Paul Giacobbi souhaite le doublement des espaces protégés en Corse

Le conseil général de Haute-Corse et l'AGENC ont présenté hier à Bastia un plan ambitieux de préservation des rivages insulaires en marge de la « loi littoral »



« Beaucoup parlent de l'article 12 du projet de loi sur la Corse, notamment ceux qui ne l'ont pas lu... La « loi littoral » est inadaptée et inapplicable en Corse. Au-delà d'un débat surréaliste, il faut prendre des garanties. Même votée, ses conséquences juridiques n'interviendraient pas avant plusieurs années, il faut mettre ce temps à profit... » Ou pour résumer en quelques mots les propos du président de Paul Giacobbi : « mieux vaut prévenir que guérir... » Forts de ce constat le président du conseil général de Haute-Corse et l'Assocation de gestion des espaces naturels corses (Agenc) en la personne de Dominique Cervoni ont, d'une même voix, dévoilé hier un projet pour faire du littoral insulaire l'un des plus protégés, sinon le plus, en Europe.


« Cela exige des mesures fortes et moins aléatoires qu'un simple cadre réglementaire dont on connait trop les limites. Nos propositions vont dans ce sens et le futur PEI (Plan exceptionnel d'investissement) offre l'opportunité de mettre les moyens financiers en adéquation avec des objectifs ambitieux. »

Multiplier par deux le territoire protégé

Ces ambitions dont une copie a été soumise au ministère de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement sont en parfaite adéquation avec le rapport sur la refondation du conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres remis à Lionel Jospin le 21 juillet dernier par Louis Le Pensec. Découpé en trois volets indissociables, le projet met en point d'orgue « l'accélération du rythme des acquisitions si l'on ne veut pas compromettre irrémédiablement le fragile équilibre de l'aménagement du littoral insulaire. »


Une volonté qui s'affiche en chiffres : « il faut doubler la proportion des espaces protégés. Le débat pourra alors être envisagé de façon plus sereine. L'acquisition de tous les espaces remarquables de la Corse est la clef de la stratégie. » Une stratégie qui requiert des fonds : 300 MF soit plus de 200 MF de crédits supplémentaires qui seraient absorbés par le PEI sur dix ans. « Cela représente moins de 3 %. C'est vraiment très peu pour régler un problème essentiel. »

Revaloriser pour dynamiser

Très bien diront certains mais que deviennent ces espaces ? Le deuxième volet du projet prend le relais : « les espaces dont le Conservatoire se rend propriétaire doivent être gérés intelligemment pour devenir de véritables moteurs de l'économie insulaire. Il y a bien sur le potentiel touristique, mais aussi des activités agricoles, pastorales ou forestières... Il ne faut pas qu'ils restent figés. »


Et si ce projet apparait « des plus réalistes » à Paul Giacobbi. c'est que lui comme Dominique Cervoni ont bien sur anticipé les contraintes qu'il requiert.


« II faut créer un établissement public des rivages qui mette en jeu tous les partenaires locaux. Il y a bien le Conseil des rivages, mais il n'est pas assez puissant. Le Conservatoire n'a aucune délégation locale en Corse, l'AGENC assure ici l'ensemble des missions... Il conviendra de trouver la formule juridique et administrative qui siéra le mieux à un dispositif qui s'impose. » Sur le papier, le projet parait bel et bien pouvoir « tenir la côte. » Paul Giacobbi est en tout cas confiant : « Bétonner toute la côte corse n'est l'intention de personne, je l'imagine ou en tout cas je l'espère. Mais en protégeant définitivement la moitié du littoral, les chances d'éviter un massacre seraient aussi multipliées. »

Vendredi 29 Novembre 2002

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