Réponse publiée au JO le : 18/11/2002 page : 4274
La menace que constituent les armes de destruction massive est une préoccupation constante des autorités françaises. Dans son discours de clôture de la conférence des ambassadeurs, en août dernier, le Président de la République a souligné le danger que représentaient ces armes et annoncé que la France traiterait avec la plus grande attention ce sujet, tant au sein de l'Union européenne que dans le cadre du conseil de sécurité. Comme cela a été rappelé lors des récents débats parlementaires, l'action du gouvernement français concernant l'Irak a pour objectif prioritaire l'élimination de tous les armements prohibés et de tous les programmes qui leur sont liés, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité. Dans le passé, ce pays a violé ses engagements internationaux, en fabriquant ou en cherchant à mettre au point des armes de destruction massive. Il a en outre utilisé ces armes contre sa propre population et contre un pays voisin. Les inspections conduites sous l'égide du Conseil de sécurité entre 1991 et 1998 ont permis de mettre au jour un certain nombre de programmes, y compris ceux que l'Irak a cherché à poursuivre clandestinement après 1991. Elles ont permis de détruire une quantité importante de matériaux et d'engins, davantage que l'action militaire de l'opération « Tempête du désert ».
La commission d'experts établie par le Conseil de sécurité et connue sous le nom de « panel Amorim » a conclu en mars 1999 que « la majeure partie des programmes irakiens relatifs aux armes interdites [avait] été éliminée ». Cependant, les travaux des inspecteurs ont été interrompus en décembre 1998 en raison du départ de ces derniers, puis du refus des autorités irakiennes d'autoriser leur retour, laissant ouvertes un certain nombre de questions.
Tout indique aujourd'hui que, depuis près de quatre ans, en l'absence des inspecteurs internationaux, ce pays a poursuivi des programmes d'armement prohibés, qu'il dispose d'une capacité chimique et biologique et qu'il semble avoir pris des initiatives pour se doter d'un armement nucléaire. Dans la situation actuelle, nous ne disposons d'aucune certitude, même si nous avons naturellement des indices, ainsi que l'avait déclaré le Président de la République alors qu'il était interrogé sur le rapport publié par les autorités britanniques. C'est pourquoi l'objectif de la France est que les inspecteurs puissent retourner rapidement en Irak et y travailler sans entrave. Tel est précisément l'objet du projet de résolution en cours de discussion au sein du Conseil de sécurité des Nations unies.