Une rupture salutaire



Le voyage du Président de la République en Corse marque à l'évidence une rupture salutaire avec la politique suivie au cours des deux ou trois dernières années notamment... par le ministre de l'Intérieur de l'époque.

A plusieurs reprises, j'avais dénoncé à l'Assemblée nationale le fait que le gouvernement niait l'évidence d'une situation de violence inacceptable en Corse. Et si, à l'époque, le ministre de l'Intérieur répondait avec agacement qu'il n'y avait plus de violence en Corse, il est à la fois méritoire et utile qu'il reconnaisse aujourd'hui que la situation est préoccupante et que les victimes des violences méritent de la considération.

Il est aussi heureux que le chef de l'Etat s'engage à tenir la promesse déjà ancienne du rapprochement des prisonniers originaires de l'île, c'est-à-dire s'engage à traiter ceux-ci de la même manière qu'on le fait dans toutes les autres régions de France. De même, je suis heureux de constater que le Président de la République charge le Garde des Sceaux de mettre en place une politique judiciaire tendant à saisir les juridictions locales plutôt que de dépayser systématiquement les affaires concernant la Corse.

Dans un autre domaine, celui de l'identité, il est clair que le langage du Président de la République est en rupture totale avec celui du précédent gouvernement. Il n'y a plus de tabou et l'on peut espérer que la France finira par ratifier, comme tous les pays du continent européen, à l'exception de la Turquie, la Charte européenne des langues régionales et minoritaires.

On peut être plus sceptique, dans un contexte budgétaire très difficile pour l'Etat et compte tenu de la situation financière catastrophique de la CTC sur l'évolution du PEI. Mais on ne peut pas douter de la claire volonté de reprendre ce programme sur des bases saines et réalistes et la nomination comme préfet de Corse d'un ingénieur général des Ponts et Chaussées, ancien directeur des routes au ministère de l'Equipement va évidemment dans le bon sens.

Lorsque je compare les termes de la lettre que j'ai adressée le 22 mai 2007 au chef de l'Etat et ceux qu'il a employés tout au long de son déplacement en Corse, j'ai évidemment le sentiment d'avoir été lu avec attention et d'avoir été suivi sur bien des points.

Il faudra beaucoup de temps, beaucoup de détermination pour mener à bien un programme sérieux de redressement de la Corse. Il y a des questions essentielles, et en particulier celle de la spéculation foncière, qui n'ont pas été abordées.

Cependant, ce premier déplacement marque une rupture et une rupture salutaire.

Ne faisant pas partie des courtisans empressés et n'ayant rigoureusement rien à attendre, je suis d'autant moins gêné à dire publiquement ma satisfaction et mon espérance que l'Etat continue dans cette voie pour la Corse.

Jeudi 30 Août 2007

Paul Giacobbi - Photo officielle
Edito
de Paul Giacobbi
Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse

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