Pourquoi pas un référendum sur la Corse

On pourrait proposer un référendum consultatif sur l'accord de Matignon

Au lendemain de la rentrée de l'Assemblée territoriale, M. Giacobbi critique les positions de la droite, sujettes à "des variations saisonnières". Il s'oppose vivement à l'idée d'une dissolution de l'Assemblée corse et propose de différer les applications de la loi littoral, afin de mieux protéger les côtes de l'île.



on ne vous a pas entendu à propos de l'assassinat de françois santoni. pourquoi ?

J'ai l'habitude de commenter des événements dont je connais le caractère politique.

Lundi, à l'Assemblée de Corse, José Rossi a lancé un "appel" à Jacques Chirac pour qu'il apporte sa propre "contribution" au processus de Matignon. Vous attendez la parole du président de la République ?

Cela dépend. Je ne sais pas quel Jacques Chirac va parler. Sur ce sujet, la droite, à l'exception de plusieurs hommes d'Etat comme Edouard Balladur, est sujette, semble-t-il, à des variations saisonnières. C'est le cas de Nicolas Sarkozy, qui réclame aujourd'hui, brusquement, la "suspension" du processus de Matignon, alors qu'il l'avait soutenu. Aujourd'hui, M. Juppé est favorable à l'autonomie. A-t-il l'intention d'en parler aux Corses, ou cela vient-il d'une nouvelle conversation secrète ? Il est sans doute prudent que le président de la République continue à se taire, sauf à avoir un discours cohérent, que nous serions alors prêts à soutenir, tel, par exemple, le discours de Rennes sur la décentralisation en 1998, où il disait qu'il ne fallait pas confondre unité et uniformité.


Emile Zuccarelli, maire de Bastia, votre collègue du groupe radical de gauche, et le RPR Roland Franscici ont réclamé la dissolution de l'Assemblée de Corse

Mais qu'on arrête de dire n'importe quoi ! La loi ne permet pas de dissoudre l'Assemblée de Corse ou tout autre conseil régional, général ou municipal pour des motifs d'opportunité politique. Tout à coup, ceux qui l'avaient félicitée, le 10 mars 2000, pour sa sagesse, lorsqu'elle avait refusé une motion proposant l'autonomie de la Corse, demandent aujourd'hui sa dissolution. Qu'est-ce que c'est que cette appréciation à géométrie variable ?


Lionel Jospin a de nouveau fermé la porte à toute consultation des Corses, au motif qu'elle serait inconstitutionnelle. Vous, vous la réclamez, comme la majorité des élus de l'Assemblée de Corse, qui ont déposé une motion.

Vivement un référendum sur la Corse ! Pourquoi serait-il inconstitutionnel, alors que Mayotte en a bénéficié l'an dernier ? Le débat constitutionnel est très ouvert, sur le plan technique. On pourrait proposer un référendum consultatif sur un texte qui serait celui des accords de Matignon.


Souhaitez-vous une amnistie au terme de la seconde phase du processus, en 2004 ?

En France, on a amnistié après la Commune de Paris, les trahisons de la guerre de 1914, les événements de la guerre d'Algérie et ceux de la Nouvelle-Calédonie, mais on a pris son temps. On a attendu que le temps ait apaisé les passions et que la paix soit revenue. Je n'imagine pas en revanche que les assassins d'un homme irréprochable tel que l'était Claude Erignac puissent être blanchis.


Une majorité des élus semble prête, comme le ministre de l'intérieur, Daniel Vaillant, à abandonner l'article 12 du projet de loi sur la Corse, qui propose des aménagements à la loi littoral (Le Monde du 4 septembre). Vous aussi ?

La loi littoral est inadaptée à la Corse, mais il est tout à fait raisonnable de différer ces adaptations indispensables de quelques années. Celles-ci pourraient être mises à profit pour compléter les protections dont fait l'objet le littoral corse. On oublie en effet qu'il est le plus protégé de France par les classements ou les acquisitions de l'Etat et des collectivités.

Mais je trouve extrêmement injustes les procès faits à la Corse en ce domaine. Les Corses ont mieux protégé leurs côtes que tout autre en France, et peut-être que beaucoup dans le monde. Il est donc paradoxal que des élus protecteurs et inventifs, en ce domaine, soient montrés du doigt par des députés bretons ou varois qui ont bradé les leurs. Nous n'avons pas vraiment de leçons à recevoir de ces élus continentaux qui ne connaissent de la Corse que les villas construites sur la bande de cent mètres où ils passent parfois leurs vacances. Mais, s'il faut donner des gages et les rassurer, nous sommes prêts, une nouvelle fois, à montrer l'exemple."



Vendredi 29 Novembre 2002

Les dernières revues de presse

Le Député du Jour - 03/04/2009

Diplomatie moribonde - 12/09/2007