Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


   
Il y a un véritable paradoxe pour le groupe français Areva qui, selon sa dynamique présidente, se porte très bien, signe tous les jours de mirifiques contrats aux Indes, en Chine et ailleurs, afin de procurer à ces malheureux pays les merveilles de nos technologies nucléaires avancées...
Le paradoxe est qu'une société aussi dynamique et bien portante n'arrive pas, depuis plusieurs mois, à trouver preneur pour augmenter un peu son capital puisque manifestement les trois investisseurs potentiels pressentis (Mitsubishi, le fonds souverain du Qatar et celui du Koweit) paraissent ne pas se précipiter et même s'éloignent tranquillement et sans demander leur reste de la société Areva.
Après la vente de certains bijoux de famille qui permettra au groupe de finir l'année, il reste maintenant à trouver des investisseurs courageux et très riches qui demanderont peut-être des explications simples et compréhensibles sur le calendrier d'achèvement de la construction d'EPR à Flamanville et en Finlande ainsi que sur les fameux contrats mirifiques avec tout ce que l'Asie compte de pays émergents, fameux contrats dont on parle beaucoup, que l'on signe et resigne à chaque voyage officiel, mais qui ne se traduisent pas, à ce jour, par des commandes réelles.
Commentaires (2) | Rédigé par Paul Giacobbi le 30/11/2010
Je viens de rencontrer dans les couloirs de l'Assemblée nationale M. Woerth qui s'apprête à revenir siéger dans quelques jours. Dans toutes ces affaires, il a certainement été maladroit ou imprudent, peut-être même a-t-il commis des infractions mais je ne crois pas que son honnêteté personnelle puisse être mise en cause sans un examen contradictoire et judiciaire où il pourra exercer son droit à la défense. Dans l'attente, il est présumé innocent et doit être considéré comme tel.
Pour le reste, il a été dans tout cela un bouc-émissaire commode, d'autant plus qu'il semblait être plutôt consentant et, de ce fait, on commettrait sans doute une grande injustice à l'accuser de tous les maux. Ce sont les raisons pour lesquelles, me refusant de hurler avec les loups, je lui ai souhaité, à titre personnel, la bienvenue pour son retour à l'Assemblée.
Je ne suis pas certain que beaucoup de ses amis politiques voudront en faire autant...
Commentaires (11) | Rédigé par Paul Giacobbi le 30/11/2010

Encore l'Irlande !

30/11/2010
J'avais écrit deux billets humoristiques évoquant l'Irlande en juin 2008 : « Pour la dissolution du peuple irlandais » (17 juin 2008) et « Modeste proposition pour empêcher les citoyens irlandais d'être à la charge du reste de l'Union européenne et pour les rendre utiles aux heureux habitants de cette grande Union » (d'après Jonathan Swift, 24 juin 2008).
Il s'agissait pour moi de moquer gentiment les réactions des europhiles face aux Irlandais qui prétendaient résister à la fameuse Constitution européenne. Tout ceci prend une signification et un relief un peu différents à mesure que l'Union européenne s'affaiblit, que la zone euro est contestée et que l'Irlande apparaît à l'évidence comme un maillon faible de l'Europe.
Le lecteur pourra peut-être se reporter à ces messages déjà relativement anciens mais finalement toujours d'actualité.
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 30/11/2010
Dimanche, M. Barroso, chef des eurocrates, a déclaré que désormais l'Europe ou plutôt l'eurozone, ayant constitué je ne sais quel fonds de réserve ou de sauvegarde était désormais prête à affronter de nouvelles crises affectant tel ou tel maillon faible de notre zone monétaire.
Dès ce lundi, cette rodomontade s'est trouvée ridiculisée par l'épreuve des faits : personne ne croit vraiment en Europe et dans le monde à la solidarité de la zone euro et à sa résistance face à la défiance des marchés.
Les marchés ont raison de douter de la parole de M. Barroso : au milieu de l'année 2008, ce dernier déclarait à qui voulait l'entendre que la crise ne toucherait pas l'Europe...
En second lieu, l'expérience a déjà montré l'inefficacité des mesures de sauvegarde de la zone euro. En effet, un pays comme la Grèce souffre, malgré la garantie des autres pays, d'avoir encore à emprunter à dix ans pour ses bons du Trésor à des taux extrêmement élevés, tandis que les bourses européennes sont aujourd'hui en chute de près de 2%.
Enfin, il faut se demander où la fameuse Europe va prendre les sommes immenses qu'il faudrait mobiliser pour aller au fond des choses et parer à toute éventualité :
le sauvetage de la Grèce pourrait mobiliser soixante milliards d'euros...
celui du Portugal serait au moins du même ordre,
pour l'Irlande, il faut compter 90 milliards d'euros,
pour l'Espagne, c'est au moins 350 milliards d'euros !
Et pour l'Allemagne ? La question ne se pose pas, à ce détail près qu'il y a probablement de l'ordre de 900 milliards d'euros de créances illiquides dans les comptes des banques allemandes et que le gouvernement fédéral n'en finit pas de recapitaliser à coup de dizaines de milliards d'euros la seule banque bavaroise Hypo Real Estate.
J'imagine assez bien M. Barroso chanter comme à l'opéra l'air célèbre dans lequel Leporello comptabilise, pays par pays, les conquêtes de Don Giovanni, air célèbre dont le refrain est : « Ma in Ispagna son già mille e tre... ».
On pourrait paraphraser cet air et le faire chanter à M. Barroso mais je doute que cela suffise à rassurer des marchés qui pressentent l'ampleur du désastre, la facture de plus d'une décennie de folie qu'il faudra bien finir par solder et l'impossibilité réelle de l'Union européenne de faire face.
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 29/11/2010

Hibernia

29/11/2010
La fièvre spéculative qui a affecté la République d'Irlande pendant une quinzaine d'années semble être brusquement tombée tandis que la situation de l'ex « Tigre celte » donne maintenant des sueurs froides et fait frissonner tout le corps économique et financier de l'Europe.
Si les Romains appelaient l'Irlande « Hibernia », ce n'est probablement pas par référence à la fraîcheur du climat irlandais car, s'il pleut beaucoup dans cette île, la température ambiante reste douce. Il semblerait plutôt que l'expression latine pour désigner l'Irlande soit issue du vieil Irlandais « ériu » ou « iweriu » qui viendrait lui-même d'une racine indo-européenne signifiant « le pays fertile ».
Cette fertilité est une illusion.
En Irlande, l'herbe est effectivement très verte, mais la terre est ingrate, tourbeuse, difficile à cultiver. Dans l'ouest, la pomme de terre ne peut pousser que sur quelques parcelles, tandis que les troupeaux se prennent les pieds dans la « turf » (tourbe). La fertilité spéculative de l'Irlande s'est révélée tout aussi hypothétique.
J'ai bien connu la fièvre irlandaise. Il y a plus de vingt ans, le pays était encore très pauvre, relativement primitif et je me rappelle avoir beaucoup étonné nos amis irlandais en leur annonçant que nos premiers achats de jeunes mariés pour notre installation à Paris seraient une machine à laver la vaisselle et une machine à laver le linge, car ces équipements étaient encore à l'époque bien rares, même à Dublin, surtout pour un ménage pas particulièrement fortuné.
Au fil des années qui suivirent, le pays semblait connaître une vague de prospérité sans précédent et les jeunes diplômés de l'université de Trinity à Dublin ne prenaient plus les chemins de l'exil pour travailler tandis que bien souvent leurs aînés qui étaient allés chercher un emploi à l'étranger commençaient à refluer vers leur pays d'origine et réussissaient souvent à y constituer en peu de temps une véritable fortune.
Les prix de l'immobilier flambaient. Dans les quartiers du centre de Dublin, une maison de cent cinquante mètres carrés voyait en vingt ans son prix multiplié par plus de dix tandis que le moindre petit cottage de la côte ouest qui aurait valu le prix d'un vélo ou tout au plus celui d'un scooter dans les années soixante finissait par se vendre à des prix dignes de ceux de la Côte d'Azur.
Mais tout cela ne reposait en réalité sur pas grand chose et même si l'économie réelle de l'Irlande a connu des progrès fulgurants tout au long de ces années, ceux-ci étaient très loin de justifier le délire d'une spéculation sur toutes les valeurs qui doublait ou triplait celle qui aurait été raisonnable.
Finalement, la petite histoire malheureuse de l'Irlande au cours des dernières décennies me fait penser à cette comptine pour enfants que l'on chantait autrefois tout en s'étourdissant dans une ronde : « Ring a ring o'roses, a pocketful of posies, atishoo atishoo, all fall down ».
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 29/11/2010
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