Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


   

La dentellière

23/09/2009

La ministre de l'économie, Madame Lagarde a estimé que l'harmonisation des points de vue entre pays membres du G20 demandait un travail de dentelle.

Il me semble que l'image n'est pas tellement appropriée dans la mesure où, comme le dit Madame Lagarde elle-même, sur au moins trois questions essentielles (les bonus, les paradis fiscaux et les règles comptables) les divergences entre l'Europe et les Etats-Unis sont tout à fait considérables.

J'ajoute que les américains souhaitent une recapitalisation des banques à un niveau très supérieur à ce qui est aujourd'hui requis au titre du ratio de Bâle.

Sans revenir sur le débat théorique et pratique de cette affaire cruciale, il est évident que si nous acceptions la proposition des américains, il en résultera pour les banques européennes un considérable besoin de recapitalisation et comme elles auront du mal à trouver du capital, elles réduiront encore plus leurs prêts qu'elles ne le font aujourd'hui.

Un autre sujet essentiel sera abordé par les Etats-Unis au cours du G20 : les déséquilibres structurels de balances de paiements courants. Il s'agit essentiellement d'un débat entre la Chine et les Etats-Unis consistant à mettre fin à une situation dans laquelle, comme le disait un américain : « Ils nous vendent de la camelote et nous les payons avec de la fausse monnaie ».

Je crois donc sincèrement que l'image de la dentellière est inappropriée, néanmoins comme la dentellière de Vermeer est un des fleurons du musée du Louvre, je vous en offre une image.

Je signale que dans ce tableau de très petit format il existe cependant une très remarquable perspective dont le point central est très précisément le noeud de fil qu'est en train de réaliser la dentellière, les doigts de celle-ci matérialisant les lignes de perspective ainsi que deux fils tendus entre les bobines et l'ouvrage.

Malgré sa petite taille (24x21cm), ce Vermeer dont l'authenticité ne fait absolument aucun doute est un des plus beaux, l'un des mieux composés et nous espérons tous que le travail du G20 sera aussi concentré, aussi fructueux que ce chef-d'oeuvre de la peinture hollandaise...



Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 23/09/2009

Depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, la presse, la classe politique et l'opinion française se passionnent pour une liste retraçant des comptes bancaires dont il a été démontré qu'elle avait été falsifiée et qui provient d'ailleurs d'un organisme de compensation dans lequel personne n'a jamais détenu le moindre compte bancaire pour la bonne et simple raison qu'il ne s'agit pas d'une banque.


Pendant ce temps-là, j'aimerais bien que l'on publie une autre liste d'une toute autre importance et dont chaque citoyen de l'Union européenne, ou à tout le moins de la zone euro, devrait avoir connaissance.


Il s'agit de la liste des plus de mille établissements financiers européens qui ont bénéficié des concours « non conventionnels » de la Banque Centrale Européenne.


Je rappelle, en effet, que notre BCE a offert aux banques commerciales de la zone euro une facilité, c'est-à-dire un prêt sans contreparties au taux de 1% et au terme d'un an, qui a été consenti en deux fois pour un montant global d'environ 900 milliards d'euros.


Jusqu'à ce jour, la BCE s'est abstenue de donner la liste des heureux bénéficiaires, tandis qu'à ma connaissance aucune de celles-ci n'a avoué en avoir bénéficié, et que l'inénarrable Beaudoin Prot de la BNP déclare que ceci est couvert par le « secret des affaires » !


Cette facilité permet aux banques qui en bénéficient de se procurer de l'argent dans des conditions plus faciles puisqu'il n'y a pas de contreparties, à un coût beaucoup plus bas, et pour des montants bien plus importants que toutes les ressources financières qu'ils pourraient trouver sur le marché ou même auprès de la BCE par le biais de la réescompte et autres prises en pension.


L'opération s'apparente tout à fait à une subvention publique et je ne vois aucune raison, aucune justification à ce que tous les citoyens puissent être privés d'une information détaillée.


Cette opacité est d'autant plus scandaleuse que les banques bénéficiaires ne font guère profiter leurs clients de cette largesse en leur accordant plus de crédits, à des taux en diminution, et qu'une partie non négligeable de ce pactole est utilisée pour souscrire aux émissions de bons du Trésor des Etats européens à des taux beaucoup plus élevés.


On peut même conclure en dernière analyse que le recyclage auprès des Trésors publics de cette manne quasi gratuite permet aux banques européennes de dégager des marges substantielles et sans le moindre risque, ce qui leur permet d'ailleurs de payer de très confortables bonus à leurs traders.


Bien entendu, si les banques ne veulent pas que l'on sache qu'elles ont bénéficié de telles avantages, libre à elles de rembourser par anticipation et de ne pas souscrire à la prochaine distribution...


Je ne vois pas quel inconvénient il y aurait à ce que tout le monde connaisse cette liste et je crois que dans un moment où l'on parle beaucoup de transparence, il serait utile que les gouvernements et les peuples puissent connaître dans le détail ce que la maison Trichet fait avec le privilège d'être une banque centrale que le pouvoir démocratique a bien voulu lui déléguer.


Commentaires (2) | Rédigé par Paul Giacobbi le 22/09/2009

Triste fin

22/09/2009
Entre ignominie et pitrerie, la fin de M. Galouzeau manque singulièrement d'allure.
Passons sur la pitoyable déclaration, grandiloquente, contradictoire et venimeuse, composée d'allusions historiques parfaitement inappropriées et de prédictions ambivalentes.
« Je suis ici par la volonté d'un homme... » est une dérisoire et grotesque paraphrase du célèbre « Nous sommes ici par la volonté du peuple... ».
« J'en sortirai libre et blanchi...au nom du peuple français... » clôture une intervention larmoyante tandis qu'il est incontestable que M. Galouzeau en sortira « blanchi » mais seulement dans le sens où il aura toujours des cheveux blancs, tandis qu'il est vraisemblable effectivement qu'il restera libre, c'est-à-dire qu'il ne sera pas condamné à de la prison ferme, ce qui n'exclut pas qu'il soit déclaré inéligible. Ce n'est d'ailleurs pas trop grave pour quelqu'un qui, à 56 ans, ne s'est jamais présenté à la moindre élection.
Et quelle contradiction de prétendre à l'entrée, devant les caméras, que le débat judiciaire se réduit à deux parties, lui-même et Nicolas Sarkozy, et de tenter, dès le début de l'audience, par une manoeuvre procédurale absurde de rendre irrecevable la constitution de partie civile de celui qu'il désigne comme son seul adversaire dans cette affaire !
J'espère, quant à moi, une issue claire de ce procès qui se réduit d'ailleurs, pour l'essentiel, au fait qu'il paraît établi que M. Imad Lahoud était en liaison constante avec M. Gergorin, lequel rencontrait non moins fréquemment M. Galouzeau. Quant à la motivation, elle transparait tellement dans tout ce qui a été publié sur l'ambition de M. de Villepin d'être élu président de la République qu'il n'est pas surprenant qu'il ait pu imaginer une machination pour l'aider dans cette entreprise.
En réalité, les trois points à éclaircir sont les suivants :
- Comment est-il possible qu'un Premier ministre, ancien élève de l'ENA et diplomate de carrière soit assez incompétent pour imaginer qu'une fable aussi invraisemblable et aussi grossière puisse être gobée non seulement par la presse et par l'opinion publique mais même par des magistrats instructeurs spécialisés ?
- Jacques Chirac a-t-il joué un rôle dans cette affaire ?
- Quel est le rôle exact et la motivation du Général Rondot dont personne ne pourra jamais me convaincre qu'il aurait par négligence laissé trainer des notes compromettantes dans une boîte en carton planquée dans un cagibi de son domicile ou qu'il aurait pu craquer après deux heures de garde à vue ?

Quoi qu'il en soit, il est temps que cette affaire se termine très vite et que la République soit rapidement et définitivement débarrassée de telles méthodes.



Commentaires (2) | Rédigé par Paul Giacobbi le 22/09/2009

Communiqué

18/09/2009
Le quotidien « Le Figaro » a publié ce vendredi une information erronée à propos de laquelle je souhaite apporter les précisions suivantes.
J’ai effectivement été reçu le jeudi 17 septembre 2009 au Palais de l’Elysée par le Président de la République qui, à la veille du G 20, a consulté des personnalités politiques et syndicales ainsi que des personnalités issues du monde économique. Travaillant depuis de longs mois au sein du « Groupe de travail Assemblée nationale Sénat sur la crise financière internationale », c’est dans ce cadre que j’ai eu un entretien qui a porté plus précisément sur la compétitivité et l’attractivité de la France dans le domaine économique.
A aucun moment, il n’a été question d’une éventuelle entrée au Gouvernement, comme le laisse entendre une fois encore « Le Figaro ».
J’ai indiqué, à plusieurs reprises et encore récemment dans l’ensemble des médias locaux, que je n’envisageais pas d’entrer dans le Gouvernement FILLON.
Commentaires (4) | Rédigé par Paul Giacobbi le 18/09/2009

Urnes bourrées, procès-verbaux retenus dans certains bureaux afin de pouvoir les modifier au dernier moment, contestations tous azimuts, ce ne sont pas des histoires corses mais c'est ce qui semble s'être passé en Afghanistan et même dans les coulisses d'un grand parti politique français où tout n'est pas toujours rose.

La Corse a été tellement diffamée dans ce domaine alors même que depuis déjà longtemps les élections y sont beaucoup plus surveillées qu'ailleurs et sont d'autant moins susceptibles de contestation, que l'on me pardonnera, je l'espère, d'ironiser un peu sur la fraude électorale.

La fraude n'est pas inéluctable et je rappelle une fois encore que la plus grande démocratie du monde, l'Inde, vote aux législatives avec des boîtiers électroniques sous l'égide d'un organisme parfaitement indépendant de l'Etat, sous le contrôle des juges, que le dépouillement final de plusieurs centaines de millions de votes, opéré par ordinateur, ne dure que quelques minutes et que lors des dernières élections la coalition vaincue a pratiquement sur l'heure concédé sa défaite et adressé ses félicitations à ses adversaires victorieux.

Il est tout de même choquant que l'on vote électroniquement dans le dernier village de l'Orissa ou du Tamil Nadu même lorsqu'il n'y a pas d'électricité et qu'un grand parti occidental en soit encore à remplir des urnes en carton !



Commentaires (6) | Rédigé par Paul Giacobbi le 17/09/2009
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