Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


   

Bouton démissionne non sans avoir au préalable sécurisé sa retraite en centaines de milliers d'euros par an. Il emporte, selon la formule consacrée, tous nos regrets, c'est-à-dire qu'il ne nous en laisse aucun.

Autant d'incompétence, autant d'inconscience, auraient pu au moins s'accompagner d'un peu de dignité.

Cette démission n'est pas le geste d'un homme digne qui se sacrifie pour protéger sa banque mais le point final d'une très âpre négociation pour tirer le maximum possible dans ces circonstances difficiles en terme d'avantages parfaitement indus, tandis que ce départ précipité coïncide par le plus grand des hasards avec de nouvelles révélations en milliards d'euros sur les errements de la Société Générale.

Tout ceci est écoeurant. Il fallait au contraire faire un exemple avec le cas Bouton, utiliser toutes les voies de droit, tous les harcèlements judiciaires possibles, toutes les mesures conservatoires sur le patrimoine personnel pour rendre difficile et pénible une retraite aussi peu méritée.

Je suis partisan de rémunérations larges des dirigeants d'entreprises, en fonctions de leur succès et à l'aune des responsabilités qu'ils assument.

M. Bouton a été inconscient, incompétent, n'a obtenu que des succès illusoires et entrainé en revanche des pertes bien réelles. Il n'assume aucune responsabilité. Il est inconvenant qu'il bénéficie d'une retraite dorée.

Commentaires (2) | Rédigé par Paul Giacobbi le 29/04/2009

PADDUC du tout !

28/04/2009

Un internaute commentateur me fait remarquer que ce dernier ne comporte aucun article relatif au PADDUC, c'est-à-dire au fameux plan d'aménagement et de développement durable de la Corse.

S'il est vrai que mon blog n'en parle pas, il n'en demeure pas moins que je n'ai cessé d'en parler depuis... une vingtaine d'années !

Pour l'essentiel, je pense que l'actuel PADDUC, même dans sa version révisée, est parti du principe qu'il fallait ouvrir plus de terrains à la constructibilité que la loi, notamment la loi littoral, n'en autorise aujourd'hui et je considère que c'est une erreur profonde.

Il me semble en effet évident qu'avec nos mille kilomètres de côtes et notre très faible population, les possibilités d'extension d'urbanisation, y compris sur le littoral, dans le strict cadre de la loi, sont largement suffisantes pour plusieurs décennies.

Je pense, au contraire, qu'il est indispensable d'augmenter encore considérablement le domaine du conservatoire du littoral en Corse et j'ai depuis plus de dix ans proposé un objectif de 50% du linéaire côtier.

Par ailleurs, il faut bien gérer ces espaces protégés et le Département de la Haute-Corse s'est efforcé d'y contribuer depuis quelques années, en étroite liaison avec le conservatoire du littoral et sous la supervision de mon collègue et ami François Orlandi, succédant à Dominique Cervoni, dans cette tâche.

Cependant, tout n'est pas mauvais dans le PADDUC, loin de là et il est même dommage qu'une très mauvaise orientation au départ ait irrémédiablement compromis toute chance de consensus pour un plan qui a sans doute nécessité beaucoup de travail de bonne qualité.

Le Conseil général de la Haute-Corse a examiné le PADDUC dans le cadre d'un débat constructif où apparaissaient tout à la fois un désaccord profond sur la vision du développement du littoral corse et la reconnaissance de la qualité du travail dans un contexte difficile.

Il apparaît aujourd'hui clairement que le PADDUC doit être repensé en partant de l'idée que la principale richesse de la Corse est son environnement et que c'est autour de la mise en valeur de cette richesse qu'il faut concevoir notre développement.

Ce débat n'est pas une affaire de personne ni même de majorité et il faudra bien dégager un consensus intelligent sur le développement à moyen et long terme de notre île.

Dans ce cadre, les rumeurs et les ragots, les accusations infondées n'ont pas leur place : pour être clair, les lotissements de Camille de Rocca-Serra ont été autorisés depuis bien longtemps dans le respect de la loi littoral, la famille de M. Santini à Calvi n'a aucun besoin de PADDUC pour poursuivre dans le respect de la loi une très importante entreprise de camping, tandis que M. Polvérini et sa famille ont strictement respecté les lois en vigueur en matière de sentiers du littoral et enfin il serait temps d'examiner sans procès d'intention ni malveillance le projet de construction d'une école sur la Marana, à l'initiative de la mairie de Borgo, laquelle contribue depuis pas mal de temps à la protection de l'environnement, soit directement, soit dans le cadre du syndicat de la Marana.

Je le dis et je le répète : les élus de la Corse sont parmi les plus protecteurs de France et il est assez exaspérant de lire de la part de quelques journalistes de la presse parisienne, qui ont leurs habitudes dans de somptueuses villas construites d'ailleurs les pieds dans l'eau de notre littoral, des articles venimeux qui sont au journalisme ce que les procès en sorcellerie furent autrefois pour la recherche scientifique.



Commentaires (3) | Rédigé par Paul Giacobbi le 28/04/2009

Je voudrais remercier les internautes qui ont débattu ici avec perspicacité et finesse à propos de la rumeur me faisant ministre.

Ils posent de vraies questions et leur analyse est exacte même si je redoute qu'ils se fassent de mes capacités une idée exagérément optimiste.

Il n'y a qu'un point qu'ils n'ont pas soulevé et qui me tient à coeur. Etre ministre, c'est accepter une solidarité avec ses pairs, une hiérarchie avec ses supérieurs, restreindre immensément sa liberté de parole, ce qui évidemment risquerait de me poser problème le cas échéant...

Au fond, je tiens beaucoup à la « liberté de blâmer » qui est peut-être en politique le bien le plus précieux.

En tout état de cause, ces commentaires sont de grande qualité et me donneront à méditer jusqu'à la prochaine rumeur...



Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 28/04/2009

Désormais, libérée de toutes contraintes, navigant libre de toutes amarres et sans boussole dans des océans inconnus, se situant délibérément selon le mot de Joseph Stiglitz : « in uncharted territory », la Réserve fédérale américaine explore désormais une sorte d'anti-monde de l'économie et de la finance.

Les brillants économistes de cette institution, en grande partie responsables voire coupables de l'actuelle crise, ont découvert qu'il fallait un taux d'intérêt réel à -5% et augmenter en milliers de milliards de dollars supplémentaires les achats de bons du Trésor américain, d'hypothèques immobilières garanties de Fanny Mae et Freddy Mac et autres créances de magnifique sécurité, à ce taux défiant évidemment toute concurrence.

Jusque-là la Fed s'était contentée d'ouvrir une ligne de crédit de 300 milliards de dollars au Trésor public américain sur trente ans à 0% d'intérêt et comme cette exceptionnelle faillite n'a même pas réussi à enrayer l'inexorable montée des taux des bons du Trésor à long terme des Etats-Unis, voilà qu'il est question de passer à l'étape supérieure : crédit illimité à -5%.

Nous ne sommes donc plus dans le monde réel, ni même dans le monde virtuel mais dans une sorte de monde parallèle, « d'anti-monde » comme on dit dans les concepts de physique moderne et dans les films de science-fiction des années 50 !

Je rappelle cependant que dans notre univers réel les « trous noirs » qui absorbent la matière et qui constituent peut-être les portes mystérieuses de mondes parallèles n'en ont pas moins pour effet d'absorber tout ce qui les entoure et de ne jamais rien régurgiter.

Il me semble que l'étrange association Trésor et Réserve fédérale américaine sont en train de constituer dans notre univers économique et financier un trou noir qui absorbe tout et qui ne rend jamais rien !

(Ceci n'est pas le fruit d'une imagination excessive mais le commentaire d'un article fort sérieux de Krishna Guha, dans le Financial Times du 27/04/2009).



Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 27/04/2009

Depuis plusieurs mois, j'ai indiqué dans ce blog, à rebours des idées reçues, que le remplacement du général Musharraf par M. Zardari était un désastre dont la sécurité du monde ne tarderait pas à payer le prix, tandis qu'il apparaitrait de plus en plus clairement que la stratégie des Etats-Unis dans la zone tribale du Pakistan ressemblait très clairement à celle de Richard Nixon au Cambodge, c'est -à-dire qu'elle aboutirait à étendre le conflit aux pays voisins sans régler le problème de la zone centrale du combat, l'Afghanistan.

Je renvoie l'internaute curieux aux articles précédents de ce blog :

  • Le pays des purs 09/09/2008

  • De la piste Ho Chi Minh à la ligne Durand 16/09/2008

Le général Musharraf était un des meilleurs chefs militaires du monde, il était parfaitement honnête et menait en zone tribale une partie extrêmement difficile mais qui, avec du temps et de la patience, aurait clairement permis d'améliorer la situation stratégique.

Aujourd'hui, les Etats-Unis ont encouragé par tous les moyens l'accession au pouvoir de M. Zardari qui après avoir dans un premier temps semblé accepter la politique d'ailleurs aventureuse de ces derniers, s'est orienté ensuite dans l'aventure folle d'une négociation totalement désordonnée avec les « Talibans », ce qui a conduit la rébellion à moins de cent kilomètres d'Islamabad.

Il n'est évidemment plus question d'encourager un retour de Musharraf au pouvoir puisque ce dernier se consacre désormais à sa famille et notamment ses petits-enfants et à son programme d'entrainement sportif qui le maintient en forme dans une retraite néanmoins active puisqu'il lui arrive de donner son avis y compris en Inde.

Il est également trop tard pour se plaindre, comme l'a fait Madame Clinton l'autre jour, à propos de l'action du gouvernement pakistanais en zone tribale, comme si les Etats-Unis pouvaient se permettre de donner des leçons de stratégie anti-guérilla quand on connaît leurs références dans cette spécialité, du Vietnam à l'Afghanistan.

Nous nous trouvons aujourd'hui face au risque évident que les fanatiques et les terroristes s'emparent du pouvoir au Pakistan, pays équipé de bombes atomiques et de missiles à longue portée.

Il reste aux imbéciles et aux inconscients qui ont tant milité pour l'accession de l'illustre Zardari

à lire les mémoires du général publiées en 2006 : « In the line of fire : a memoir ».





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Commentaires (2) | Rédigé par Paul Giacobbi le 27/04/2009
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