Paul Giacobbi sur I-TELEVISION

Vendredi 28 mars 2003
Emission I-POLITIQUE présentée par Pascal Mizrahi



Diplomatie française

Ce que je déplore, c’est qu’en jouant le camp de la paix, la France a favorisé, d’une certaine manière, cette guerre, en annihilant la pression militaire, la laissant la porte ouverte dans laquelle Saddam Hussein pouvait ne pas désarmer. Nous nous trouvons dans une situation terrible.
Notre diplomatie a été gravement incohérente. Elle a dit une chose et son contraire. Il aurait fallu être beaucoup plus mesuré tout en s’opposant et en faisant tout pour éviter la guerre. Nous avons renversé nos alliances. Nous nous retrouvons maintenant dans un camp de la paix main dans la main avec le bourreau de la Tchétchénie, l’auteur du génocide tchétchène, et ceux qui ont fusillé sur la place Tien Anmen et qui continuent à mener le régime chinois.
C’est un camp de la paix qui ne me paraît pas très convaincant.
Avant de renverser ces alliances pour ce camp de la paix là, il aurait fallu être un peu plus circonspect.

Résistance irakienne

Il y a de la résistance. On nous dit que c’est le peuple. En fait, c’est une bande de 100 à 200 000 membres du parti Baas qui sont exactement l’équivalent du parti nazi dont ils s’inspirent très directement.

De Villepin

Je ne comprends pas l’incapacité à répondre de Dominique de Villepin. Je ne comprends pas que le ministre des affaires étrangères déclare dans le même temps que le veto serait « un coup de poignard dans le dos ».
Je ne comprends pas que l’on minimise les armes chimiques et que l’on envoie des unités spécialisées dans la décontamination. On aura bonne mine lorsque les troupes de Saddam Hussein vont tirer à l’arme chimique.
Et ces Skuds qui sont tirés vers le Koweit, d’où viennent-ils ? Je croyais dans le rapport qu’il n’y en avait pas .
Dans tout cela, on a commis des fautes.
Est-ce que la ministre française de la Défense partageait réellement l’analyse du gouvernement, du ministre des affaires étrangères sur la réalité de l’armement irakien ?
Est-ce qu’ils considéraient que Colin Powell disait n’importe quoi ?

Débat dans la classe politique

En France, vous n’avez pas l’ombre d’une information pour les parlementaires. Il y a beaucoup d’hommes politiques français qui n’osent pas parler dans tous les partis, qui partagent ce sentiment d’inquiétude et de peur et qui critiquent la position française.
Il y a une espèce de chape de plomb. Personne n’ose parler parce que lorsque l’on parle, on dit : vous êtes pour la guerre. C’est une manière de présenter les choses qui est tout à fait coupable.

Dérives antisémites

Je suis très choqué par un certain discours que l’on entend aujourd’hui. Au fond, on nous dit, mot à mot, ce que disait radio Vichy en 1944, c’est-à-dire : les Anglais et les Américains, alliés aux Juifs, bombardent des innocents.
Il y a un vocabulaire, y compris de la part de responsables politiques, qui est extrêmement grave, qui parle de l’alliance anglo-saxonne et d’Israël en des termes qui sont parfois haineux, méprisant, antisémites et j’en suis profondément choqué.

Mercredi 2 Avril 2003

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