Quand la France retrouvera-t-elle un peu de dignité ?

Bulletin du PRG, n°513, 14 avril 2008



Objet de toutes les manipulations médiatiques, des récupérations partisanes les plus indécentes, Madame Betencourt se meurt retenue prisonnière au fin fond de la forêt colombienne par d'abjects trafiquants de drogue appelés les FARC.
Bossuet a dit un jour : « Madame se meurt ».
Malheureusement, la phrase complète est : « Madame se meurt, Madame est morte ».
A défaut de pouvoir sauver Madame Betencourt, les gouvernements s'efforcent, de l'invraissemblance au grotesque mais toujours avec un cynisme absolu, de se prémunir contre toute accusation a posteriori de n'en avoir pas fait assez.
Ainsi le gouvernement colombien prétend-il accepter aujourd'hui ce qu'il n'a jamais accepté s'agissant des FARC et ce d'ailleurs qu'aucun gouvernement digne de ce nom ne pourrait accepter : la libération de criminels avérés en échange d'otages scandaleusement détenus. Quant au gouvernement français, il propose d'accueillir des militants des FARC en France, au moment même où il prétend s'inquiéter de l'augmentation alarmante de la consommation de cocaïne dans notre pays : ce qui correspondrait alors que l'on se plaint d'une excessive mortalité dans un poulailler d'y introduire quelques renards !
Mieux encore, ce gouvernement qui nous parle de gestion sérieuse de nos finances mobilise des avions Falcon 900 de Paris en Guyane ou à Bogota pour attendre Madame Betencourt alors même que l'on sait la totale inutilité de ce geste. Voici que l'on vient de jeter par dessus l'Atlantique des centaines de milliers d'euros de transport uniquement pour gesticuler et manipuler.
La France a perdu toute grandeur, quand retrouvera-t-elle un peu de dignité?

Sur un autre sujet international, la France offre un triste spectacle : la décision d'envoyer des renforts en Afghanistan est présentée à Londres par Nicolas Sarkozy !
Contrairement à ce qu'a dit la presse, le président de la République s'est adressé à tout le Parlement britannique, c'est-à-dire à la fois aux Lords et aux députés.
Ce Parlement, dont plus de la moitié des membres est nommée à vie par le gouvernement et quelques uns sont encore Lords à titre héréditaire représente donc aux yeux de notre président une légitimité infiniment supérieure à celle du pauvre Parlement français qui semble n'avoir plus aujourd'hui qu'une des fonctions des anciens Parlements de France : celle de chambre d'enregistrement !
Devant les nobles Lords et les sympathiques députés britanniques, l'exécutif français a bien voulu expliquer les raisons et les modalités de notre intervention en Afghanistan.
Le 1er avril, nous avons assisté à l'Assemblée nationale à une intervention plutôt brillante de Monsieur Fillon qui consistait en substance à faire à l'opposition un procès d'intention, celui de ne pas vouloir combattre le terrorisme, tandis qu'il ne daignait même pas préciser le nombre des soldats français qui seront affectés en renfort en Afghanistan, le coût de l'opération pour nos finances publiques, sous quel commandement direct ils seraient placés, et dans quelle zone et dans quelles missions ils seraient affectés.
Cependant, ce serait injuste que de prétendre que le député français n'est pas informé : il lui suffit de lire la presse britannique pour connaître sur ce point l'exacte pensée du président de la République et le communiqué officiel de la réunion de l'OTAN à Bucarest pour apprendre tous les détails sur les forces supplémentaires en Afghanistan.
Il est vraiment dommage que la Corse soit restée si peu de temps britannique, si l'en était allé autrement de l'Histoire, je siègerais peut-être aujourd'hui à Westminster et je pourrais ainsi bénéficier de la primeur des informations que l'exécutif français réserve au Parlement... britannique !

Vendredi 25 Avril 2008

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