Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


   

Pari

29/06/2010
J'ai envie de faire un pari stupide mais je redoute de le gagner...
Le gouvernement décide de faire des économies et il est grand temps si nous voulons éviter de nous trouver sans crédit  comme la Grèce ou l'Espagne.
On décide donc de remettre en cause les "niches fiscales". C'est juste. Mais bien entendu on ne touchera pas ou si peu au bouclier fiscal de peur de faire perdre un peu d'épargne aux plus fortunés qui d'ailleurs peuvent, comme madame Bettencourt donner un milliard d'euros à un ami sans se ruiner et presque sans s'en apercevoir.
De même que l'on annonce que l'on ne touchera pas à la TVA réduite dans la restauration qui n'a pas permis de créer un seul emploi et qui n'a entrainé aucune baisse significative des prix.
En revanche le gouvernement réduira le crédit impôt recherche qui stimule la recherche, l'innovation de nos entreprises et qui prépare les emplois de demain.
Je parie donc que l'on préférera l'épargne des plus riches qui est économiquement stérile et socialement choquante et une mesure sans effet positif à l'avenir de l'emploi et de l'économie au détriment d'une mesure dynamique qui a permis de redresser l'effort de recherche de nos entreprises et notament de beaucoup de PME innovante et d'attirer en France nombre d'investissements créateurs d'emplois. Le lecteur courageux trouverait dans mon rapport sur l'investissement étranger en France des pages entières sur ce sujet.  
Je défendrai donc, sans doute vainement, cette position en m'appuyant sur l'étude rigoureuse que j'ai menée sur les taux d'impôts sur les sociétés et l'attrait de la France.
Quel dommage, quelle occasion manquée! 
Je rêve d'une France qui parie sur l'avenir, qui encourage l'innovation et non les rentes, qui privilégie ceux qui préparent notre futur et non ceux qui vivent sur le passé.


Commentaires (31) | Rédigé par Paul Giacobbi le 29/06/2010
Bien que je lise chaque jour plusieurs journaux en anglais, j'ai été surpris d'apprendre dans le Financial Times d'hier une annonce très importante sur la future politique budgétaire de réduction des déficits français dans une interview accordée par Claude Guéant au Financial Times.

Si je peux comprendre que l'on communique dans un tel journal pour s'adresser aux milieux financiers le plus directement possible, je suis surpris par le fait que la primeur de cette communication n'aille pas à un journal français, et avant même la presse au Parlement et, en particulier, à l'Assemblée nationale et sa commission des finances.

La France est-elle en guerre ? La France est-elle occupée ? Faut-il que le message du gouvernement nous soit adressé depuis Londres ?
Commentaires (11) | Rédigé par Paul Giacobbi le 22/06/2010

Prévisions...

22/06/2010

J'apprends avec intérêt, par une dépêche de l'AFP d'hier, que notre gouvernement qui anticipait une croissance de 2,5% en 2011 va probablement réduire ses ambitions et imaginer de manière plus réaliste que nous n'atteindrons pas les 2% avant plusieurs années.

Il y a longtemps que je dis et répète que la crise sera longue et que lorsqu'elle prendra fin, nous ne nous retrouverons pas comme avant mais dans un monde nouveau, profondément différent du précédent.

Le 26 mai 2009, dans une note destinée à mes collègues "Décennie perdue ou émergence d'un nouveau monde économique ?", j'indiquais à propos des perspectives de croissance :

« Même s'il pourrait bien y avoir un léger ralentissement de la récession au cours de l'année 2010, voire un semblant de reprise homéopathique, les seuls scenarii envisageables sont soit la persistance pendant une décennie, non pas d'une récession continue mais plutôt d'une apathie économique, c'est-à-dire une croissance très légèrement en-deçà ou au-delà de zéro, soit la survenance d'une crise financière beaucoup plus grave que la première qui pourrait, cette fois-ci révéler la véritable ampleur des dépréciation d'actifs bancaires, et faire éclater l'actuel système monétaire international et la gigantesque bulle financière publique. »

A la vérité, il est encore trop tôt pour savoir quelle sera l'ampleur de la catastrophe provoquée par l'éclatement de la bulle financière publique qui est loin d'avoir produit tous ses effets négatifs et jusqu'à quel point cette explosion affectera les économies occidentales en provoquant une nouvelle vague de récession probablement beaucoup plus accentuée que celle de 2008-2009.

Je continue à penser que non seulement nous n'avons pas apporté de solution aux problèmes bancaires mais que nous sommes dans l'incapacité d'aller au fond des choses, c'est-à-dire de comprendre que la croissance occidentale depuis vingt ou trente ans a colossalement augmenté et de manière totalement stérile les revenus des plus fortunés tandis qu'elle accroissait la précarité d'une proportion de plus en plus large de la population et qu'elle faisait stagner le pouvoir d'achat de la plupart des salariés en Occident.

La crise bancaire est venue de ce que plutôt que d'augmenter les salaires, on a préféré, de manière tout à fait caricaturale notamment aux Etats-Unis, leur prêter de l'argent dans des conditions de plus en plus folles provoquant ainsi une prise de risques inconsidérée qui nous conduit aujourd'hui à la plus grave crise que l'économie occidentale ait jamais connue.

Pour qu'une économie fonctionne, pour qu'elle progresse, il est indispensable que l'ensemble de la population bénéficie de revenus suffisants pour acheter des biens et des services et si l'inégalité de revenus devient structurelle, la machine se bloque.

Malheureusement, plutôt que de mener résolument une politique intelligente de répartition plus équitable et plus efficace des revenus, les Etats-Unis ont organisé une machine infernale destinée à prêter à ceux qui ne pouvaient pas rembourser puis à recycler les créances douteuses dans une gigantesque lessiveuse de la finance mondialisée !

Plutôt que de tenter de faire mieux fonctionner ces machines et ces lessiveuses, essayons de mieux répartir les revenus et, en particulier de mieux rémunérer les salaires !



Commentaires (4) | Rédigé par Paul Giacobbi le 22/06/2010
Ainsi que je l'avais indiqué ici même, le rapport que j'ai rédigé (de manière totalement bénévole à la différence de Madame Boutin) est disponible sur mon site paul-giacobbi.org à la rubrique Ordre du Jour.
La synthèse de l'analyse et des propositions représente une quarantaine de page. Elle est suivie par une quinzaine de notes qui détaillent les différents sujets. Le tome 2 comprend les transcriptions d'une cinquantaine d'entretiens que j'ai eus avec des personnalités françaises et étrangères. Par ailleurs, ce rapport, qui a été remis au Président de la République le 15 avril, souligne le risque que la crise rende la France moins attractive aux yeux des investisseurs étrangers et également français dans la mesure où les uns et les autres risquent à juste titre de redouter que notre pays ne soit obligé d'augmenter considérablement ses impôts et taxes pour réduire ses déficits publics rendant de ce fait les investissements réalisés en France beaucoup moins rentables.
Or, c'est exactement ce que semble confirmer une analyse publiée par le cabinet Ernst & Young au début de ce mois de juin.
Je continue à penser de surcroît que dans un contexte de crise occidentale qui va durer encore de l'ordre d'une décennie, la clef de l'emploi réside dans notre capacité à attirer de la part des investisseurs français ou étrangers le maximum d'investissements productifs sur le territoire national.
Quoi qu'il en soit, je laisse les lecteurs qui auront la patience et le courage de lire ou de survoler ce rapport de se faire leur propre idée sur ce sujet.
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 22/06/2010

Les cérémonies étranges du 19 juin ou les débuts remarquables d'un novice qui entend se présenter pour la première fois de sa vie au suffrage universel me rappellent, par association d'idées et pour bien d'autres raisons, la question que je me suis posée à plusieurs reprises, et depuis quelques années, sur les conditions dans lesquelles la SNCM a été privatisée.

Je rappelle en effet qu'un intervenant a réalisé dans cette affaire une plus-value de 60 millions d'euros qui a été réalisée lors de la vente de ces titres. J'avais dénoncé par avance, au moment même où l'Etat cédait ses parts, ce scandale futur dont j'avais d'ailleurs évalué le montant à 10 millions d'euros près.

Il ne s'agit pas dans mon esprit de susciter des rumeurs ou de pratiquer l'amalgame. Il importe simplement de savoir par qui, quand et comment une telle affaire a été rendue possible, ce qu'elle coûte directement ou indirectement à la République et enfin qui en est le bénéficiaire final.

C'est la raison pour laquelle, j'ai l'intention d'interroger rapidement le gouvernement sur cette affaire qui mérite tout de même d'être clarifiée.

Nous saurons alors peut-être où sont passés les 60 millions en question.



Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 22/06/2010
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