RCFM, 16/10/09 7h45 - L'invité de la rédaction Paul Giacobbi



Patrick Vinciguerra : Au lendemain de la réunion des formations de gauche, on a eu plusieurs lectures différentes. Simon Renucci a affirmé que tout espoir d'union autour de la gauche n'était pas perdu, nous journaliste n'avons pas eu cette impression mais plutôt une situation de crispation. Émile Zuccarelli dit que cette réunion a été un succès puisque tout le monde a réussi à se mettre d'accord pour une alliance mais au second tour. Et vous quelle est votre analyse ?

Paul Giacobbi : Mon analyse c'est qu'il faut quand même que les hommes politiques soient responsables, à partir du moment où ils font des sottises et des choses lamentables il faut quand même reconnaître. Cette réunion n'est par un échec c'est un désastre. Tout le monde l'a ressenti, et plus on dit que cela ne va pas si mal, plus on va se rendre compte que c'était lamentable. Qu'est-ce qui s'est passé ? Il s'est passé qu’un certain nombre de personnes était pour l'union, c'était mon cas depuis d'ailleurs longtemps, je l'avais revendiqué au sein même du parti depuis très longtemps et que d'autres y étaient farouchement opposés, sans doute depuis très longtemps aussi. Alors autant le dire franchement. Et puis tant qu'à faire autant dire les choses de manière claire et dire qu'on ne peut pas gagner. On ne veut pas d'alternative et on veut rester en l'état et puis après tout pourquoi pas mais autant être honnête vis-à-vis des électeurs.

Patrick Vinciguerra : Alors pourquoi et sur quoi cela bloque ?

Paul Giacobbi : Franchement je ne sais pas. Ce n'est même pas une question de parti parce que si je prends par exemple les gens du parti radical, il ne s'est jamais réuni, il n'y a jamais eu de réunion publique, ni privée mise à part quelques conciliabules. Il n'y a jamais eu de réunion formelle des fédérations. Parce que c'est embêtant de réunir la fédération de la Haute-Corse et celle de la Corse du sud parce que leur avis n'est pas forcément celui de la désunion. Et puis si l'on va au fond des choses et que l'on réunit véritablement, au-delà des cartes qui sont distribuées avec une certaine parcimonie, c'est le moins qu'on puisse dire, les gens qui sont réellement radicaux ils sont majoritairement pour l'union. Je n'ai aucune explication convenable. On fait état de querelles de personnes je ne crois pas franchement on est assez grand pour ne pas avoir de querelles de personnes on a dit beaucoup de bêtises là-dessus. Je crois que c'est ce que l'on doit appeler de l'entêtement à l'état pur.


Patrick Vinciguerra: Alors Émile Zuccarelli dit, on n'a pas fait d'accord au premier tour mais on est d'accord pour établir le socle d'un accord au second tour. Vous croyez que la gauche si elle part diviser au premier et en capacité de recoller les morceaux au second ?

Paul Giacobbi : Je vais dire les choses très simplement, en substance, on essaye de nous dire, nous nous aimons, nous allons avoir des enfants ensemble cela va être très fructueux et on commence par divorcer, cela ne va pas. Comment voulez-vous faire un programme unique, se mettre d'accord sur tout et dire que l'on va fusionner quand on commence par être divergent au premier tour. Comment voulez-vous systématiquement avec les traces que cela laisse, comment voulez-vous prétendre que l'on formera ensemble une sorte de gouvernement régional mais en attendant, on ne peut pas mélanger les uns avec les autres. C'est relativement absurde, cela n'a pas de sens. D'ailleurs le peuple ne comprend pas. Si dans les gens que je rencontre quelqu'un m'explique qu'il est logique de faire comme cela, il faut me le montrer. Je n'en ai pas encore rencontré.

Patrick Vinciguerra : Avez-vous peur de vivre un scénario, un remake de 2004, une gauche majoritaire mais une gauche qui perd en définitive ?

Paul Giacobbi : D'abord je n'ai peur de rien. Ce n'est pas pour moi que je crains quoi que ce soit, après tout dans la vie il y a bien d'autres choses et je continue au Conseil Général avec mes collègues et dans mon action de député et dans bien d'autres choses parce que je travaille sur beaucoup de sujets nationaux. J’ai de quoi m'occuper mais j'ai peur pour la Corse parce qu'on est en train d'organiser le ratage d'une occasion. Mais c'est vrai que si c'était pour gouverner de cette manière-là cela n'était peut-être pas très bon.

Patrick Vinciguerra: Est-ce que vous êtes prêts à conduire une liste seul enfin je veux dire avec vos amis mais sans Émile Zuccarelli ?

Paul Giacobbi : D'abord, seul en ce qui me concerne cela fait énormément de monde, parce que ce petit monde parle beaucoup et se targue, mais seul me concernant cela fait déjà beaucoup de monde et s'agissant de cette fois-ci cela aurait fait encore plus de monde que la dernière fois. Je n'en sais rien, je veux bien encore laisser un peu de chance à l'union, à l'espoir et à la raison et c'est pour ça que si je suis un peu désagréable ce matin j'essaye quand même d’être raisonnable. Après tout, face à la volonté virulente de l'opinion publique, de ce que l'on entend dans la rue, peut-être qu'il y aura des évolutions. Mais comme il ne semble pas y en avoir pour le moment, je rassemblerai mes amis et encore une fois cela représente beaucoup de monde et une influence considérable et très humblement je leur demanderai ce qu'il convient de faire. Je n'ai aucun a priori, j'ai une force morale dans cette affaire chacun sait que j'ai privilégié la Corse et que j'ai résisté à beaucoup de tentations avec une certaine tranquillité d'esprit. Je ne dis pas que cela me donne plus de légitimité que d'autres mais cela me permet d'être moralement fort.

Vendredi 16 Octobre 2009

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