Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


   

AA1

30/09/2010
Nous venons d'apprendre ce matin que la notation financière de l'Espagne venait d'être dégradée par l'agence Moody. Tout cela doit paraitre ésotérique au lecteur qui ne voit pas toujours la différence fondamentale qu'il y a entre la note AAA et la note AA1, mais la conséquence c'est que l'Espagne devra payer deux à trois pour cent de plus pour ses émissions de bons du trésor. La France devra emprunter en 2011, pour ce qui concerne l'État, aumoins 180 milliards d'euros ce qui veut dire que si nous connaissons le même sort que l'Espagne nous devrons payer environ 6 milliards d'intérêts de plus pour notre dette, l'année suivante probablement dix ou douze milliards et ainsi de suite...
Un lecteur s'étonne que je m'inquiète de ces questions et me conseille gentiment de ne me soucier que de la Corse... Mais outre que je suis député et donc concerné par les affaires nationales et internationales, je dois dire que si la France est financièrement dégradée cela aura pour conséquence la diminution de nos ressources d'investissement, par exemple au titre du PEI, mais cela risque s'entraîner aussi une augmentation de nos frais financiers!
Malheureusement la mondialisation fait que la faillite d'une banque à New-York ou à Singapour a des conséquences négatives partout et donc jusqu'au fin fond de la Corse.
Commentaires (3) | Rédigé par Paul Giacobbi le 30/09/2010
Je ne voudrais pas paraitre désobligeant mais si le proverbe qui prédit le naufrage prochain d'un navire abandonné par les rats s'applique au trésor public des Etats-Unis nous devons redouter la faillite financière de la nation la plus riche du monde!
Quatre des plus hauts responsables viennent de démissionner à commencer par Larry Summers, le plus proche conseiller du président Obama pour l'économie.
Par ailleurs les prévisions les plus alarmistes se multiplient quant à la remontée prochaine des taux d'intérets sur les obligations publiques, y compris celles des Etats-Unis, de l'Allemagne, de la France ainsi que de tous les pays occidentaux parce que les marchés préféreront la rémunération risquée des placements boursiers à la rémunération dérisoire des bons du trésor qui ont atteint des niveaux historiquement bas sauf pour les obligations des pays attaqués comme la Grèce.
Je suis intervenu bien souvent sur ce risque majeur depuis deux ans, à la tribune de l'assembléé, sur ce blog et dans des notes économiques que vous trouverez sur mon site.
J'ai appellé cela la phase d'effondrement de la sphère financière publique. C'est maintenant une affaire de jours ou de semaines: chaque fois que la bourse menace de se redresser, les trésors publics menacent de s'effondrer.
Les Etats ont sauvé les banques de la faillite en empruntant devenant ainsi les prêteurs de dernier ressort, mais les banques et la finance internationale n'ont pas l'intention de sauver les Etats. Il apprait une fois de plus que nous vivons dans le monde à l'envers: les financiers sont les plus puissants puisque l'on doit accepter de les sauver au risque même de ruiner les Etats!
Commentaires (4) | Rédigé par Paul Giacobbi le 23/09/2010

Arlit 2

22/09/2010
En complément de mon article précédent où j'explorais à propos du Niger mes réminiscences et mes nostalgies voire ma culpabilité plutôt que d'évoquer le présent et d'évaluer l'avenir, je voudrai dire aux lecteurs de ce blog l'importance d'Arlit.
C'est tout simplement que sur ce" rivage du désert", sur ce "Sahel", nous nous procurons l'essentiel de l'uranium sans lequel nos centrales nucléaires devraient s'arrêter...
Si la sécurité de nos ressortissants n'est plus assurée, nous, c'est à dire les entreprises françaises devront tôt ou tard plier bagage, ce qui sera dramatique pou le Niger mais aussi catastrophique pour nous...
Je lis dans la presse qu'AREVA avait été avertie de la nécessité de renforcer la sécurité sur place et que des problèmes sont survenus dans l'organisation de celle-ci parce que Madame Lauvergeon se serait disputée avec le président du Niger à propos d'une avance de trente millions d'euros, c'est à dire la perte équivalente à une journée de pénalité de retard sur le chantier de l'EPR finlandais...
J'apprends qu'il aura fallu cet enlèvement pour que notre gouvernement se préocuppe de cette question de la sécurité à Arlit!
Les lecteurs de ce blog me rendront cette justice que je n'ai pas attendu ce fiasco pour dénoncer les folies d'AREVA et les dangers de l'action du GIA devenu la filiale locale d' Al Quaeda.
Mais le temps n'est pas à la polémique. Espérons que nos otages seront sauvés et que nous pourrons veiller un peu mieux aux intérêts français au Niger.
Commentaires (3) | Rédigé par Paul Giacobbi le 22/09/2010
Des français viennent d'être capturés à Arlit au Niger et nous devons nous inquiéter de leur sort. A cet occasion les reportages nous parlent d'une zone très dangereuse où les occidentaux ne peuvent sortir qu'avec des gardes du corps ou doivent rester enfermés dans leur logement sous la protection des militaires français!
Il y a près de trente ans j'ai sejourné dans ces lieux. Avec un groupe d'élèves de l'ENA nous visitions les mines d'uranium de la COGEMA. Je me souviens fort bien de ce voyage: nous pouvions aller et venir librement dans Niamey, dans les régions sahéliennes, autour d'Arlit, à Agadés...
Il y avait bien quelques tensions entre les touaregs et les autres peuples du Niger avec aussi des incursions lybiennes au Nord du désert, mais le pays connaissait une certaine stabilité. Nous disposions de toutes les analyses de nos services sur la situation: aucune menace de terrorisme islamiste n'était envisageable...
Les temps changent ! Ce que je lis aujourd'hu sur le Niger, les mines d'uranium, les bandes armées liées à Al Quaeda au Magrheb me semble concerner un autre monde.
Mes camarades de l'époque sont aujourd'hui préfets, ambassadeurs, personnages politiques etc... Nous ne sommes pas très vieux, même si j'étais le plus jeune, mais nous vivons dans un autre univers beaucoup plus dangereux semble-t-il.
Je me demande si ce groupe de jeunes gens qui ont depuis tous exercé de hautes fonctions publiques ne sont pas avec tous leurs semblables de par le monde et surtout en Occident responsables de cette évolution tragique.Nous avons cru à la possibilité de perpétuer un système neo-colonial et nous n'avons rien fait pour permette une véritable égalité des peuples.
J'ai retrouvé pourtant les notes écrites par un certain Paul Giacobbi sur ce voyage où je relevais surtout l'extrême fragilité des pays de l'Afrique francophone avec leur jeunesse qui voulait bousculer l'emprise
française... Nous avions rencontré à Paris puis en Afrique des étudiants supposés être nos alter ego dans les sciences politiques et administratives et bien loin de les trouver en admiration devant la France et son administration, ils finissaient par nous dire qu'il était temps d'en finir avec la colonisation.
Ainsi n'avons nous même pas l'excuse de l'aveuglement. Il aura fallu le onze septembre, la crise et l'émergence de l'Asie pour que nous comprenions enfin que le monde devait changer. C'était inévitable et d'ailleurs parfaitement juste mais si nous l'avions compris nous aurions peut-être évité au moins la violence et le terrorisme!
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 17/09/2010
Il faut parfois rappeler, comme l'avait fait un jour Winston Churchill, que si un Parlement s'appelle ainsi, c'est parce que l'on doit y parler.
Il ne faut surtout pas reprocher à l'opposition de ne rien faire d'autre que de parler car elle n'a pas d'autre droit et il faut encore moins dénigrer la parole au Parlement surtout celle de l'opposition, car elle est véritablement ce qui nous permet de nous distinguer de la dictature.
Aujourd'hui, les députés d'opposition se sont vus amputés par une application maladroite et probablement erronée du Règlement d'une partie de leur temps de parole.
Un député de droite mais dissident, M. Daniel Garrigue, s'est vu privé, à tort incontestablement, du droit absolu qui était le sien d'un rappel au Règlement.
De telle sorte que ce qui était une petite manoeuvre d'obstruction de l'opposition, consistant à retarder de quelques heures le vote de la loi sur les retraites, est devenu une atteinte à la Constitution et aux principes qui pourrait être sanctionnée par le Conseil constitutionnel.
Comme beaucoup de collègues, j'ai le sentiment que l'initiative n'est pas venue du président Bernard Accoyer mais qu'il lui a été suggéré, probablement d'en haut, de réagir comme il l'a fait.
Il nous reste à espérer qu'une fois cet incident clos, il ne se reproduira pas et même que par quelques gestes de bonne volonté, nous pourrons revenir à un climat plus serein à l'Assemblée nationale.
En attendant, l'ambiance est devenue désagréable, la tension entre blocs antagonistes presque insupportable et tout ceci est préjudiciable à la démocratie.
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 15/09/2010
1 2
Paul Giacobbi - Photo officielle

Consultez le blog de Paul Giacobbi sur votre mobile !


Toutes les archives