M. Paul Giacobbi - Suite aux événements récemment survenus dans le transport aérien français, je m'interroge sur la conception qu'a le Gouvernement d'une concurrence organisée et loyale dans le service public. Les dettes sociales, fiscales et parafiscales d'Air Lib avaient atteint 120 millions d'euros, auxquels s'ajoute un prêt du FDES - non remboursé - de 30 millions d'euros, alors même que certains transferts d'actifs revêtent un caractère suspect.
Mais Air Lib n'est pas seule en cause. Les pouvoirs publics ont déjà accordé à Air Littoral un moratoire de ses dettes fiscales et sociales, tandis qu'un prêt-relais du FDES est en cours d'instruction, s'ajoutant à un important soutien financier des collectivités locales concernées. Le prêt-relais est fondé sur l'espoir qu'Air Littoral récupérera sa créance sur Swissair, ce qui n'a guère de chance de se produire avant que la Vierge Marie distribue des beignets frits sur la place de Bastia ! (Sourires)
En outre, les compagnies à bas coûts négocient avec les collectivités locales et les chambres de commerce la réduction des taxes aéroportuaires et l'octroi de subventions indirectes, ce qui nuit à l'exercice d'une concurrence loyale dans le transport aérien, et a un impact d'autant plus grave sur les compagnies à jour de leurs dettes que le contexte économique est particulièrement difficile dans ce secteur, et ne va pas s'arranger lorsqu'il y aura la guerre en Irak.
Ces pratiques, peu loyales au demeurant, déstabilisent le service public du transport aérien. Ainsi, la Corse est desservie par deux compagnies : Air France et une société d'économie mixte dont la majorité du capital appartient à la collectivité territoriale de Corse. Ces compagnies, qui paient normalement leurs charges sociales et fiscales, ainsi que les taxes aéroportuaires, n'ont pu bénéficier de contributions financières dans le cadre du mécanisme de continuité territoriale, qu'à la suite d'un appel d'offres où le principe d'égalité était respecté. Serait-il acceptable de traiter à égalité celles qui n'acquittent pas leurs charges ? Je suis favorable à la concurrence à condition qu'elle soit loyale, organisée, et à même d'offrir à l'usager le meilleur service pour le meilleur prix. Que comptez-vous faire pour assurer l'égalité entre les entreprises ?