Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


   
Les mésaventures de la Grèce, berceau de notre civilisation européenne, me surprennent. Les Etats européens semblent bien frileux pour prêter moins de vingt milliards d'euros à ce pays membre de la zone euro, la banque centrale européenne est aux abonnés absents et le FMI plus que réticent.
Pourtant les uns et les autres  n'ont pas fait tant de chichis quand il s'agissait de sauver des banques... La vertueuse Allemagne a placé des milliards, des dizaines de milliards d'euros du trésor public dans le capital de la catastrophique "Hypo Real Estate", la BCE a prêté à un an et à un pourcent, sans contrepartie plus de huit cent milliards d'euros aux banques européennes et le placement de ce pactole s'est fait en une heure ou deux et le FMI a passé deux ans à dire que les trésors plublics ne donnaient pas assez pour sauver les banques.
Je recommande à la Grèce de changer de statut: qu'elle abandonne celui de République pour celui de banque et alors plus de réticences, la BCE lui allongera cent milliards en une heure, à un pourcent, le trésor allemand quelques dizaines et le FMI lui fera les yeux doux. Il y avait autrefois de remarquables économistes monétaires en Grèce, notament cet ancien gouverneur de la banque centrale, Xenophon Zolotas si mon souvenir est exact, et je suis certain que s'ils étaient encore en vie ils auraient pensé à ma solution!
Commentaires (13) | Rédigé par Paul Giacobbi le 23/04/2010
Cet article est destiné aux lecteurs de ce blog qui  connaissent l'économie et je sais qu'ils sont nombreux et compétents.
Depuis quelques jours la presse internationale se fait l'écho d'un phénomène exceptionnel qu'elle décrit en termes techniques: "the spread between CDS and Treasury bills at ten years is turning negative"
Ce jargon est facile à traduire. Normalement lorsque les Etats empruntent ils le font aux taux les plus bas possibles puisqu'ils sont supposés être des emprunteurs sans aucun risque. Aux Etats-Unis les bons du trésor à dix ans sont normalement émis à un taux toujours infèrieur à celui obtenu par les obligations émises par le secteur privé, lesquels sont représentés par le taux des CDS ( Credit Default Swap qui représentent le taux moyen d'échange d'obligations sur le marché pour simplifier les choses à l'extrème).
Or depuis quelques jours les bons américains à dix ans ont passé la barre des 4 % et se trouvent au delà du taux moyen des obligations privées. C'est un phénomène paradoxal et inquiétant.
Paradoxal parce que les Etats doivent emprunter plus qu'avant la crise puisqu'ils dépensent beaucoup pour financer l'économie et les entreprises et que du coup ces entreprises qui obtiennent des aides considérables de l'Etat peuvent emprunter moins et surtout moins cher!
Inquiétant parce que celà annonce ce que j'apelle depuis deux ans (voir mes notes successives et de nombreux articles de ce blog) la crise de la sphère publique. En gros les Etats ont emprunté beaucoup d'argent pour sauver les banques, et pas mal d'industries aussi comme aux Etats-Unis le secteur automobile qui a été nationalisé de facto, et maintenant les Etats n'arrivent plus à trouver de l'argent, ce qui risque de nous conduire à une nouvelle phase de la crise.
La presse européennne veut croire que la crise financière publique ne concerne que des pays comme la Grèce, le Portugal ou l'Irlande, en réalité la situation de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis est plus mauvaise que celle de ces petits pays et celle de la France pas vraiment meilleure.
Je voulais, sans entrer dans des explications trop ardues, exposer cette situation aux lecteurs avertis de ce blog: nous entrons dans la phase deux de la crise.
Commentaires (16) | Rédigé par Paul Giacobbi le 04/04/2010
Une conseillère régionale UMP avait cru intelligent de critiquer mes lacunes dans la gesstion du conflit à la SNCM...Outre qu'il est tout de même injuste en arrivant dans un champ de ruines de se voir reprocher par les responsables du désastre de ne pas reconstruire tout en un jour, cette conseillère, sans doute bien mal conseillée a pu constater que la grève a duré moins de vingt quatre heures et que nous en sommes sortis en renouant directement le dialogue, sans avoir besoin de laisser le gouvernement se charger seul de ce dialogue et en rapellant quelques principes simples, d'ailleurs aujourd'hui admis par tous.
Cependant la fin de ce conflit n'est rien. Il nous faut lancer une large consultation de tous: usagers, compagnies-toutes les compagnies ont les mêmes droits mais aussi les mêmes devoirs- partenaires sociaux et élus.
La politique des transports doit être un équilibre où chaque partie doit être gagnante. La concurrence a sa place à condition d'être équitable, organisée dans le cadre légitime des lois et surtout qu'elle améloire la qualité du service pour un meilleur coût et non l'inverse, ce à quoi conduit toujours une concurrence sauvage.
Après quelques décennies d'études économiques, rien ne m'éxaspère plus que cette idéologie de la concurrence proclamée par des gens qui ignorent à peu près tout de l'économie. Mais je suis tout autant favorable à une organisation équitable de la concurrence et c'est le rôle même de la CTC dans le domaine du service public des transports.
Rien ne sera facile, mais nous devons nous attacher à réunir sur ce dossier essentiel un consensus des bonnes volontés et des intelligences: nous devons celà à la Corse.
Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 04/04/2010

Je ne suis vraiment pas de ceux qui se glorifient ou qui se réjouissent à l'excès d'une victoire électorale pas plus que je ne me désespère d'une défaite : le peuple a toujours raison, et la seule victoire qui compte, c'est celle de la collectivité dont on a la charge et des citoyens au service desquels on est.

Cependant, même si je peux comprendre l'amertume d'une défaite, je dois dire que la réaction de M. Thierry Mariani à la défaite de sa liste en PACA et surtout au fait qu'il n'est pas été nommé ministre me laisse pantois.

J'ai perdu à plusieurs reprises les élections régionales et je n'en ai jamais fait une maladie. Quant au gouvernement, il devrait plutôt être reconnaissant de ne pas en faire partie.

Son commentaire, justifiant qu'il ait refusé une invitation à déjeuner à l'Elysée avec l'ensemble des têtes de liste UMP aux régionales, me paraît plutôt excessif.

« Quand on est pris pour un con, il faut savoir terminer les choses ! »

Quelle élévation dans la pensée, quelle élégance dans l'expression !

Quand je pense que l'auteur de cette phrase subtile est l'ambassadeur itinérant de la France pour l'Afghanistan et le Pakistan, je m'interroge une fois de plus sur l'état de notre diplomatie.

Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 01/04/2010
Paul Giacobbi - Photo officielle

Consultez le blog de Paul Giacobbi sur votre mobile !


Toutes les archives