Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


   

La crise économique en France conduit à une véritable décomposition politique, alors qu'elle provoque ailleurs dans tout le monde démocratique des réflexes salutaires de cohésion nationale.


Dans un contexte international où des pays aussi différents que les Etats-Unis, l'Inde ou l'Allemagne tentent de relancer au même moment leurs économies par des moyens assez semblables qui mélangent, au mépris de toute orthodoxie, un keynésianisme primaire et un monétarisme caricatural, il n'est pas surprenant que l'on observe dans les démocraties une tendance à la cohésion politique, au-delà des traditions idéologiques, des oppositions partisanes et des querelles de personnalité.


C'est le cas par exemple aux Etats-Unis où le président Obama amplifiera considérablement des mesures économiques et monétaires déjà largement développées par George Bush, et pour lesquelles ce président républicain a obtenu l'appui indispensable des majorités démocrates de la Chambre des Représentants et du Sénat.


C'est aussi le cas en Allemagne où les discussions extrêmement profondes et vives au sein de la coalition gouvernementale entre chrétiens-démocrates et socialistes n'ont pas empêché deux plans successifs de relance d'être décidés.


A l'inverse, en France, il semble se dessiner, à mesure que la crise développe ses effets, non seulement une radicalisation des rapports entre l'opposition et la majorité, mais encore des dissensions de plus en plus fortes au sein de chacune des formations politiques, de droite comme de gauche.


Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 05/02/2009

Bernard K.O.

05/02/2009

Les révélations du livre de M. Péan n'étonneront ni les organisations humanitaires qui ont dû se séparer de Monsieur K., ni les organisations internationales qui l'ont vu à l'oeuvre, ni les observateurs de la vie publique française.

Le dixième de ce genre de comportement, s'il était rendu public dans n'importe quelle autre démocratie du monde, entrainerait la révocation immédiate de l'intéressé et l'ouverture d'une enquête judiciaire.

Deux personnes viennent d'être écartées du gouvernement de M. Obama parce qu'elles n'avaient pas une situation fiscale personnelle totalement irréprochable, tandis que le mari de Madame Clinton a dû renoncer à une très grande partie des ressources de sa fondation au motif que sa légitime épouse devenait ministre des affaires étrangères.

Au-delà de M. BK, dont il n'y a plus à attendre, sur le ring de notre vie publique, que l'arbitre constate la mise hors de combat, il est hallucinant d'apprendre qu'un fonctionnaire ayant rang d'ambassadeur a pu, en violation de toutes les règles de la fonction publique, exercer de manière concomitante une responsabilité de mandataire social d'une société commerciale et adresser à ce titre, sous sa signature, une relance concernant des impayés pour une prestation manifestement fictive à un Etat étranger sachant que le bénéficiaire principal de ces honoraires est le ministre des affaires étrangères de notre pays.

J'ai écrit, il y a un peu plus d'un an, une tribune dans Le Monde qui évoquait notre diplomatie moribonde. Si dans les jours qui viennent, Monsieur BK n'est pas révoqué, tout le monde comprendra que notre diplomatie est bien morte.

Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 05/02/2009

La presse française s'est faite l'écho d'un communiqué émanant de la société AREVA selon lequel un accord aurait été conclu avec l'autorité nucléaire indienne (NPCIL) en vue de la construction par AREVA d'au moins deux réacteurs EPR dans l'Etat du Maharashstra.

Nos médias nationaux se sont félicités que l'Inde ait « passé commande de réacteurs nucléaires pour un montant d'au moins dix milliards d'euros ».

Après vérification faite auprès du NPCIL, j'ai constaté que le seul engagement pris par cet organisme était d'entrer en discussion pour préparer un contrat relatif à la construction de réacteurs EPR et la fourniture de combustible pour toute leur durée d'exploitation.

Le communiqué officiel de cet organisme précisait que le gouvernement de l'Inde envisageait de construire des réacteurs sur la base d'une coopération technique avec la France, la Fédération de Russie et les Etats-Unis d'Amérique.

Nous sommes donc très éloignés de la conclusion d'un contrat qui supposerait un accord sur l'objet, le prix, les délais, sans même parler des procédures d'autorisation complexes et incertaines s'agissant d'une implantation industrielle en Inde.

Par ailleurs, la situation actuelle des chantiers en cours de réalisation d'EPR qui conduit à une dérive dangereuse des coûts, et des délais, assortis s'agissant de la Finlande de 2,4 milliards d'euros de pénalités de retard, dans un contexte où la société AREVA doit faire face à de considérables besoins de financement pour l'exercice 2009 ainsi qu'à la perspective de voir Siemens nouer de très solides partenariats stratégiques avec de redoutables concurrents, devrait nous inciter à plus de réalisme et de modestie.

Vu de l'Union indienne, où fort heureusement on ne lit guère la presse française, ce genre de médiatisation désordonnée est totalement contreproductif.

Au fil des années, la confusion systématique entre « Memorandum of understanding » et passation de contrat est devenue un travers dommageable pour la crédibilité de notre politique d'exportation et je regrette qu'à force de prendre nos désirs pour des réalités et de confondre perspectives ou potentialités et conclusion de contrat, voire encaissement des bénéfices, on ne finisse, malgré la multiplication de communiqués triomphalistes, par battre tous nos records de déficit commercial.

Je continuerai à observer avec attention la suite qui sera réservée à cette affaire.

Commentaires (1) | Rédigé par Paul Giacobbi le 05/02/2009

Il y a bien longtemps, le miracle de la multiplication des pains, consistant à nourrir quelques centaines de personnes avec deux ou trois modestes quignons, a frappé les esprits et continue à les émerveiller deux mille ans après.

Mais ces jours-ci, ces miracles paraissent dérisoires à côté des performances obtenues par l'Etat fédéral américain et sa banque centrale depuis quelques mois.

A y regarder de plus près, Saint Bernanke s'est clairement inspiré des méthodes miraculeuses décrites par les évangélistes :
- il a su remplir à ras bords des marchés monétaires où il n'existait plus trace de liquidités, ce qui laisse loin derrière le miracle du remplissage des cuves de vin lors d'une fête de mariage où Jésus-Christ se trouvait invité.

- bien plus fort que la résurrection de Lazare, il a fait revivre de nombreuses banques déjà mortes et enterrées...
- en imposant les mains sur quelques centaines de milliards de créances pourries ne valant manifestement plus rien, il leur a donné une nouvelle vigueur au point qu'elles ont permis à la Fed de créer en contrepartie des montants équivalents de beaux billets verts tout neufs.

Il y a encore deux ressemblances frappantes entre nos prophètes modernes de la religion monétaire et le fondateur du christianisme.

Ainsi, nos grands argentiers ne cessent-ils de prophétiser : « heureux les simples en esprit, attachés à croire ce qu'ont annoncé les agences de notation car le paradis de la finance leur est ouvert! ».

La deuxième ressemblance n'est pas encore évidente mais elle risque de le devenir rapidement quand le bon peuple comprendra que les prophéties s'avèrent fausses, que la multiplication effrénée de la monnaie ne permet pas de relancer miraculeusement l'économie, il s'attaquera aux prophètes et exigera même peut-être qu'on les crucifie.

On imagine la scène, Saint Bernanke crucifié sur une place proche de Wall street, entouré dans la même posture inconfortable par deux autres larrons, Bernard Madoff et l'ancien président de Lehmann Brothers !

Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 05/02/2009
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