Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


   

Après des mois de travail parlementaire auquel j'ai participé, le gouvernement annonce qu'il va engager une procédure d'extension du plateau continental de Saint-Pierre-et-Miquelon.

Sans entrer dans les détails que l'on trouvera sur mon site (www.paul-giacobbi.org rubrique Ordre du jour), il s'agit de défendre les intérêts de la France et la survie économique de l'archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon et d'obliger le Canada à discuter de bonne foi d'un partage équitable des ressources pétrolières ou halieutiques de cette zone qui permette à Saint-Pierre-et-Miquelon de retrouver une activité économique raisonnable.

La simple annonce de cette initiative a entrainé une réaction du Canada, certes virulente mais qui démontre qu'il n'est pas tout à fait dans son droit tandis que les ministres des affaires étrangères des deux pays vont se rencontrer pour évoquer notamment l'avenir économique de l'archipel français.

Il est très rare que la France veuille défendre ses intérêts et il a fallu une véritable bataille parlementaire pour obliger le ministère des affaires étrangères français à aller dans le sens de l'intérêt national, ce qui n'est que très rarement sa préoccupation. Mais surtout cette initiative a permis à la population de l'archipel de voir satisfaite une de ses revendications : celle d'un développement économique.

Un député est l'élu de la nation toute entière et si je me bats chaque jour pour défendre l'intérêt de la Corse que je représente, je me réjouis d'avoir pu contribuer modestement mais efficacement à l'avenir d'une portion de territoire national qui se situe à 10 000 km de ma circonscription !




Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 31/03/2009

U troppu stroppia

31/03/2009

La rémunération des dirigeants d'entreprise est constituée principalement de bonus, de stock-options, voire d'avantages de retraite qui constituent des gratifications liées exclusivement au succès de l'entreprise et aux profits que la bonne administration de leurs dirigeants a permis de dégager.

Lorsque l'entreprise fait des pertes, lorsque elle est amenée à mendier des fonds publics pour survivre, il devrait aller de soi que les dirigeants n'ont droit à aucune gratification en dehors de leur salaire. On peut même imaginer de réduire leur salaire par raison d'économie comme l'a fait le patron de Citibank aux Etats-Unis qui se contentera en 2009 d'un salaire symbolique de 1 dollar.

Quand on s'est montré totalement incompétent et imprudent comme l'a été M. Bouton à la Société Générale, incapable de contrôler l'activité d'un trader qui a engagé 50 milliards d'euros et en a perdu plus de 5, non seulement on ne doit faire l'objet d'aucune gratification mais encore doit-on être remercié sur le champ sans indemnités et bien heureux que la banque ne vous poursuive pas en dommages et intérêts pour le tort que vous lui avez fait subir et qu'elle ne demande pas au juge, sur la base de la faute lourde de gestion, de se rembourser sur votre patrimoine personnel.

La logique voudrait donc que M. Bouton parte à la retraite sans indemnités particulières et que la Société Générale considère qu'il s'est rendu responsable de fautes lourdes de gestion et s'adresse au juge pour s'assurer de son patrimoine personnel.

Il est temps de considérer en France que les rapports entre les dirigeants et leurs entreprises ne sont pas à sens unique et que s'ils permettent des rémunérations très élevées en cas de succès, ils impliquent une responsabilité totale en cas de faute, cette responsabilité pouvant aller jusqu'à la ruine personnelle totale du responsable.

Quelques bons exemples - et M. Bouton qui est rentré à la Société Générale comme directeur général et sans aucune expérience bancaire préalable en serait un excellent - rendraient plus acceptable et plus compréhensible pour nos concitoyens que l'on serve des salaires et des gratifications élevées à ceux qui réussissent.

Le capitalisme, ce n'est pas « toujours plus », c'est la rémunération du succès, certainement pas la gratification de l'échec ou l'irresponsabilité pour les fautes.

Commentaires (3) | Rédigé par Paul Giacobbi le 31/03/2009

Titanic

30/03/2009

Depuis le début de la crise, la Réserve fédérale américaine a injecté dans l'économie par de la création monétaire sans contrepartie, de l'ordre de deux mille milliards de dollars, tandis que, l'Etat américain a augmenté ses dépenses à peu près du même ordre, de telle sorte que, d'une manière ou d'une autre, les Etats-Unis ont dépensé 4 000 milliards de dollars, soit près de 30% de leur PIB pour sauver leur système financier d'une part et le refinancer d'autre part.

Mais comme il arrive souvent lorsque le capitaine du navire affecté par une voie d'eau importante se contente de faire pomper les cales plutôt que de tenter de colmater la brèche, les efforts pourtant gigantesques qui ont été consentis semblent jusqu'à présent n'avoir eu aucun effet.

Le navire économique semble s'enfoncer lentement tandis que les Etats-Unis continuent à faire financer par le reste du monde les opérations de pompage !

Les chinois rejettent en bloc le privilège du dollar et appellent à la création d'une unité de réserve internationale, qui n'est rien d'autre que la résurgence du Bancor proposé par Keynes en 1946 et qui n'a connu qu'une très modeste concrétisation avec les droits de tirage spéciaux du FMI institués en 1969, développés lors de la conférence de Kingston en 1976.

Les européens quant à eux parlent de réglementer la navigation financière afin de prévenir les risques de nouveau naufrage.

Pour poursuivre notre comparaison, si le navire de l'économie mondiale est dans la situation du Titanic qui vient de rencontrer un iceberg, on peut résumer ainsi les réactions des grands partenaires du G20 :

  • les américains obligent leurs partenaires chinois, arabes et européens à procéder au pompage des cales inondées à leurs frais

  • les européens proposent une nouvelle réglementation complexe de la navigation dans les zones menacées par les icebergs

  • les chinois proposent de bâtir un nouveau navire avec une coque blindée pouvant résister aux chocs avec tous les icebergs !

Mais personne ne propose de colmater la brèche, de rentrer au port à petite vitesse, de faire se cotiser tous les partenaires afin de changer la coque du navire et de la rendre plus solide et de mettre en oeuvre, une fois le sauvetage réalisé et le nouveau navire à flot, un plan de prévention de la divagation des icebergs.

Ainsi le G20 va-t-il proposer d'excellentes solutions pour prévenir de nouveaux drames de la navigation financière internationale et va-t-il débattre de conceptions totalement nouvelles pour cette navigation, reprenant d'ailleurs des propositions d'ailleurs très anciennes mais largement oubliées. Mais pendant ce temps-là le navire va continuer à couler, la quantité d'eau pénétrant par la brèche restant nettement supérieure à celle que nous sommes capables de pomper.

Il ne nous reste plus qu'à faire comme le capitaine et les hommes du Titanic : chanter en choeur pour nous donner du courage tandis que nous sombrons dans la mer glacée de la récession !


Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 30/03/2009

Dans le roman noir et le film policier, il existe toujours un personnage sympathique et naïf qui ne comprend pas grand chose aux personnages « affranchis » qu'il côtoie et qui souvent profitent de lui à un titre ou à un autre pour lui soutirer l'essentiel de son argent.

Mais il arrive parfois aussi, dans la vie comme dans la fiction que « le cave se rebiffe », c'est d'ailleurs le titre d'un merveilleux polar des années 50.

Depuis plusieurs années, la Chine avait pris l'habitude de financer les Etats-Unis d'Amérique en achetant les bons du Trésor américains pour placer ses gigantesques réserves nées de l'accumulation de ses considérables excédents du commerce extérieur.

Ainsi, une grande nation communiste préférait prêter au leader du capitalisme mondial plutôt que de restituer à son propre peuple les fruits de son labeur harassant et ingénieux.

Avec la crise, la Chine a continué, dans un premier temps, et même accentué ses achats de bons du Trésor américain qui atteignent aujourd'hui des milliers de milliards de dollars.

Pourtant la Chine, qui fut un peu le « cave » de l'économie mondiale au cours des dernières années, est en train de se rebiffer.

En premier lieu, le gouvernement chinois a commencer par faire un plan de relance de 500 milliards de dollars consistant donc à hauteur de ce montant colossal – car c'est à peu près vingt fois le plan de relance français – à distribuer de l'activité à son peuple dans le cadre d'un vaste programme d'infrastructures.

Puis, la banque centrale de Chine a commencé à mettre en oeuvre très prudemment un plan consistant à convertir une partie de ses dollars en or.

Enfin, les chinois ont demandé aux Etats-Unis des garanties pour tout l'argent qu'ils ont d'ores et déjà prêté aux Etats-Unis en souscrivant des bons du Trésor.

Tout ceci doit retenir notre attention car, dans la géopolitique comme dans le film policier que j'évoquais plus haut, « quand le cave se rebiffe », il se tire avec la caisse et laisse le reste de la bande sur le carreau et dans la dèche quand ce n'est pas à l'ombre !



Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 18/03/2009

Le rapport de M. Balladur sur la réforme des collectivités locales s'intitule : « Il est temps de décider » mais la lecture du rapport me fait suggérer un autre titre : « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?».

On peut de même se demander pourquoi le rapport Balladur s'est tellement intéressé à la réforme du mille-feuilles des collectivités territoriales en omettant de remarquer que le vrai problème de ce mille-feuilles, c'était qu'il y avait de moins en moins de crème pâtissière entre les couches de pâte feuilletée, c'est-à-dire de moins en moins d'argent !

Ainsi, au lieu de parler de l'indispensable réforme des finances locales qui paraît urgente et indispensable puisque l'on sait que la révision générale des bases fiscales est régulièrement remise à plus tard depuis 1967, tandis que la Constitution de la France, qui prévoit que les recettes fiscales sont une part déterminante des recettes des collectivités, est allègrement violée par une organisation financière par laquelle les ressources fiscales sont marginalisées, le comité Balladur a préféré dire que tout cela était bien compliqué et que cela ne pourrait se faire en tout état de cause que si, préalablement, on réformait les structures des collectivités locales.

Le rapport Balladur comporte un aveu qui fait honneur à la probité de ses membres : « le comité pour la réforme des collectivités locales n'a pas eu à consentir d'effort notable pour se convaincre de la nécessité d'apporter à l'organisation administrative du territoire français des changements décisifs. »

Effectivement, le comité n'a consenti aucun effort pour se convaincre puisqu'il l'était déjà avant même de s'être réuni !

Mais en fait de simplifier, c'est-à-dire de supprimer éventuellement un échelon de collectivité, le comité a préféré prôner une sorte de système à plusieurs étages où les mêmes élus siègeraient à la fois au conseil régional et au conseil général, ce qui maintiendrait toute la complexité du système en l'agrémentant de surcroît d'une confusion qui rendrait à peu près impossible à l'électeur et au citoyen de savoir qui fait quoi et qui est responsable de quoi, tout étant désormais dans tout et réciproquement.

Je ferai pour le comité Balladur comme le président de la République qui a décidé de n'en retenir que l'esprit, c'est-à-dire dans le cas d'espèce, rigoureusement rien.

Je remarque cependant que ces collectivités locales tant décriées en France réalisent 75% de l'investissement public, concrétisent leurs projets d'investissements beaucoup plus rapidement que ne le faisait l'Etat, tandis que nul ne conteste que le RMI soit beaucoup plus sérieusement géré par les départements qu'il ne l'était par l'Etat, que l'entretien et la réalisation des lycées et des collèges se portent infiniment mieux de l'avis des élèves comme des enseignants depuis que la compétence en a été transférée aux départements et aux régions, que le recours à l'emprunt dans les budgets globaux des collectivités locales est proportionnellement quatre à cinq fois moins important que dans le budget de l'Etat.

Les collectivités locales sont loin d'être parfaites en France mais leur réforme indispensable méritait mieux que ce tissu de lieux communs et ces propositions inexploitables qui feront que cette commission et son rapport connaîtront le cycle parfait autrefois décrit par Laurent Fabius : « une commission, un rapport, un tiroir... ».



Commentaires (4) | Rédigé par Paul Giacobbi le 10/03/2009
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