Blog de Paul Giacobbi - Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse


   

« La décision du gouvernement d'acheter des parts de capital dans de nombreuses banques sans exiger de sièges au conseil d'administration et une influence sur la direction a été contreproductive ».

Si notre amie, Madame Lagarde, lit cette citation, elle l'attribuera immanquablement à un membre irresponsable et incompétent de la gauche française.

Or, cette citation est de M. Guerrera, éditorialiste au Financial Times et s'applique aux Etats-Unis d'Amérique. Incontestablement, le Financial Times n'est pas incompétent en matière financière et quant à ses options politiques et économiques, elles le situent clairement à la droite des plus libéraux de l'UMP.

Le même auteur remarque que les banques américaines se sont dispensées de prêter plus et qu'elles ont utilisé l'argent du contribuable, par exemple pour refinancer leur propre dette et gonfler les profits comme Morgan Stanley ou pour attribuer des milliards de dollars de bonus comme Merryl Lynch.

Aujourd'hui, tout ce qui a été fait en France en faveur des banques était nécessaire, force est de constater qu'il n'y a pas vraiment eu de contrepartie et qu'il aurait probablement été préférable, en France comme aux Etats-Unis, que cette aide soit assortie d'une influence sur le management et de l'attribution de sièges au conseil d'administration.

Par ailleurs, je répète que les économistes anglo-saxons les plus réputés et les très vieux muletiers corses sont au moins d'accord sur un point technique : « quand un âne n'a pas soif, il est impossible de le faire boire ».

C'est, en effet, ce que les économistes disent à propos du crédit : même si on offre du crédit gratuit aux entreprises, elles n'investiront que si elles en ressentent le besoin.

Il y a donc deux raisons pour lesquelles jusqu'à présent les crédits à l'économie stagnent, voire régressent dans le monde entier malgré la mise à disposition du système bancaire d'énormes quantités de liquidités quasi gratuites, c'est parce que les banques utilisent ces moyens pour améliorer leur bilan et leurs résultats et non pour prêter et parce que d'autre part, globalement, l'économie n'est pas demandeuse d'une expansion du crédit.

Le gouvernement vient d'accorder en France cinq milliards d'euros à des banques pour les aider à monter des opérations de financement d'achat d'avions Airbus.

Or, les compagnies aériennes n'achètent pas des avions parce qu'ils sont plus faciles à financer mais parce qu'elles en ont besoin pour transporter plus de passagers.

J'avais dit et écrit en son temps que l'Airbus A380 était un désastre commercial mais aussi industriel, voire technique.

On pourra faire le crédit gratuit pour l'achat de cet avion, cela ne gonflera pas un carnet de commandes particulièrement vide.

« Quand' u sumeru... »

Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 27/01/2009

Nos lignes électriques ne résistent pas à des vents supérieurs à 100km/h. C'est embêtant car, à la moindre tempête, des centaines de milliers d'abonnés se trouvent privés d'électricité. Nous pourrions imaginer que ceci serait la préoccupation principale des dirigeants d'EDF et que, depuis des années, ils auraient consacré l'essentiel de leurs moyens d'investissement à la mise en sécurité de l'ensemble de nos réseaux, ce qui aurait eu le double avantage de sécuriser les usagers tout en permettant d'éviter les pertes économiques considérables qu'entraînent les ruptures durables d'alimentation électrique et, d'autre part, de procurer beaucoup de travail aux entreprises françaises d'électricité et donc de créer des milliers d'emplois.

Mais que voulez-vous, le bonheur et la sécurité des clients, l'emploi en France sont évidemment des sujets qui ne sont pas du niveau de la direction générale d'EDF.

Ces braves gens ont la tête dans les étoiles et préfèrent survoler le monde à la recherche d'investissements excitants comme le récent achat de l'américain Constellation dont le seul intérêt a été, au-delà de très incertaines perspectives de faciliter un jour la construction d'un réacteur EPR français aux Etats-Unis, de procurer à l'homme le plus riche du monde une petite soulte en centaines de millions de dollars.

Continuons comme cela ! Et à force de gaspiller l'argent public dans d'aventureuses politiques d'investissements à l'étranger, qui ont été jusqu'ici totalement désastreuses pour EDF, il ne nous restera plus rien pour entretenir nos réseaux.

Espérons peut-être que ce jour-là la fondation de Bill Gates alimentée par ce dernier ainsi que par la quasi totalité de la fortune de M. Warren Buffet décidera, en sus de ses programmes considérables en faveur de l'Afrique, d'intervenir en France pour permettre une électrification de qualité de nos provinces en manque de courant...





Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 27/01/2009

Il est intéressant de noter que plusieurs des mesures phares du plan de relance proposé par Madame Martine Aubry sont directement calquées sur les plans de relance mis en oeuvre par George Bush et par Gordon Brown.

Ainsi, George Bush avait-il accordé l'an dernier une prime de 300 dollars distribuée pour les foyers fiscaux là où notre première secrétaire prévoit plus généreusement 500 euros.

Gordon Brown a mis en oeuvre une baisse de TVA plus importante que celle que prévoit Martine Aubry. De même que les mesures proposées par le Parti socialiste pour renforcer les possibilités d'intervention des fonds de garantie des prêts bancaires sont explicitement inspirées du Royaume-Uni et que, comme George Bush, Martine Aubry propose un plan pour sauver la filière automobile.

Ajoutons à cela que c'est grâce à Ségolène Royal, dont il a servilement copié les méthodes innovantes de campagne électorale, que Barack Obama a été élu président des Etats-Unis !

Le dialogue transtlantique et transmanche a longtemps été entravé en France par une certaine méfiance notamment sur le plan économique et social, voire sur le plan juridique ou institutionnel vis-à-vis des « anglo-saxons ».

On se réjouira que désormais cette prévention soit levée et que nous nous inspirions réciproquement...

Nous ne doutons pas d'ailleurs que notre Kouchner national saura conseiller utilement et guider les premiers pas de sa consoeur novice dans le métier, Madame Hillary Clinton. Il aura d'ailleurs certainement l'élégance, au nom de la fraternité atlantique, de ne pas facturer ses bons conseils, ce qui sera un geste apprécié et appréciable quant on connaît le niveau des honoraires de BK Consultants !



Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 22/01/2009

Si des tomates avaient été disponibles à portée de main des participants fortunés au forum de Davos en 2008, nul doute que Nouriel Roubini en aurait reçu un certain nombre sur la figure pour avoir osé affirmer, ce qu'il faisait déjà depuis plusieurs années, que cette crise était la plus grave depuis 1929.

L'intervention de George Soros dont le contenu était à peu près identique n'avait pas suscité de réactions aussi violentes ou aussi méprisantes car il est un peu plus difficile aux participants fortunés de Davos de moquer quelqu'un qui a accumulé pas mal de milliards de dollars que de conspuer un sympathique professeur d'économie que son université rémunère moins de 150 000 dollars par an...

Vraisemblablement cette année, les participants à Davos voudront sans doute, si George Soros et Nouriel Roubini interviennent, se saisir des éléments de la délicate composition florale pour la mettre aux pieds de ces orateurs.

Mais les tomates pourraient encore servir si un impudent s'avisait à Davos de demander comment est-ce que l'on financera les milliers de milliards de dollars que les Etats empruntent pour relancer l'économie, ou si ces plans de relance auront un quelconque impact sur la croissance ou enfin si toute cette folie ne consiste pas pour réparer les dégâts dûs à l'éclatement de la bulle précédente à en gonfler une encore plus grosse dont l'éclatement aura des conséquences encore plus funestes.

Il en est de Davos comme de la réflexion stratégique dans les état-majors militaires les plus éclairés : elle est toujours en retard d'une guerre !

Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 22/01/2009

Au début de l'année 2008, je disais à l'Assemblée nationale que ce serait miracle si la France avait une croissance de 1% en 2009. Effectivement, le miracle ne s'est pas produit puisque la croissance 2009 de la France sera, au mieux, de 0,8%.

En fin d'année 2008, je disais qu'en 2009 l'économie française marquerait un recul d'environ 1% dans le meilleur des cas. L'Union européenne parle maintenant de -1,9%. J'ai été une fois de plus beaucoup trop optimiste. Le problème est que mes estimations très optimistes sont considérées comme excessivement pessimistes par la plupart de mes collègues et surtout par le gouvernement !

Je suis optimiste mais je me soigne, le gouvernement et beaucoup de mes collègues sont infiniment plus optimistes que moi et je crains que s'ils ne se soignent pas leur pathologie va encore s'aggraver !

Commentaires (0) | Rédigé par Paul Giacobbi le 21/01/2009
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