrogant et immature, incapable de garder son calme et de répondre courtoisement à une journaliste qui l'interrogeait tout à fait naturellement sur le comportement de sa ministre !
Pourquoi paie-ton des ambassades et des ambassadeurs ? Pour défendre nos intérêts nationaux essentiellement économiques, pour entretenir de bonnes relations politiques, pour disposer d'analyses et de prévisions intelligentes et enfin pour donner une image exemplaire de notre pays et de son peuple.
J'ai auditionné M. Boillon avec mes collègues de la commission des affaires étrangères lorsqu'il était ambassadeur en Irak. Il nous a paru plutôt compétent, intelligent mais manquant de recul et de maturité.
Il n'est pas capable d'exercer une fonction diplomatique dès lors qu'il perd le contrôle de lui-même pour si peu. Il doit donc être remplacé sans délai et muté vers un service d'étude et d'analyse qui lui évite de rencontrer la presse ou des personnalités étrangères.
Après les quatre ans de vacance du poste de ministre des affaires étrangères puisque Bernard Kouchner n'a jamais exercé cette fonction, nous nous trouvons confronté à une situation qui pour d'autres raisons est aussi celle d'une vacance.
Madame Alliot-Marie ne peut représenter la politique étrangère de la France ni devant le Parlement, ni à l'étranger. Sans porter de jugement sur cette affaire, elle doit quitter son poste sans délai.
Lorsque j'écrivais il y a quatre ans dans le journal Le Monde que notre diplomatie était moribonde (lien ci-dessous), j'aurais pu ajouter que les apparences étaient encore sauves et qu'au moins les formes étaient respectées. Il n'en est plus rien aujourd'hui : notre politique étrangère n'a plus aucune ligne directrice ou alors tellement disproportionnée par rapport à nos moyens et tellement versatile, multipliant les volte-faces et les maladresses, que cela revient au même.
Elle n'a plus de responsable clairement identifié et les ambassadeurs étrangers en poste à Paris ne savent plus à qui faire passer un message et j'ai pu très précisément et très explicitement le constater.
Nos ambassades sont dépourvues de moyens. Quelques nominations inappropriées d'ambassadeurs achèvent de démoraliser les diplomates de métier qui souffrent par ailleurs de moyens inexistants et d'une inflation croissante d'instructions irréalistes et contradictoires, de telle sorte qu'il faut s'attendre à une multiplication de ces incidents diplomatiques qui, du fiasco tunisien à la ruine de nos relations avec le Mexique, achèvent de noircir cette image d'amateurisme arrogant et de prétention mal placée qui est celle de la France dans le monde aujourd'hui.
Nos diplomates ont longtemps incarné l'arrogance française. Leur prétention à être au-dessus des autres parce que la France aurait une position particulière continue d'altérer leur jugement. La tribune récemment publiée dans « Le Monde » - bien qu'elle admette enfin quelques vérités que j'avais assénées dans le même journal il y a quatre ans – témoigne de cette arrogance mal placée. Par ailleurs, même s'ils avaient toutes les raisons du monde, il est inadmissible que des fonctionnaires expriment publiquement des critiques à l'égard du gouvernement – même si celui-ci avait tous les torts.
Nous avons aujourd'hui dépassé le stade de l'agonie diplomatique et, avant même que la mort ne soit déclarée, le presque cadavre commence à sentir mauvais. Il nous reste à espérer une issue rapide et une renaissance prochaine.

http://www.paul-giacobbi.org/Diplomatie-moribonde_a362.html

Commentaires (4) | Rédigé par Paul Giacobbi le 23/02/2011
L'annonce selon laquelle le Produit Intérieur Brut de la Chine (PIB) aurait dépassé celui du Japon à la fin de l'année 2010 peut paraître un événement symbolique mais il faut aussitôt rappeler que ce n'est nullement une surprise et que, de surcroît, la réalité est peut-être allée beaucoup plus vite que ce que nous pouvions croire.
S'agissant des prévisions, j'avais déjà cité dans ce blog, depuis de nombreuses années, les études publiées par la banque Goldman Sachs dès octobre 2003 (Global economics paper n°99, « Dreaming with BRIC's : The path to 2050 »).
En effet, dans ce document qui a à peine sept ans, il était prévu déjà que le PIB de la Chine dépasserait celui du Japon en 2015 et celui des Etats-Unis vers 2040 tandis que le PIB de l'Inde devait passer celui du Japon vers 2031.
Une nouvelle projection effectuée en décembre 2009 (Global economics paper n°192) devait montrer que les choses risquaient d'aller beaucoup plus vite puisque, par exemple, la croissance qui était envisagée sur la période 2003-2008 pour des pays comme la Chine et l'Inde a été très largement dépassée dans les faits : la Chine devait avoir sur cette période une croissance moyenne de moins de 8% alors qu'elle a dépassé les 10% et l'Inde une croissance moyenne de 6% alors qu'elle a dépassé les 8%.
Les projections de croissance globale de 2010 à 2050 s'établissent maintenant à 6% pour l'Inde et à 5,5% pour la Chine.
Mais au-delà de ces analyses qui ne font que mesurer de manière assez primaire des flux ou des stocks monétaires, la réalité de l'évolution économique est encore plus stupéfiante si l'on s'intéresse aux statistiques établies sur la base dite PPP c'est-à-dire Purchasing Power Parity (Parité de pouvoir d'achat).
En effet, les statistiques de PIB sont toutes exprimées en dollars et ne tiennent pas du tout compte du fait qu'un kilo de riz, un séjour dans un hôtel de qualité comparable, un vêtement semblable ou même un ordinateur ou une automobile équivalents coûtent nettement moins cher en Inde ou en Chine qu'aux Etats-Unis ou en France. Les statisticiens ont donc fait des calculs en intégrant d'abord une correction de parité de monnaie puisque nous savons tous par exemple que la monnaie chinoise, le renminbi est probablement sous-évaluée de 30% au moins, puis ont tenu compte du pouvoir d'achat que la même quantité de monnaie procurait à son détenteur dans les différents pays pour mesurer le PIB en termes de pourvoir d'achat réel.
Dans ce cas, on constate que, pour 2010, le PIB du monde se situe aux environs de 74 000 milliards de dollars, que les Etats-Unis arrivent en tête avec 14 600, suivis par la Chine avec 10 000, puis par le Japon avec 4 300 et par l'Inde avec 4 000.
On peut aussi remarquer que, si elle existait en tant qu'entité économique globale, l'Union européenne se situerait à un niveau supérieur à celui des Etats-Unis.
Compte tenu des taux de croissance qui sont de plus du double en Chine et en Inde par rapport aux Etats-Unis ou à l'Union européenne, et plus encore par rapport au Japon, on comprend bien qu'il n'est pas exclu et qu'il est même probable qu'en 2050 l'Inde puisse arriver au second rang derrière la Chine.
Bien entendu, il faut rappeler aussi que ces pays sont extrêmement peuplés et que le PIB par habitant restera longtemps beaucoup plus modeste en Chine et en Inde qu'aux Etats-Unis.
Mais à l'inverse, il faut aussi être attentif au fait que la puissance économique de ces pays se manifeste aussi largement hors de leurs frontières et souligner, pour ne prendre que l'exemple de l'Europe, que le groupe industriel Tata emploie dans l'Union européenne plus de cent mille salariés, que le groupe sidérurgique Arcelor-Mittal qui n'a, à ce jour, aucune activité en Inde est de loin le numéro un de sa spécialité dans le monde mais aussi aux Etats-Unis, dans l'Union européenne et en Chine, et que des entreprises automobiles européennes aussi emblématiques que Volvo, Jaguar ou Land Rover sont désormais aux mains de groupes industriels des deux grands pays émergents (Volvo a été racheté par un groupe public chinois, Jaguar et Land Rover par le groupe Tata).
En réalité, cela fait belle lurette que la Chine a dépassé le Japon et l'on voit bien que les deux grands pays émergents que sont la Chine et l'Inde tendront à retrouver vers le milieu du XXIème siècle le poids prédominant qui était le leur dans l'économie mondiale au début du XVIIIème siècle.
Pour autant, le but de l'économie n'est certainement pas d'accumuler des performances calculées en milliers de milliards, mais de permettre une allocation optimale des ressources pour satisfaire au mieux les besoins d'une population, ce qui suppose tout à la fois le respect de l'environnement, c'est-à-dire la garantie d'un développement durable et un partage équitable de la richesse.
Là-dessus,il y aurait beaucoup à dire, à la fois sur les pays occidentaux et sur les pays émergents !
Commentaires (4) | Rédigé par Paul Giacobbi le 15/02/2011
« Je crains les Grecs même lorsqu'ils sont porteurs de cadeaux »
Cette maxime latine est une traduction de l'Iliade et aurait dû être méditée par les ministres qui acceptent trop facilement les cadeaux.
Un homme public doit non seulement résister à la tentation mais être attentif aux petits détails. Je paye toujours scrupuleusement tous les frais entraînés par mes vacances, je ne reçois pas de cadeaux disproportionnés au-delà de ce qui est admis fiscalement et je veille simplement à acquitter les factures qui me parviennent pour des dépenses personnelles et à réclamer celles qu'on aurait oublié de me faire parvenir.
Je règle l'ensemble de mes dépenses par chèques ou carte de crédit, même à l'étranger, à l'exception des toutes petites dépenses d'un montant inférieur à cinquante euros.
On ne m'a jamais proposé de monter dans un jet, sauf quand celui-ci appartenait à la République française et lorsqu'il s'agissait d'un déplacement professionnel.
Ces règles sont simples mais demandent pour être appliquées une certaine vigilance.
Faute de cette vigilance, on peut se trouver pris au piège et obligé d'avouer piteusement que l'on a été hébergé ou transporté aux frais de riches « amis » ou de gouvernements étrangers, ce qui conduirait dans la plupart des pays du monde à une démission ou une révocation.
C'est d'autant plus regrettable que François Fillon et Michèle Alliot-Marie ont une réputation que je crois justifiée d'intégrité et d'honnêteté. Mais leur vigilance a été prise en défaut, ils n'ont pas su anticiper la réaction populaire, de plus en plus sensible à ce genre de choses.
Je ne suis pas certain que le président François Mitterrand ait réglé beaucoup de factures d'hôtel lors de ses séjours à Assouan et nous savons tous que beaucoup d'hommes et de femmes politiques français ont longtemps apprécié les séjours à l'hôtel Mamounia de Marrakech d'autant plus qu'ils ne leur coûtaient pas bien cher et que le voyage était parfois accompli dans le jet mis grâcieusement à leur disposition par exemple par M. Azoulay, un des hommes de confiance du roi du Maroc.
Je peux témoigner qu'un homme public a tout de même les moyens de voyager en vacances en payant de sa poche même s'il ne peut évidemment financer sur ses deniers des déplacements en jet privé. Mais je peux aussi dire que l'on voyage très bien dans les avions de ligne, même en classe économique. C'est une question d'habitude. Nous devons tous nous efforcer de vivre normalement même si çà n'est pas si facile en pratique pour un ministre important ou pour le Premier ministre.
Tout cela donne une image détestable et sans doute plutôt injuste de nos gouvernants. On pensait que des précédents fâcheux avaient servi de leçon, ces derniers évènements seront, nous l'espérons, suffisants pour faire comprendre à nos gouvernants la maxime précitée...
Commentaires (18) | Rédigé par Paul Giacobbi le 09/02/2011
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