Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


   
Mardi 30 décembre à Saint pierre de venaco j'étais assis à une table face à la presse. Emmanuelle de Gentile et le maire de Bonifacio, tous deux largement en dessous de quarante ans, Jean-Louis Luciani à peine un peu plus...mais que faisaient ces jeunes gens à côté du vieux Giacobbi, cinquante deux ans? Nous trouverons sans doute dans la campagne quelques métaphores qui salueront l'alliance de la jeunesse et de l'expérience, mais j'ai eu le sentiment très réel que le temps passait bien vite et que la jeunesse, même en politique, est une maladie dont on guérit très vite!
Commentaires (11) | Rédigé par Paul Giacobbi le 30/12/2009

Tempête de sable

29/12/2009
Depuis plusieurs années je constate avec tristesse dans ce blog les désastres successifs d'AREVA. Nous avons auditionné madame Lauvergeon à la commission des affaires étrangères. Sa personnalité, son intelligence, son faire savoir ne sont pas en cause mais en revanche j'ai été frappé par une certaine légéreté de ton s'agissant des milliards d'euros. Ainsi est-il normal de perdre -dans le meilleur des cas et si nous gagnons le procès en cours devant un tribunal arbitral- la bagatelle de 2,4 milliards d'euros en Finlande car cet EPR constitue une vitrine!
De même qu'il ne faut pas faire diriger la filière nucléaire française par EDF parceque c'est une affaire d'industriel et non d'exploitant...mais c'est pourtant EDF et son expérience de gestionnaire d'un parc de centrales que voulait les émirats. En tout cas ce qui est clair c'est que nous avons perdu un contrat fabuleux malgré notre technologie remarquable, notre place de leader mondial et notre expérience exceptionnelle de l'exploitation des centrales nucléaires. Il est temps de nous ressaisir, d'organiser la filère et de repartir d'un bon pied.
Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 29/12/2009

Copenhagen Circus

09/12/2009

C'est une excellente chose que de rechercher des modes de croissance plus raisonnables, moins polluants, plus efficaces et l'on peut se féliciter de la tenue du sommet de Copenhague.

Je déplore cependant cette ambiance de confusion, parfois de manipulation qui consiste à nous faire croire à des choses qui ne sont pas tout à fait exacte scientifiquement, qu'un prix Nobel de la paix vaut qualification absolue sur le même plan, et que le danger est imminent alors qu'il est plutôt de moyen et long terme même s'il nous faut réagir très vite. On peut surtout être légitimement choqué lorsque l'on tend à nous faire croire qu'il faudrait tout sacrifier au réchauffement climatique alors même que le paludisme ou le Sida, la malnutrition ou l'exploitation des enfants sont des scandales croissants dans notre époque soi-disant moderne.

De surcroît, une réunion internationale n'est pas l'occasion d'un cirque caricatural et manipulateur. C'est même tout à fait contre-productif. Il est par exemple absurde de nous représenter les îles Maldives sous la mer alors même que le niveau des eaux monte de trois millimètres par an et que les Pays-Bas apportent depuis des siècles la preuve évidente que l'on peut vivre en toute sécurité en-dessous du niveau de la mer et à sa proximité immédiate.

Je ne conteste pas la réalité du danger, mais en caricaturant les faits, on prend le risque dans la mesure où les effets tangibles du réchauffement n'apparaîtront pas de manière caricaturale mais très progressive, de générer une vague de scepticisme d'autant plus importante que lutter contre le réchauffement a tout de même un certain prix, même si les avantages sont infiniment supérieurs à ce prix.

Je suis évidemment très attentif au dialogue entre des pays comme les nôtres qui ont fait payer à la planète très cher leur croissance et les pays émergents auxquels, d'une certaine manière, on demande d'être infiniment plus vertueux que nous ne l'avons été, ce que naturellement ils refusent.

En tout état de cause, la position française n'en reste pas moins l'une des plus avancée dans ce domaine, pour ne pas dire la plus avancée, et c'est une bonne chose.

Il pourrait se former autour de ces questions essentielles un certain consensus national, dans la mesure où ces questions de survie planétaire transcendent largement nos querelles partisanes.

Pour le reste, j'aimerais bien savoir combien de fois Greenpeace a protesté contre les agissements nucléaires et industriels, les pollutions massives et répétées du bloc de l'Est à l'époque de la Guerre froide, sachant qu'il y aurait encore presque autant à dire de nos jours et notamment pour la Russie, en tout cas infiniment plus qu'il n'y a matière à manifestation en France et dans d'autres pays de l'Union européenne !

Commentaires (8) | Rédigé par Paul Giacobbi le 09/12/2009

Si un martien, sociologue et économiste, débarquait sur notre planète en charge d'une étude sur nos moeurs contemporaines et nos systèmes de gouvernance, il conclurait que notre terre est dirigée par des organismes bizarres appelés les banques centrales qui se sont appropriées peu à peu le droit de contrôler l'émission des monnaies et par cela de diriger nos économies.

Le martien constaterait qu'à la tête de ces étranges organismes, on a placé des messieurs d'un certain âge qui ne parlent pas beaucoup, se donnent des airs de devin ou de gourou et qui, étrangers à toute rationnalité scientifique, sourds à toutes les leçons de l'expérience, font beaucoup de mal mais ne reconnaissent jamais leurs torts.

Le martien constaterait avec surprise que personne n'ose se révolter contre ces druides malfaisants, ces chamanes délirants, à l'exception parfois de quelques hommes politiques, très vite conspués par l'establishement, d'économistes marginaux, et même de citoyens responsables.

Ainsi, ai-je lu dans le Financial Times du 30 novembre, dans le courrier des lecteurs, la contribution de M. Steven Morris (East Hampton NY, US) intitulée « Fed has lost all touch with reality ».

En substance, M. Morris expose très simplement que la création sans retenue de milliers de milliards de dollars par les banques centrales provoque une nouvelle bulle qui touche presque tous les instruments financiers et qui va évidemment provoquer, tôt ou tard, leur explosion pour nous conduire dans une nouvelle récession. M. Morris pose la question de ce que fera alors M. Bernanke qui a maintenu les taux d'intérêt à pratiquement 0% et qui a gonflé le bilan de la Fed de plus de 2 000 milliards de dollars d'obligations adossées à des hypothèques immobilières insolvables ou à des bons du Trésor américain qui, dit-il, « will be avoided like the plague ».

La conclusion de ce contributeur mérite d'être citée intégralement lorsqu'il s'adresse à M. Bernanke et finit par un avertissement lucide :

« What's left in your arsenal ? A plan to buy the US stock market ? To corner the commodities market ? It's time to rein in or abolish the out-of-control Fed before it destroys the US economy ».

Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 01/12/2009

Au mois d'août 2008, je devais me rendre en famille à Kolkata et j'ai eu l'idée de voyager sur la compagnie Emirates, basée à Dubaï, qui est célèbre pour la qualité de son service et des prix très raisonnables.

Devant faire escale à Dubaï, j'avais souhaité au retour m'arrêter trois jours pour visiter ce mirage de la finance et des prouesses de l'architecture moderne avant que cette illusion ne se dissipe, emportée par la vague de la crise économique.

Il était en effet évident au mois d'août 2008, plus d'un an après l'éclatement de la crise aux Etats-Unis, que Dubaï ne résisterait pas à l'effondrement de la finance internationale.

Même si à l'époque en France la plupart des « responsables », à commencer par le ministère des finances, niaient encore l'évidence de la crise, et que ceux qui lançaient des avertissements comme je pouvais le faire à l'Assemblée, étaient taxés d'excès de pessimisme, il paraît inconcevable aujourd'hui que des gens aient pu penser encore à ce moment qu'une folie comme Dubaï pouvait survivre à la fin d'un monde.

J'avais néanmoins été fasciné par la qualité architecturale des plus belles réalisations de ce Manhattan des sables, par le côté héroïque de ces constructions de haute technologie au milieu d'un désert à peu près invivable, ainsi que par les qualités de ces installations aéroportuaires aux antipodes des pratiques inqualifiables d'Aéroports de Paris.

Que restera-t-il maintenant de tout cela ?

Des tours désertées, des galeries marchandes condamnées à des soldes éternelles, des lotissements off-shore rapidement devenus invivables par manque d'entretien, tout un mirage d'acier, de verre et de béton qui fascinera encore longtemps quand on en verra de loin les ruines et qui sera, vu de plus près, une image saisissante de ce qui reste après une bataille financière.

Mais je suis peut-être trop pessimiste et la créativité arabe ainsi que la solidarité bédouine, surtout quand elle s'appuie sur de riches et puissants voisins, peuvent peut-être permettre sinon le miracle d'une résurrection, du moins la possibilité d'une survie approximative.

C'est du moins ce que je souhaite aux citoyens de Dubaï dont la faillite n'est finalement pas vraiment supérieure à celle de M. Madoff, lequel n'a pas laissé derrière lui de cité du XXIème siècle ni même d'amas de ruines mais seulement un air mauvais qui empoisonnera encore longtemps le monde de la finance.

Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 01/12/2009
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