Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


   

Lost decade

25/05/2010

Pour les économistes, la « décennie perdue » fait référence au Japon des années 90 plongé dans cette crise bancaire dont l'empire nippon n'est toujours pas sorti vingt ans après.
Je m'étais d'ailleurs moi-même inspiré de cette référence historique quand il y a un an presque jour pour jour, je publiais une note (voir site paul-giacobbi.fr) destinée à mes collègues intitulée « Décennie perdue » ou émergence d'un nouveau monde économique ?
Cette même référence de la décennie perdue me fait dire depuis plus de deux ans que la crise durera au moins dix ans... parce que je suis optimiste !
De fait, la crise japonaise, si elle s'arrêtait demain, aura duré vingt ans, de même qu'aujourd'hui bien des pays occidentaux, à commencer par les Etats-Unis, ressemblent beaucoup au Japon du début des années 90.
C'est d'ailleurs le sens d'un article publié dans l'édition du 22 mai du New York Times par Paul Krugman, « Lost decade looming ? ».
Pour les lecteurs curieux des mécanismes économiques, ils pourront trouver dans ce blog un article du 24 juin 2009 qui expliquait sous le titre « Pas même la fin du commencement de la crise » les raisons pour lesquelles « la demande croissante de crédit de la part des Etats, outre qu'elle accroît le fardeau des générations futures, a ou aura trois effets qui freineront toute reprise... ».
Je fais grâce aux lecteurs qui n'auront pas la patience d'aller chercher cette référence de la suite de l'article, mais je signale tout de même qu'il décrit de manière assez précise ce qui était parfaitement prévisible et qui s'est inévitablement produit depuis.


Commentaires (5) | Rédigé par Paul Giacobbi le 25/05/2010

De même que la grippe espagnole de sinistre mémoire n'avait été appelée ainsi que par le fait que le virus avait peut-être transité par un port espagnol, l'actuelle crise des Trésors publics, qui constitue une nouvelle phase d'une crise occidentale destinée à durer plus d'une décennie, n'a rien de spécifiquement hellénique même si sa première victime dans l'ordre chronologique a été le Trésor public grec.

Si la situation des comptes publics en Grèce n'est pas brillante, gardons-nous de nous en gausser car il n'existe, dans tout l'OCDE, aucune nation dont la situation financière publique l'autoriserait à se moquer de nos amis grecs.

Certainement pas en tout cas les Etats-Unis dont les déficits publics dépassent très largement les 10%, ni la Grande-Bretagne avec ses cent milliards de livres de déficit, ni la France bien sûr mais même pas la vertueuse Allemagne dont j'ai rappelé à plusieurs reprises la fragilité financière de ses Länder, dont la situation à cet égard est bien plus critique que celle de l'Etat de Californie ainsi que l'épée de Damoclès que représente pour l'économie allemande les presque mille milliards d'euros de créances quasi illiquides dans les banques allemandes.

La contagion de la crise grecque n'est donc qu'une question de temps et ce d'autant plus que les remèdes envisagés qui consistent en des cures d'austérité lancées dans la panique et le désordre n'auront pour effet que de détruire brusquement toute possibilité de croissance et aggraveront donc les déficits qu'elles prétendent combattre.

Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 25/05/2010

Retraites

22/05/2010
La polémique actuelle sur les retraites est stupéfiante et en dit long sur la qualité de notre débat public. Il est par exemple choquant que l'on conteste par principe les projections du Conseil d'Orientation des Retraites qui, outre qu'elles sont exactes, ont été approuvées par un conseil d'administration où siègent toutes les grandes organisations syndicales de France ainsi que des parlementaires de tout bords politiques.
Il est aussi désolant que des formules ou des slogans remplacent la réflexion et masquent l'absence de courage politique: "faire payer les banques" ou "retraite à la carte" ...
Même s'il est indispensable de prévoir une fiscalisation partielle du financement des retraites et de la faire peser sur les plus favorisés et les profits spéculatifs, cela ne réglera pas le problème majeur de déséquilibre démographique. De la même façon s'il faut ménager des choix et tenir compte des spécificités le système doit être compréhensible et ne peut éviter, sauf l'exception des personnes ayant commencé à travailler très tôt, que l'âge légal de la retraite aille au delà de soixante ans.
D'ailleurs la formule "à la carte" est bien malheureuse dans la mesure où, au restaurant, "à la carte" revient toujours beaucoup plus cher que le menu...
Commentaires (10) | Rédigé par Paul Giacobbi le 22/05/2010
Les lecteurs insulaires de ce blog seront intéressés d'apprendre que les motrices modernes et confortables de nos trains régionaux sont à l'arrêt parce que les tambours de frein sont mal positionnés et ont donc une surface de frottement réduite.
Cela n'a l'air de rien mais la modification suppose des travaux relativement importants et longs et il ne faut évidement pas prendre le moindre risque. Nous aurons donc dans quelques mois des trains modernes, sécurisés dans le moindre détail et nous pourrons travailler pour atteindre deux objectifs: améliorer considérablement les fréquences de nos entrées de ville, Bastia-Cazamozza et Ajaccio-Mezzavia, pour en faire de vrais transports urbains, et ramener à trois heures le trajet Bastia-Ajaccio.
En attendant quatorze millimètres dans la conception et/ou la réalisation des semelles des tambours de frein vont nous obliger à maintenir en service les anciennes motrices. Que le contribuable insulaire sache bien cependant que toutes dispositions sont prises pour que ce préjudice soit intégralement indemnisé par le constructeur, sur lequel nous avons déjà retenu plusieurs millions d'euros et ce n'est qu'un tout début.
Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 22/05/2010

A.A.A.

17/05/2010

Huit grandes banques américaines, c'est-à-dire huit grands établissements de crédit que la folie et la corruption de leurs dirigeants ont conduit à la faillite et qui en ont été sauvé in extremis par des injections massives d'argent public, sont maintenant accusées d'avoir entretenu des liens avec les agences de notation.

Ce n'est évidemment pas un scoop car il fallait bien être de mèche pour faire avaler aux clients les fameuses notes « AAA » qui certifiaient la bonne santé financière d'établissements que n'importe quelle analyse même sommaire (si du moins leurs comptes avaient été sincères) auraient conduit à déclarer au bord de la faillite.

Une fois encore, ceci me confirme l'interprétation que j'ai depuis longtemps donné du fameux acronyme A.A.A. qui signifie en fait : « Associations d'Andouilles Authentiques », les « andouilles » étant évidemment ceux, si nombreux et aujourd'hui ruinés, qui ont eu la naïveté de croire à la sincérité des bilans bancaires, à la rigueur des agences de notation et à la clairvoyance des banquiers centraux ...

Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 17/05/2010
1 2 3
Paul Giacobbi - Photo officielle

Consultez le blog de Paul Giacobbi sur votre mobile !


Toutes les archives