PEI : le cri d'alarme de Paul Giacobbi

Paul Giacobbi, président du conseil général de la Haute-Corse est très sévère à l'égard du plan exceptionnel d'investissement qui est l'un des volets des accords de Matignon. Ce plan déciderait de l'avenir de la Corse « en termes à la fois très vagues quant au contenu des projets décidés mais précis quant aux exclusions et aux priorités ».



Les lacunes stupéfiantes qui entraineraient inévitablement les collectivités locales insulaires vers une impasse financière.

Depuis un an j'ai multiplié les démarches auprès des préfets de Corse successifs, du préfet de la Haute-Corse, du ministre de l'Intérieur, du cabinet du Premier ministre afin d'obtenir que le PEI soit préparé avec méthode, dans la transparence, la concertation avec l'ensemble des collectivités et fasse l'objet d'un débat public associant la société civile et la population en général. Force est de constater aujourd'hui que ces démarches se sont heurtées, malgré des promesses successives, à une fin de non recevoir.

L'unique document communiqué et la méthode retenue pour faire avaliser par la représentation élue de la Corse des décisions déjà prises, et dans le détail, par l'Etat, confirment nos pires inquiétudes quant à l'absence totale dans la mise en place de ce PEI de méthode, de transparence, de stratégie et même de compétence.

Lancer un véritable débat public

Pour Paul Giacobbi, il est encore temps de réagir . « Il faut que la représentation élue de la Corse fasse front pour défendre nos intérêts. Je propose que l'Etat mette en place une mission PEI spécifique de haut niveau, comme cela a toujours été le cas pour des programmes de ce type dans d'autres régions, qu'il accepte de revoir les conditions de taux et de prendre en compte les difficultés de trésorerie que le plan entrainera pour les collectivités, qu'il mette à l'étude des options nouvelles et qu'il lance un véritable débat public. »

Le président du conseil général ajoute : « L'idée d'utiliser ce programme pour permettre au conservatoire du littoral de compléter ses acquisitions pour les porter à la moitié du linéaire côtier est écarté sans discussion alors même que chacun sait que c'est sans doute, et pour un cout limité à 3 % du PEI, une mesure indispensable".

La Balagne et le Fiumorbu

« Les choix en termes de transports sont curieux et en complets déphasages avec l'évolution actuelle. Pas d'investissement nouveau sur le train, notamment en plaine orientale, mais plus généralement pas un itinéraire nouveau » stigmatise encore Paul Giacobbi.

« A aucun moment on ne se pose une question simple : celle de savoir s'il ne serait pas plus rentable de donner la priorité à une voie rapide Bastia-Bonifacio, la plus facile et la moins couteuse en même temps que celle qui concerne l'essentiel du trafic et de compléter cette voie essentielle par trois percées, l'une du sud de Bastia vers la Balagne (soit entre Casatorra et l'Ostriconi pour un cout de l'ordre de deux milliards de francs, l'autre constituée par la RN 200 pratiquement achevée, la troisième entre le Fiumorbu et la Gravona à créer. Cela couterait peut-être moins cher que de vouloir à tout prix relier Bastia à Ajaccio par la voie de la haute montagne évidemment la plus difficile.

Seules les voiries existantes sont concernées et peuvent seulement être élargies ou déviées des agglomérations. Si l'Etat avait raisonné ainsi il y a vingt ans il aurait, au lieu de créer la Balanina qui a changé la vie de la Balagne, dépensé des fortunes pour améliorer la vieille route de Belgodere et dévier ce beau village sans que le temps passé pour relier Ponte-Leccia à la Balagne ait été sensiblement modifié : loin de rattraper le retard le PEI actuel en renonçant aux voies nouvelles et au train nous condamne au retard éternel » regrette le président du conseil général.

Rien sur l'Île Rousse et Calvi

« En matière portuaire seuls Ajaccio et Bastia sont concernés », souligne Paul Giacobbi. « Pas un mot sur Ile-Rousse et Calvi qui sont pourtant les points les plus proches du continent français et qui doivent à l'évidence à ce titre être considérés comme essentiels pour bénéficier d'une desserte par navires rapides. Une fois encore la vision administrative à courte vue l'emporte sur les réalités économiques et géographiques » dénonce le président du conseil général de Haute-Corse.

« En l'absence de choix novateurs et stratégiques comment imaginer que nous rattraperons les autres régions ? Quand nous exécuterons cahin caha un programme qui consiste à faire sur quinze ans ce que les autres ont fait il y a vingt ans, il ne faut pas imaginer que les autres ne feront rien. Ils développeront les transports en commun urbains, le ferroutage, les trains rapides, des voies nouvelles et nous nous parlerons de nos projets et de l'argent de l'Etat que nous ne savons pas utiliser."


[bLes mesures à prendre ]b

Pour Paul Giacobbi, "face à cette manière de procéder on peut se demander si l'on veut vraiment mettre en place un programme destiné à faire avancer notre ile ou faire semblant". Il affirme : « Ce programme a été concocté dans un secret absolu, sans équipe compétente et sans étude préalable, pendant un an et on nous demande de l'avaliser sans concertation et sans discussion en trois mois. A toute objection on nous répond qu'il y a un mandat de négociation que l'on se garde bien de rendre public ».

Vendredi 29 Novembre 2002

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