Paul Giacobbi interroge le gouvernement sur la crise, née en même que la législature.

mercredi 8 février 2012



Monsieur le Premier ministre,

Il y a deux ans, je vous disais ici que la crise des Trésors publics, dont la Grèce n'était que le signe précurseur, allait prolonger de plusieurs années celle de l'Europe.
Je m'étonnais aussi de ce que l'Europe, à travers son union, ou à travers la zone euro, ou dans le cadre de la BCE, soit tellement réticente à aider les pays en difficulté ou subordonne son aide à des exigences draconiennes alors qu'elle allouait des sommes beaucoup plus importantes et sans contrepartie aux banques
Nous en sommes toujours au même point. On exige tout de la Grèce, on ne lui prête rien sans d'immenses contreparties, et l'Allemagne s'est même autorisée à parler de tutelle.
Tandis que pour les banques européennes, la BCE s'apprête à allouer mille milliards d'euros de concours à la date du 28 février, faisant suite à une première tranche de 489 milliards sans demander de réforme structurelle, ni même un contrôle de rémunération de leurs dirigeants. Pourquoi est-il si facile d'allouer aux banques des milliers de milliards d'euros sans contrepartie et si difficile de sauver un peuple aux abois ?
Les quelques cent milliards d'euros de besoins en fonds propres d'une banque immobilière bavaroise méritent-ils plus de solidarité que les cent trente milliards d'euros, qui permettraient à la Grèce d'éviter la banqueroute ?
La Grèce n'est pas le seul homme malade de la zone euro.
Le besoin de financement du budget de notre Etat pour 2012 se monte à 178 milliards d'euros, en diminution par rapport aux trois dernières années, mais le double de ce qu'il était en 2001 et en augmentation de plus de 70% par rapport à 2007.
La détente toute relative sur les taux d'intérêt de nos emprunts publics n'est pas due à un renouveau de la confiance des marchés mais à l'inondation de liquidités en provenance de la BCE au profit des banques et à ses interventions massives sur les marchés secondaires.
La crise est apparue aux Etats-Unis à l'été 2007, au moment d'ailleurs où commençait notre législature.
La France a traversé la crise en s'alourdissant de 500 milliards d'euros de dettes, en voyant son commerce extérieur s'effondrer, son chômage exploser, sa croissance anéantie.
Vous nous avez dit en 2007 que la France ne serait pas affectée par la crise américaine, en 2008 que le risque financier systémique était derrière nous, en 2010 que la Grèce était l'exception d'une zone euro solide et solidaire, qu'allez-vous nous dire aujourd'hui ?

Mercredi 8 Février 2012

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PADDUC - 18/11/2011