Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


   

Stress

24/07/2010
Les banques européennes ont subi des "stress tests" déstinés à vérifier leur résistance à une crise financière.
Rarement a-t-on autant pris le public pour des imbéciles...
Primo: ceux qui font passer ces tests avaient pendant des années vanté la solidité financière de Lehman Brothers, de Dexia et de toutes les banques en général. Or toutes les banques américaines se sont retrouvées en situation de faillite, même si l'Etat et la banque centrale les ont sauvées, toutes les banques britanniques ont été nationalisées, et en France même la Société Générale et Natixis n'ont survécu que par l'intervention massive de la sphère publique.
Deuxio: les banques européennes survivent grâce à des concours à 0% et sans contrepartie de la BCE. Il y a deux semaines on s'est réjoui de voir nos banques rembourser un concours de quatre cents milliards d'euros mais on s'est gardé de préciser que la BCE leur avait accordé un nouveau concours d'un montant presqu'équivalent...
Tertio: qu'en est-il des tests pour la fameuse Hypo Real Estate où le gouvernement allemand a apporté plus de trente milliards d'euros?
Conclusion: la confiance ne vient pas de l'accumulation de mensonges mais d'une exigence de vérité.
C'est ce que je défendrai dans le cadre de la commission d'enquête parlementaire sur la spéculation financière.
Commentaires (11) | Rédigé par Paul Giacobbi le 24/07/2010
Deux anciens ministres des affaires étrangères, Messieurs Juppé et Védrine, s'aperçoivent qu'il n'y a plus de vrai ministère français des affaires étrangères et que nous déplorons l'absence d'un ministre depuis plus de deux ans.
Je suis heureux de leur découverte mais je ferai humblement remarqué que j'ai publié il y a presque trois ans dans le journal le Monde du 12 septembre 2007, une chronique sur le sujet intitulée : « Diplomatie moribonde, la France devrait cesser de prendre ses fantasmes pour la réalité ».
Dans cet article, je posais des problèmes de fond, à savoir que la France ferait mieux d'organiser de manière pragmatique la défense de nos intérêts nationaux plutôt que de rechercher à rayonner et à éclairer le monde.
Je faisait remarquer que ce n'était pas une question de moyen mais de meilleure utilisation de ces moyens, par exemple en supprimant des représentations permanentes dans des pays avec lesquels nous n'avons pratiquement aucune relation, de choix des hommes, en évitant de nommer des copains et des coquins, et aussi parfois de technique et d'organisation.
J'avais reçu d'ailleurs pas mal de courriers de félicitations, notamment d'ambassadeurs en retraite, et je dois dire aussi que quelques ambassadeurs en exercice n'étaient pas loin de partager mon sentiment sans pour autant pouvoir l'avouer ouvertement.
Nous verrons bien si le gouvernement se dotera ou non avant la fin de l'année d'un vrai ministre et si notre diplomatie commencera à se réveiller mais, même dans ce cas, je resterai vigilant et critique en tant que membre actif de la commission des affaires étrangères.
Commentaires (4) | Rédigé par Paul Giacobbi le 13/07/2010
Dans mon rapport relatif à l'attrait de la France pour les investisseurs étrangers, j'ai insisté sur l'idée qu'il fallait avant tout veiller à ce que les grandes entreprises françaises ne passent pas systématiquement sous contrôle étranger comme cela s'est produit par la sottise et l'incompétence de nos gouvernants d'alors pour ce qui concerne Arcelor ou alors si un changement de capital est indispensable, faire en sorte que les intérêts de notre pays soient préservés ce qui suppose que l'évolution du capital en question soit anticipé, organisé et non pas subi sans que l'on ait pu s'y préparer. 

Aujourd'hui, un grand groupe français, L'Oréal, va à l'évidence passer sous le contrôle de Nestlé et une très grande partie de toute l'affaire qui défraie actuellement la chronique est, en réalité lié à cette vaste opération industrielle. 

D'ici quelques années, le centre de décision de L'Oréal passera à l'étranger, des délocalisations sont à craindre avec des pertes d'emplois considérables pour notre pays. 

N'aurait-il pas été préférable plutôt que de s'attacher à recevoir des enveloppes de billets de banque de la part de la famille Bettencourt, un certain nombre de nos responsables politiques se soient activement occupés de préparer la succession de cette famille au mieux de nos intérêts nationaux et d'organiser l'évolution du capital de cette firme importante.

Dans dix ans, les péripéties de cette affaire rocambolesque, les agissements du sieur Banier, les polémiques politiques, le parfum de scandale lui-même seront oubliés. En revanche, on saura que L'Oréal n'est plus une entreprise française mais une entreprise étrangère à notre pays qui aura, comme tant d'autres, après tant d'autres, quitté le giron national pour s'en aller ailleurs sans que cet aspect essentiel des choses ait retenu l'attention à l'époque des commentateurs finalement bien futiles, toujours attachés à l'accessoire, jamais soucieux de l'essentiel.
Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 13/07/2010
Lors de la nomination du général américain Petraeus en Afghanistan, bien peu de commentateurs français ont pu remarquer qu'il s'agissait peut-être d'une revanche posthume et inattendue du colonel Galula.

David Galula était un officier français né en Tunisie qui, après avoir fait Saint-Cyr en 1940, et avoir été radié des cadres en 1941, victime des honteuses persécutions antisémites de Vichy, avait pu rejoindre l'armée d'Afrique et participer à la libération de la France puis à la guerre d'Indochine et, enfin, à celle d'Algérie.

Parti en 1962 aux Etats-Unis où il était devenu chercheur à l'université de Harvard, il avait publié deux ouvrages remarquables sur la conduite de la guerre contre-insurrectionnelle, écrits en anglais, restés inconnus en France alors même qu'ils constituent la base de l'enseignement de la guerre contre-insurrectionnelle à Westpoint.

Or, il a fallu l'intervention du général David Petraeus pour que les oeuvres de Galula soient traduites et publiées en français.

Par ailleurs, le général Petraeus a mené, selon les enseignements de Galula, son action en Irak, laquelle a tout de même permis de contribuer à redresser la situation après des années d'un conflit sanglant.

Il nous reste à espérer que l'enseignement d'un colonel français, assimilé remarquablement par un général américain, permettra d'améliorer la situation en Afghanistan. Je suis à ce titre fort peu optimiste car l'Afghanistan est probablement, compte tenu de ce qu'est le pays et les caractéristiques du peuple pashtoune, le terrain militaire le plus difficile du monde.
Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 13/07/2010

Vichy

13/07/2010
Le samedi 10 juillet, je suis allé représenter le Bureau de l'Assemblée nationale et son Président à la cérémonie commémorative du soixante-dixième anniversaire du vote des parlementaires donnant les pleins pouvoirs à celui qui fut le Maréchal Pétain.

Le choix de votre serviteur pour représenter le Président de l'Assemblée a été sans doute dicté par le fait que mon grand-père et homonyme, Paul Giacobbi, sénateur, a pris part à ce vote et fait partie des quatre-vingts parlementaires qui ont refusé les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain.

J'ai indiqué dans mon intervention que ce nombre n'était pas représentatif puisqu'il fallait aussi tenir compte des soixante-et-un députés et sénateurs communistes qui avaient été démis de leurs fonctions dès 1939 en raison du pacte germano-soviétique, des vingt-cinq parlementaires qui étaient partis sur le navire Massilia parce qu'on leur avait indiqué qu'ils devaient se rendre en Algérie pour une réunion du parlement et de tous les parlementaires qui n'ont pas pu matériellement se rendre à Vichy, voire pour certains d'entre eux, qui se trouvaient sous les drapeaux.

Sans faire de politique fiction, on peut donc estimer que s'ils en avaient eu la possibilité, c'est en réalité un tiers des parlementaires qui auraient refusé les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain.

Quoi qu'il en soit, j'ai rappelé que s'il ne s'étaient trouvé que quatre-vingt parlementaires pour voter contre, la totalité des magistrats, moins un seul, devait refuser de prêter serment au chef de l'Etat français la quasi totalité des officiers et des hauts fonctionnaires n'hésitèrent pas quant à eux à prêter ce serment funeste. Ainsi, dans des circonstances d'effondrement du pays, les parlementaires ont plus souvent que d'autres corps constitués fait preuve de lucidité et d'esprit républicain.

Qu'en serait-il aujourd'hui si par malheur des évènements aussi terribles frappaient à nouveau notre pays ?
Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 13/07/2010
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