Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


   
C'est le titre d'un ouvrage de M.Galouzeau et j'ai compris en l'écoutant hier à la television qu'il s'était beaucoup regardé dans la glace avant de trouver ce titre qui lui va à la perfection...
Outre l'exploit qui consiste à réunir mille personnes à la maison de l'Amérique Latine, ce qui laisse loin derriere les fabricants de boite de sardines, je n'ai rien compris des cris de ladite gargouille. J'ai admiré que l'on puisse dire que l'Allemagne faisait mieux que nous pour la croissance, ce qui est exact puisque la recession pour 2009 est de moins six pour cent en Allemagne et la nôtre de moins deux et demi!
Mais j'ai surtout retenu ce français gargouillant de l'ancien collaborateur de Jacques Chirac. Quelques exemples :

-"la France est en initiative" dix fois environ
-"par contre" au moins trois fois
-"vertebrer la nation"
-"notre feuille de route c'est constituer une force de proposition"

On ne m'en voudra pas, parmi les hommes politiques qui ont toujours affiché un absolu mépris pour la démocratie, de préferer Chateaubriand.
Commentaires (4) | Rédigé par Paul Giacobbi le 28/10/2009

Pour citer Paul-Louis Courier, « il y a longtemps que je ne rie plus de cette manie de l'à peu près qui envahit la France du plus bas au plus haut » et ce blog témoigne que je ne rie plus depuis longtemps des « à peu près » de la société Areva.

S'agissant du réacteur EPR d'Olkiluoto en Finlande, nous apprenons aujourd'hui que, selon Areva, la mise en service du réacteur pourrait être repoussée au-delà de juin 2012, alors même qu'à la signature du contrat, elle était prévue pour l'été 2009...

Sachant que le montant des pénalités de retard, faisant l'objet d'un litige pendant devant un tribunal arbitral dans le cadre de la chambre international de commerce à Paris, ont atteint un montant comparable à celui du marché, nous pouvons conclure que la perte d'Areva sur l'ensemble de l'opération sera supérieure ou égale au montant de ce fabuleux contrat.

J'avais aussi dénoncé le comportement d'Areva vis-à-vis de l'allemand Siemens qui, de ce fait, a finalement décidé de s'associer à l'industrie nucléaire russe.

Mais je ris encore moins quand j'apprends que l'on a, à l'usine de Cadarache dans les Bouches-du-Rhône, omis de signaler à l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) l'existence d'environ 39kg de résidus de plutonium, alors même qu'il était estimé que les résidus escomptés ne devaient pas dépasser 8kg.

J'apprends aussi avec une extrême inquiétude que la boîte la plus chargée en plutonium contenait plus de 10kg de cet isotope selon l'ASN alors que le maximum prévu était d'1,8 kg.

On comprendra que cette comptabilité globale des kilos de plutonium et de leur répartition au sein de chaque boîte est absolument indispensable dans la mesure où la masse critique du plutonium pour les isotopes 238 et 239 est de 10kg.

La masse critique, si mes souvenirs de physique sont exacts, est la masse à partir de laquelle il se déclenche ou peut se déclencher au sein d'un isotope lourd une réaction en chaîne qui lorsqu'elle n'est plus contrôlée s'appelle une explosion nucléaire !

Il y a longtemps que je pense qu'Areva est « à la masse » dans son comportement industriel, mais je redoute maintenant qu'atteignant une masse critique, cette grande entreprise qui est à la pointe de sa technologie mais qui souffre d'un management folklorique pourrait exploser jusqu'à désintégration totale.

Commentaires (3) | Rédigé par Paul Giacobbi le 20/10/2009

Les Indes galantes

20/10/2009

Ce n'est pas une référence à l'opéra de Jean-Philippe Rameau mais plutôt une remarque tirée des rapports complexes mais pas toujours dénués de courtoisie et de compréhension du gouvernement français et des sidérurgistes indiens qui représentent aujourd'hui la quasi totalité de cette activité dans notre pays.

On se souvient que le groupe Arcelor Mittal a finalement décidé de fermer son site de Gandrange malgré la pression du gouvernement et du Président français.

Nous apprenons, à l'occasion d'une visite du chef de l'Etat à Gandrange qu'un contrat de 300 millions d'euros vient d'être signé entre Réseau Ferré de France (RFF) et le « sidérurgiste anglo néerlandais Corus » installé à Hayange dans même département de la Moselle.

Il s'agit de la fabrication de rails de très grande longueur pour les TGV dont le financement se fera dans le cadre du futur grand emprunt.

Ce que notre presse économique et générale semble ignorer, c'est que le « groupe sidérurgiste anglo-néerlandais Corus » a été racheté depuis plus d'un an par le groupe indien Tata et constitue aujourd'hui la division Europe de « Tata Steel », filiale sidérurgique de Tata.

Ainsi, la sidérurgie mosellane pourra-t-elle, sur l'intervention du chef de l'Etat, compenser la défaillance à Gandrange de Lakshmi Mittal, Marwari né au Rajasthan et élevé à Kolkata, par l'intervention à Hayange d'un autre indien, Parsi né à Mumbaï.

Ce n'est pas le seul lien de la France avec la sidérurgie indienne qui représente d'ailleurs aujourd'hui, à travers notamment ces deux groupes une partie dominante de la sidérurgie mondiale, puisque le précédent patron de Tata, J.R.D. Tata, était né à Paris d'une mère française, qu'il était francophone de naissance, avait fait ses études et son service militaire en France et est enterré depuis 1993 au Père Lachaise à Paris, tandis que Lakshmi Mittal a fait ses études à Kolkotta au très chic collège La Martinière du nom d'un certain Claude Martin qui, ayant fait fortune aux Indes au XVIIIème siècle et n'ayant pas d'enfants, avait laissé son immense fortune à de remarquables institutions éducatives à Lucknow, Kolkata et Lyon qui l'avait vu naître.

Compte tenu de mes liens avec l'Inde, je suis plutôt heureux de ce que cette tradition franco-indienne se poursuive encore de nos jours !



Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 20/10/2009

La distinction entre les économistes néo-keynésiens, plus ou moins favorables à l'intervention de l'Etat d'une part et les monétaristes, plus ou moins libéraux, me paraît de plus en plus évidente selon que leur université de rattachement se situe, aux Etats-Unis, au bord de l'océan ou sur les rives des grands lacs et des fleuves.

En effet, les économistes qui habitent au bord de l'Atlantique ou du Pacifique aux Etats-Unis sont essentiellement keynésiens, tandis que ceux qui peuplent la région des grands lacs, en particulier Chicago et plus généralement le centre des Etats-Unis, sont très clairement libéraux et monétaristes.

De telle sorte qu'il paraît évident que la présence ou non de sel dans l'eau environnante est le facteur qui influe le plus sur l'orientation des économistes du coin.

Mais au-delà du facteur de salinité, la récente décision d'attribution du Prix Nobel d'économie à deux américains me fait penser que peut-être, c'est le degré de température de l'eau qui est déterminante et que, dans le cas d'espèce, la banque nationale de Suède a privilégié l'eau tiède.

En effet, l'un des deux lauréats, Elinor Ostrom, première femme à recevoir le Nobel d'économie, est plutôt une spécialiste de la science politique et s'est faite remarquer par des travaux sur la gestion des propriétés collectives, forêts, pêcheries ou pâturages, tandis que son collègue, Oliver Williamson, qui partage avec elle le prix de cette année, s'est intéressé plus spécialement à une théorie de la transaction dans laquelle le marché compterait moins – si j'ai bien compris – que l'aptitude à répondre efficacement aux besoins collectifs.

Autrement dit, le prix Nobel va à des personnes parfaitement estimables, plus proches de la sociologie que de l'économie, et qui ont théorisé une remarquable redécouverte de l'eau tiède, à savoir qu'en économie, il n'y avait pas que les lois du marché qui expliquaient le comportement des agents, alors même que lesdites lois ne donnent pas nécessairement les résultats les plus efficaces.

J'aurais tout de même pensé et espéré que la banque de Suède aurait récompensé les économistes qui ont prêché dans le désert depuis des années l'imminence de la crise plutôt que de botter en touche en distinguant des travaux qui se situent « ailleurs ». Pourquoi ne pas avoir distingué le professeur Nouriel Roubini de l'université de New York (NYU) dont tant de « savants » se sont moqués quand il annonçait, au milieu des années 2000, l'imminence du cataclysme qui a éclaté en 2007 ?

Je remarque que l'un des lauréats enseigne à Berkeley, non loin des eaux salées du Pacifique tandis que l'autre vient de l'université de l'Indiana qui est nettement plus proche de l'eau douce.

Au surplus, le professeur Olstrom de l'université d'Indiana a beaucoup travaillé sur la gestion de l'eau pour l'irrigation des forêts et des jardins.

En définitive, ce prix Nobel d'économie, s'il se situe au confluent de l'eau douce et de l'eau salée, privilégie essentiellement l'eau tiède et n'a pas récompensé ceux qui avaient eu le courage d'être à contre-courant !



Commentaires (3) | Rédigé par Paul Giacobbi le 14/10/2009

L'évènement le plus grave et le plus lourd de sens pour la sécurité du monde de ces derniers mois est incontestablement la prise d'assaut par des islamistes du siège de l'état-major des armées pakistanaises à Rawalpindi.

J'avoue que je n'ai pas cru au début à l'exactitude de l'information, à peu près aussi incroyable qu'un hold-up dans les caves de la Banque de France à Paris ou dans les appartements privés de la Reine d'Angleterre à Buckingham.

Cette nouvelle donne la mesure de la dégradation de la sécurité au Pakistan, où le terrorisme tue maintenant une centaine de personnes par semaine, et où l'insurrection islamique est désormais au coeur du pouvoir et de la société pakistanaise.

Les assaillants étaient pour moitié des rebelles pashtounes originaires de la zone tribale pakistanaise (Federally Administated Tribal Area qui borde la frontière Ouest avec l'Afghanistan, le long de la Ligne Durand) et pour l'autre moitié d'extrémistes du Penjab qui se situe à frontière de l'Inde.

Il semble que l'opération ait été préparée dans la zone tribale, plus exactement au Waziristan.

Ainsi, nous ne sommes plus dans le cas de troubles affectant uniquement la zone tribale et provoqués par des membres d'Al Qaida d'origine étrangère.

Nous avons affaire à des insurgés pashtounes affiliés à Al Qaida qui agissent de concert avec des extrémistes penjabis pour attaquer à peu près au milieu géographique du pays le plus significatif, presque le plus sacré des objectifs concevables au Pakistan, c'est-à-dire le Grand Quartier Général de l'armée.

Il y a très longtemps dans ce blog que j'ai dénoncé les risques que courrait ce pays depuis le départ du général Musharraf dont je persiste à penser qu'il était un rempart, et son remplacement à la tête de l'Etat par M. Zardari dont on connaît les antécédents judiciaires, sa corruption ayant fait l'objet de jugements en Suisse et en Grande-Bretagne, et ses antécédents psychiatriques dont il a lui-même fait état et apporté des preuves par devant ces mêmes juridictions occidentales.

Comme l'a fait remarquer avec inquiétude le professeur Shaun Gregory de l'Université de Bradford, « the only thing that stands between Al-Quaeda and nuclear weapons is the Pakistan army ». Or, nous venons d'assister à l'assaut avec prise d'otage du GHQ de l'armée pakistanaise à Rawalpindi, précisément là où se trouvent les systèmes de déclenchement des armes nucléaires.

Il est grand temps que nous nous inquiétions de la question pakistanaise qui me paraît aujourd'hui encore plus urgente que toute autre pour la sécurité du monde. L'attaque de la semaine dernière a affecté la dernière ligne de défense de l'arme nucléaire au Pakistan.



Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 13/10/2009
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