Paul Giacobbi écrit au Président de la République

Lettre adressée le 22 mai 2007



Monsieur le Président de la République,


Vous êtes aujourd’hui le Président de tous les Français. Vous avez récemment rappelé que la Corse est une partie intégrante de la République et chacun connaît votre attachement à notre île.
Les difficultés actuelles de la Corse que vous connaissez bien appelleront sans aucun doute de votre part une attention particulière et il appartient à chacun de contribuer à votre information et de vous proposer les mesures qui pourraient s’intégrer à la charte que vous allez présenter aux français.
Je l’ai fait bien souvent au cours des dernières années, soit à votre demande, soit de ma propre initiative, sachant que pour la Corse votre écoute s’est souvent affranchie des considérations partisanes.
Six engagements de votre gouvernement me paraissent de nature à améliorer en quelques années la situation de la Corse sans modifier son cadre institutionnel et sans que l’Etat ne dépense plus que prévu. Il s’agit de promouvoir un développement équilibré, de rattraper le retard historique et reconnu de nos équipements publics, de respecter notre identité dans un cadre admis partout en Europe et de retrouver une sécurité des biens et des personnes compatibles avec un Etat de droit dans un climat de confiance et de sérénité.

Le premier engagement concerne la mise en œuvre du Programme Exceptionnel d’Investissements pour la Corse. Au-delà de toute polémique ou de tout effet d’annonce, force est de constater que ce programme, dans sa sixième année d’exécution, a des résultats limités. Il est donc indispensable d’en tirer un bilan objectif, de le relancer par des mesures appropriées, d’accompagner son bon déroulement budgétaire et technique, sans pour autant augmenter les enveloppes prévisionnelles fixées par la loi et les conventions d’application.

C’est la raison pour laquelle je propose que la Cour des Comptes soit chargée d’un rapport d’étape et puisse proposer les mesures budgétaires et procédurales propres à dissiper les doutes et à renforcer l’efficacité.
Sur le plan technique, je propose que le Conseil Général des Ponts et Chaussées soit chargé de la mission d’éclairer les choix d’opérations par des analyses comparées des coûts et des avantages et de proposer des mesures indispensables au renforcement de l’ingénierie publique et privée.
Ces deux organismes pourraient poursuivre au-delà de ces bilans et de ces propositions, par un accompagnement du PEI sur toute sa durée.

Le second engagement concerne la sécurité des biens et des personnes. Il est incontestable que depuis deux ou trois ans les choses se sont détériorées. Il importe d’en rechercher les causes mais aussi de se donner les moyens de ne pas laisser la violence ravager notre île. Le rétablissement d’un préfet de police serait un bon signal. Dans le même temps, la saisine systématique des juridictions locales plutôt que le dépaysement des affaires, en définitive peu efficace, ainsi que la poursuite du rapprochement des prisonniers corses du lieu de résidence de leurs familles rendraient les indispensables mesures répressives plus efficaces et plus justes. L’amélioration de la situation suppose que l’indispensable application de la loi soit parfaitement juste.
Enfin il serait plus que temps que le projet de mise en surveillance vidéo des gendarmeries, promis depuis longtemps, devienne réalité.

Le troisième engagement concerne le fonctionnement des institutions. S’il est prématuré pendant cette mandature de relancer un débat institutionnel, il est essentiel de veiller au bon fonctionnement des institutions actuelles. La révision du mode de scrutin à l’Assemblée de Corse doit faire l’objet d’une concertation comme le gouvernement s’y est du reste engagé récemment devant le Sénat. L’Etat doit s’impliquer dans la coordination des principales collectivités de l’île en particulier pour la mise en cohérence de leurs politiques territoriales ainsi que celles de l’Etat lui-même. Il faut enfin travailler sérieusement à la mise en œuvre des dispositions, jamais utilisées et pourtant importantes, qui confèrent un pouvoir réglementaire voire législatif à l’Assemblée de Corse.

Le quatrième engagement tient à la ratification de la charte européenne des langues minoritaires car il est anormal que la France soit avec la Turquie le seul pays du continent européen à ne pas l’avoir fait. A l’occasion d’une révision constitutionnelle, elle pourrait donc être prévue dans les termes proposés à plusieurs reprises durant cette mandature par de nombreux députés de l’UMP, du groupe socialiste et de l’UDF.

Le cinquième engagement concerne la spéculation foncière qui s’est aggravée en Corse et qui menace la stabilité du corps social dans notre île. Quatre mesures pourraient contribuer à calmer une fièvre qui peut avoir de redoutables effets à terme : accroître les acquisitions du Conservatoire du Littoral dans les zones les plus sensibles, remettre en ordre le cadastre insulaire, faciliter la gestion des indivisions au-delà des dispositions récemment adoptées pour l’ensemble de la Nation, relancer le logement social et stimuler les initiatives communales tendant à produire une offre de logement à des prix raisonnables.

Le sixième engagement concerne la production locale qui doit être relancée : des dispositions particulières doivent permettre de favoriser les entreprises qui s’engagent le plus dans l’emploi local dans le cadre des marchés publics et un allégement des charges et taxes doit permettre de stimuler la compétitivité des produits locaux au moins en phase de démarrage.

Durant les cinq dernières années, je n’ai cessé d’être vis-à-vis du gouvernement, s’agissant de la Corse, un partenaire loyal mais intransigeant. Comme je vous l’avais indiqué lors de notre premier entretien en 2002, je continuerai de l’être dans le souci de contribuer au succès du gouvernement, quel qu’il soit, pour le bien de la Corse. Cette contribution n’a d’intérêt que si elle s’accompagne de la liberté d’avertir quand l’avenir s’assombrit et de critiquer quand les choses dérapent.

Certain que vous avez à cœur de faire de l’amélioration de la situation de la Corse une œuvre marquante de votre mandat, je vous prie de croire, Monsieur le Président de la République, à l’assurance de ma très haute considération.

Paul GIACOBBI

Réponse de Nicolas Sarkozy le 1er juin 2007

Monsieur le Député,

J'ai bien reçu la lattre que vous m'avez adressée à la suite de mon élection et je tiens à vous en remercier.

Soyez assuré de ma totale détermination à être le Président de tous les Français et à inscrire mon action dans la réalité de la vie quotidienne.

C'est donc avec le plus grand intérêt que j'ai pris connaissance de vos observations et de vos propositions en faveur d'un développement volontariste et équilibré de la Corse, dans un climat apaisé et serein.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Député, l'assurance de mes sentiments les meilleurs.

Nicolas SARKOZY


Lundi 25 Juin 2007

Paul Giacobbi - Photo officielle
Edito
de Paul Giacobbi
Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse

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