Le temps des précisions et des garanties

Chacun comprend que la prochaine consultation relative au statut de la Corse est un évènement majeur. L’importance de la question, la légitimité que le suffrage universel donnera à la réponse, la durée prévisible du statut qui en découlera, nous conduisent à être très exigeants quant aux précisions et aux garanties qu’il nous faut recevoir pour nous prononcer en toute connaissance de cause.



Nous devons en particulier être éclairés sur l’équilibre territorial de la future organisation administrative et politique de la Corse, sur les garanties données aux personnels concernés, sur la transparence et l’équité des modes de scrutin qui seront retenus.
L’équilibre territorial doit, en premier lieu, garantir que Bastia et l’ensemble de la Haute-Corse gagneront en proximité des services publics et des centres de décisions. Le maintien d’une préfecture, c'est-à-dire d’un préfet et de ses services à Bastia n’est pas une garantie suffisante. La Haute-Corse doit devenir le pôle régional des services de l’agriculture et de l’économie. La Corse-du-Sud doit aussi gagner dans cette réforme. Le retard évident de son réseau routier départemental, de son investissement communal et de son équipement en maison pour personnes âgées dépendantes appellent une politique de rééquilibrage des investissements. Mais, au-delà de ces considérations géographiques, les Corses attendent que leurs services publics sortent renforcés, et non pas amoindris, de cette réforme. Le service public ne s’arrête pas aux préfectures ou aux collectivités, il comprend aussi la poste, les télécommunications, la gendarmerie et la police, la justice, les services financiers, les services extérieurs de l’Etat et bien d’autres encore dont nous avons, dans une île rurale et montagneuse, plus encore besoin qu’ailleurs. J’attire l’attention sur ces questions depuis des années : j’attends que des positions claires soient prises en ce moment décisif.

Les personnels des services publics ont droit à des explications, à une concertation, voire à une négociation préalable à la mise en œuvre de la réforme. Dans le secteur privé, annoncer une réforme sans avoir préalablement saisi les instances représentatives du personnel est un délit. Il est temps que les pouvoirs publics en France prévoient d’accompagner leurs projets d’une négociation préalable avec les personnels concernés !
Avant même la consultation, les représentants des personnels doivent être reçus et entendus. A cet égard il ne faut pas s’arrêter aux seuls agents de l’Etat et des collectivités départementales et régionales mais à l’ensemble des personnels de toutes les structures qui pourraient être concernées, par exemple les associations d’insertion ou les établissements et organismes dont le budget est principalement alimenté par les départements

Le mode de scrutin est un outil essentiel de la démocratie. Il doit être compréhensible et transparent. Il ne doit pas être suspecté de favoriser qui que ce soit et je mets en garde ceux qui se vantent d’obtenir du gouvernement le mode de scrutin qui leur conviendra le mieux. Rien ne serait pire que de compromettre la crédibilité de la réforme par des tripatouillages électoralistes. Ce n’est pas, j’en suis sûr, la volonté du gouvernement, qui a pour objectif de faire gagner la Corse pas tel ou tel parti politique. Il faut donc affirmer et démontrer à cet égard la détermination du gouvernement.

Depuis de nombreuses années j’ai prévu que cette réforme aurait lieu et je l’ai appelée de mes vœux. Peu suspect d’y être opposé par principe ou par intérêt, il est de mon devoir d’être d’une exigence féroce quant à ses modalités. C’est la raison pour laquelle l’heure est au débat, aux questions et aux réponses avant que ne soit lancée la campagne référendaire. Bien que je ne soutienne pas le gouvernement puisque je fais partie de l’opposition, je lui fais confiance sur la Corse, mais cette confiance suppose en retour des réponses, des précisions et des garanties. Il lui appartiendra de nous les donner jusqu’au vote final de la loi qui autorisera la consultation populaire.

Mardi 13 Mai 2003

Paul Giacobbi - Photo officielle
Edito
de Paul Giacobbi
Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse

En savoir plus sur votre député

Au travail

Les débuts d'une mandature, du moins les deux premières semaines sont absorbés par des palabres et des formalités. Je n'aime pas ces choses là qui, dans un moment où notre monde s'écroule, paraissent dérisoires.

Dans quelques jours il faudra aborder les questions budgétaires: parvenir à équilibrer nos finances publiques en trois ans tout en remettant un peu de justice dans notre fiscalité.

La crise syrienne et celle de l'Egypte sont une menace, mais bien moins grave que celle du Pakistan où le premier ministre vient d'être démis par la cour suprême dans un pays nuclearisé et au cœur de la région la plus instable et la plus stratégique de la planète.

Un basculement du Pakistan serait un désastre de première grandeur avec des répercussions dans le monde entier!

06/07/2012
Paul Giacobbi
le 22/02/2017

Observations de Paul Giacobbi sur le rapport définitif de la chambre régionale des comptes relatif à la gestion de la collectivité territoriale de Corse

14 février 2017 I. Le montant, la chronologie et le contexte des « arriérés » N’ayant aucun moyen d’examiner par moi-même les pièces, je ne peux que prendre acte du montant des « arriérés » c’est-à-dire des paiements qui auraient dû être rattachés à l’exercice 2015 pour un montant au titre de la...

le 20/02/2017

Communiqué

20 février 2017 « Ayant reçu le 13 février 2017 la motivation du jugement prononcé le 25 janvier à mon encontre, je tiens à dire solennellement que je n’ai pris aucune part aux faits reprochés, ni n’en ai eu connaissance avant que la presse ne s’en fasse l’écho, bien après mon départ du conseil...

le 09/02/2017

Collectivité de Corse : Débat sur les ordonnances à l'Assemblée nationale

Extrait du débat sur le projet de loi ratifiant les ordonnances n° 2016-1561 du 21 novembre 2016 complétant et précisant les règles budgétaires, financières, fiscales et comptables applicables à la collectivité de Corse, 9 février 2017. Madame la présidente, monsieur le ministre, chers collègues,...

le 02/02/2017

Conférence des parties (COP) de la finance mondiale, l'harmonisation et la justice fiscales

Extrait du débat sur la proposition de résolution européenne pour une Conférence des parties (COP) de la finance mondiale, l'harmonisation et la justice fiscales, 2 février 2017. Monsieur le président, monsieur le ministre, chers collègues, comme vous le savez, j’ai été frappé par une décision de...

le 19/01/2017

Changement de statut de l'AFPA pour mieux répondre aux objectifs de formation des adultes.

Extrait du compte-rendu de l'examen du projet de loi portant création de l’établissement public chargé de la formation professionnelle des adultes, 19 janvier 2017. Madame la présidente, Madame la secrétaire d’État, Chers collègues, voilà un projet de loi composé d’un article unique qui vise à...

le 10/01/2017

Pourquoi j’apporte mon parrainage à Emmanuel Macron.

Membre du mouvement En Marche dès sa création, j’ai choisi de soutenir l’ancien ministre de l’Economie, bien avant qu’il ne présente sa candidature. Je partage son diagnostic lucide sur le manque de compétitivité de la France et adhère à ses propositions de réformes, notamment en faveur d’un cadre...