Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


   
Diplômé d'HEC, Docteur de troisième cycle ès Lettres (Histoire), Docteur en droit, agrégé des facultés de droit et des sciences économiques (histoire du droit et droit romain), voici les quelques titres universitaires d'un certain Georges Frèche, brusquement disparu le 24 octobre 2010.
On n'épiloguera pas sur certains propos très sévèrement jugés par ceux qui n'ont pas qualité pour juger mais que des juridictions successives, à la suite de longues procédures, ont acquitté (en dernier ressort), on se contentera de relever une oeuvre qui a transformé une ville, Montpellier, et une région, le Languedoc-Roussillon.
Autoritaire et éblouissant, suprêmement érudit mais sachant parler au peuple, visionnaire mais concret, il a incontestablement marqué, de manière extrêmement positive sa ville et sa région.
Les mines embarrassées de tous ceux qui l'encensent mort après l'avoir pourchassé vivant en disent assez sur ce qu'était son esprit d'indépendance et un caractère à tout le moins indomptable, pour qu'il soit inutile de le souligner.

Commentaires (3) | Rédigé par Paul Giacobbi le 26/10/2010
La polémique sur les objets de M. Murakami à Versailles est tout à fait hors de propos.
La question n'est pas de savoir si tel ou tel style artistique aurait ou non sa place au palais de Versailles. S'il s'agissait effectivement d'oeuvres d'art, j'aurais tendance à penser que l'art est à sa place partout et je ne discuterais pas un instant par exemple une exposition Basquiat dans la Galerie des Glaces.
S'agissant des objets manufacturés par les entreprises de MM. Koons et Murakami, la question n'est pas du tout celle de l'art, puisque ces objets produits en série et dans des usines n'ont aucune prétention artistique mais celle du business puisque ces entreprises ont pour objectif la promotion d'une marque afin que les objets produits puisse se vendre au prix le plus élevé possible.
Il suffit d'aller sur le site de l'entreprise de M. Murakami qui s'intitule « Kaïkaï Kiki Co., Ltd » pour comprendre quel est l'objet de la société qui est d'ailleurs très précisément décrit en page d'accueil : « Its goals as an enterprise include the production and promotion of artwork, the management and support of select young artists, general mangement of events and projects, and the prodution and promotion of merchandise ».
Le vocabulaire employé, les objectifs affichés sont très clairs. Il ne s'agit aucunement d'émotion artistique, d'inspiration, de création mais simplement, ce qui n'a rien de blâmable en soi, de production et de commercialisation.
L'utilisation du mot « art » nous rappelle simplement son caractère amphibologique qu'il a d'ailleurs hérité du grec et du latin et qui se retrouve également en italien moderne puisque le concept désigne tout à la foi l'art en tant que véhicule d'émotions sublimées et la technique, dont il n'est pas exclu qu'elle puisse inclure une préoccupation esthétique.
Ainsi, même à l'époque de la Renaissance florentine, parlait-on dans la cité de Laurent le Magnifique de « l'arte della lana » pour désigner la production et la commercialisation de la laine dans le cadre de la corporation éponyme qui faisait partie des sept corporations majeures de la capitale toscane. De même, je reconnais volontiers, en tant qu'admirateur de Raymond Loewy, qu'il peut y avoir une esthétique remarquable dans l'objet industriel.
Ainsi, à partir du moment où les choses sont claires et que l'on considère les objets produits par les firmes Murakami ou Koons comme des objets manufacturés à usage décoratif, il est assez facile de démontrer quelle est l'ampleur du profit tiré grâce à la promotion à Versailles, de regretter que l'établissement public n'ait pas été plus intéressé à ce profit et de s'inquiéter de possibles conflits d'intérêts.
De l'aveu même des promoteurs de ce genre d'objets, le fait d'avoir été exposé par Versailles apporte une plus-value considérable.Ainsi, une oeuvre de Murakami, intitulée comme son entreprise productrice « Kaïkaï Kiki » et qui était estimée de 400 000 à 600 000 livres, a été vendue près de 2 millions de livres chez Christies pour une raison exposée benoîtement par le responsable du département art contemporain de la maison d'enchères, Françis Outred : « Murakami's performance was certainly helped by his recent exhibition at Versailles ». La plupart des commentateurs considèrent que la vente des oeuvres de Jeff Koons a beaucoup profité également de la promotion de Versailles.
Les acheteurs de Koons ou de Murakami sont un public très particulier de personnes très riches, sans formation culturelle ou artistique, soucieux d'acheter très vite des oeuvres dont l'authenticité ne peut faire de doute et qui sont médiatiquement reconnues.
Ce genre de personnes sont souvent moquées pour leur ridicule et la consécration versaillaise de leurs objets kitsch, acquis en millions de dollars, est en réalité une sorte de certification de bon goût qui mérite à tout le moins d'être rémunérée par une augmentation de la cote des produits.
Le bilan économique de l'exposition de Versailles est une augmentation des prix de vente et de revente des produits ayant bénéficié de cette promotion royale que l'on peut estimer au moins de 20 à 40%.
Au regard de ces bénéfices, le moins que l'on puisse dire c'est que le coût de l'opération a été très limité pour les firmes bénéficiaires : ainsi M. Koons a payé 800 000 euros sur les 1 900 000 euros du budget total de l'exposition à Versailles, investissement minime qui a été aussitôt amorti par l'augmentation du prix des oeuvres dès la première vente qui a suivi.
Il faut savoir d'ailleurs que les objets décoratifs de ces messieurs ne sont pas fabriqués par eux-même mais par leurs salariés sur la base de leurs « idées » et toujours tirés à quelques exemplaires, de l'ordre de trois à six, ce qui fait que, une augmentation de cote de l'ordre de 20% représente une augmentation de profits de plusieurs millions de dollars pour chaque série !
S'agissant d'affaires d'argent, on peut enfin s'inquiéter d'un conflit d'intérêt. Ainsi, M. Aillagon, ancien ministre de la culture et actuel responsable de Versailles, a-t-il été, de 2004 à 2006, le conseiller de la société Artémis, présidée par M. François-Henri Pinault, fils aîné de M. François Pinault. A partir d'avril 2006, il a été nommé responsable du Palazzo Grassi, le lieu d'exposition de la fondation d'art contemporain de M. Pinault à Venise. Par ailleurs, nous savons que ladite collection Pinault contient, entre autres merveilles, nombre d'objets issus des firmes Koons et Murakami. Enfin, il n'est pas tout à fait indifférent de noter que le même M. Pinault est le principal actionnaire de Christies.
Je ne suis pas personnellement choqué que le château de Versailles puisse être loué pour des opérations de promotion. Peu importe que le locataire provisoire soit une marque d'automobile, de réfrigérateur ou de machines à laver ou d'objets manufacturés kitsch de grand prix.
Le tout est que le bénéfice qu'en tire le château de Versailles soit proportionnel à celui qu'en retire la firme cocontractante. Or, nous l'avons démontré plus haut, la location promotionnelle du château de Versailles a rapporté infiniment plus à ces messieurs et à leurs entreprises qu'elle ne leur a coûté.
Autrement dit, si l'opération Koons ou l'opération Murakami avait été facturée de l'ordre de 10 à 20 millions d'euros à ces messieurs, je n'y aurais vu que des avantages à la condition bien sûr que le catalogue ait bien précisé qu'il s'agissait d'une opération purement commerciale et en aucune façon d'un évènement culturel qui engage le jugement des responsables de Versailles.
La seule explication de cette incroyable sous-facturation (de l'ordre du dixième ou du vingtième de ce qu'elle aurait dû être) est évidemment les liens d'intérêt passés, peut-être présents et éventuellement futurs entre le principal responsable de Versailles et des entreprises de commercialisation ou d'exposition dont une partie notoire du chiffre d'affaires est réalisé avec les objets des entreprises Koons et Murakami. Il y a donc lieu de clarifier le débat.
Que dirait-on si le responsable de Versailles avait travaillé pendant de longues années pour une grande marque de cosmétique et qu'il ouvrait à très bas prix la galerie des Glaces pour des évènements promotionnels organisés par cette marque ?
Encore que, le packaging des cosmétiques et des parfums français me paraît d'une esthétique largement supérieure à celle des objets de ces messieurs dont le lecteur de ce blog pourra juger en se rendant sur le site : http://english.kaikaikiki.co.jp/

Commentaires (2) | Rédigé par Paul Giacobbi le 25/10/2010
La déclaration de M. Geithner sur le nouvel ordre économique mondial est remarquable à plus d'un titre. Il a en effet demandé que dans l'avenir aucun pays ne puisse avoir une balance de ses paiements courants excédentaire ou déficitaire de plus de 4% de son PIB.
En tout premier lieu, cette exigence est une reconnaissance tardive mais utile de ce qu'en définitive le déséquilibre structurel de la balance des paiements des Etats-Unis est la cause première et profonde de la crise actuelle. C'est ce que beaucoup d'économistes de talent avaient prévu dès les années 80 et que j'ai modestement résumé dans mes diverses interventions orales à l'Assemblée nationale et dans plusieurs notes écrites sur le sujet depuis 2007.
En second lieu, la proposition, même si elle paraît logique, consiste de la part d'un pays qui est en déficit de ses paiements courants depuis la guerre de Corée, au début des années 50, à exiger des pays structurellement excédentaires, comme la Chine, qu'ils limitent unilatéralement les effets positifs de leur vertu de manière à ce que les Etats-Unis puissent limiter les effets négatifs de leur laxisme.
De manière plus simple, il faut que ceux qui produisent plus qu'ils ne consomment deviennent plus dépensiers pour que ceux qui consomment plus qu'ils ne produisent bénéficient d'une amélioration de leur situation financière.
Troisièmement, cette position est d'autant plus remarquable que jusqu'à présent c'est la Chine qui, en achetant des bons du Trésor américain à bas taux d'intérêt et en absorbant, par l'extension de son commerce international, la demande de dollars sur les marchés internationaux, a largement permis aux Etats-Unis de vivre au-dessus de leurs moyens.
D'une certaine manière, M. Geithner est dans la situation d'un consommateur endetté qui accuserait sa banque de l'avoir abusivement soutenu, à cette différence près que pour les particuliers les banques pratiquent des taux usuraires dans ce cas-là tandis que la Chine consent aux Etats-Unis des taux extrêmement bas pour financer leur « découvert » vis-à-vis du reste du monde.
Je m'interroge enfin sur la portée de ce genre de suggestion. On ne voit pas très bien comment un pays pourrait être contraint de limiter ses exportations et d'augmenter ses importations. L'idée qu'une forte augmentation du cours de sa devise pourrait entraîner un rééquilibrage naturel de son commerce extérieur n'est même pas tout à fait exact puisque l'on a longtemps vu l'Allemagne améliorer notablement les performances de son commerce extérieur alors même que le cours du Mark augmentait.
Dans le cas de la Chine, immense producteur de confections textiles et de jouets par exemple, je ne suis pas sûr qu'une augmentation même importante du cours de sa devise entraîne une délocalisation inversée de ce genre de production. A l'inverse, l'augmentation du Renminbi aura plus vite et plus sûrement pour conséquence une diminution corrélative du coût des importations chinoises d'hydrocarbures qui sont aujourd'hui les premières du monde.
Il reste que la proposition de M. Geithner est tout simplement une diversion : elle consiste à dire que le vice structurel de l'économie américaine a pour origine la vertu structurelle des économies émergentes. C'est une manière intéressante sur le plan moral de présenter les choses, c'est aussi une manière remarquable d'éviter un débat sur les privilèges du dollar dans les échanges internationaux au point que l'on sait déjà qu'il ne sortira rien du G20, sauf à ce que de grands pays émergents mettent les pieds dans le plat et exigent de vraies réformes. C'est d'ailleurs ce qu'est en train de faire l'Union indienne qui menace très clairement de remettre en cause tout le système du G20.
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 25/10/2010

Echecs en Rafale !

25/10/2010
Depuis très longtemps dans ce blog, j'ai pris l'habitude de fustiger ce travers bien français qui vise à vendre la peau de l'ours bien avant de l'avoir tué, en particulier dans le domaine du commerce extérieur.
Il s'agit de ces annonces fracassantes de ventes de nos productions nationales dans le cadre de grands contrats à l'exportation.
Ainsi, me suis-je irrité de voir annoncé la vente pour l'heure non conclue et très loin de l'être de réacteurs EPR en Inde et celle de notre avion de chasse Rafale successivement au Brésil, en Inde aussi et dans les Emirats Arabes Unis.
Il est aujourd'hui à peu près clair que le Rafale ne sera pas vendu au Brésil, s'agissant de l'Inde, celle-ci annonce déjà à quel point elle est intéressée par l'achat de 126 avions de combat américains pour la bagatelle de onze milliards de dollars, c'est-à-dire pour environ trois fois moins cher que ce qu'aurait coûté le Rafale par unité.
Depuis plusieurs années, je ne trouve pas un exemple de grand contrat annoncé à grand renfort d'embrassades ou de poignées de mains face aux caméras et de déclarations tonitruantes qui ait été suivie d'effet.
Je pense sincèrement que ces annonces prématurées non seulement n'augmentent pas nos chances de conclure mais les diminuent considérablement.
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 25/10/2010
Ce qui devait arriver, arriva : EDF ne possédant que 49% du groupe énergétique Constellation aux Etats-Unis, ce dernier ne leur obéit pas et ne leur permet en rien de placer notre fameuse technologie nucléaire EPR.
Que l'on ne me dise pas que cela n'était pas prévisible !
En effet, le 5 janvier 2009, j'indiquais dans ce blog sous l'intitulé « Electrochoc à EDF » à quel point la direction d'EDF de l'époque avait commis une folie en achetant un groupe qui était sensé permettre à la France de vendre des réacteurs EPR aux Etats-Unis.
Ma conclusion était sans appel : « pour vendre dans de bonnes conditions un EPR que pour le moment EDF est incapable de construire, au prix et dans les délais convenus, nous avons surpayé de plus de 2,5 milliards d'euros moins de la moitié du capital d'une entreprise de production électrique d'un pays qui va connaître en 2009 et dans les années à venir sa plus grande récession depuis soixante-dix ans ».
Je fustigeais quelque temps après, dans un autre article appelé « La constellation du scorpion » du 3 novembre 2009, les agissements de M. Gadonneix qui faisait tout, avant de quitter ses fonctions le 5 novembre, pour rendre cette transaction irréversible.
Face à ce fiasco annoncé, j'ose espérer qu'une enquête sera ouverte, que la justice sera saisie, que des sanctions seront prises et que des réparations seront exigées.
Commentaires (3) | Rédigé par Paul Giacobbi le 12/10/2010
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