" Le débat institutionnel est clos pour longtemps "

Interview à Corse-Matin - 13 septembre 2003



Jean-Marc Raffaelli : Comment la Corse peut gérer sereinement l'après-référendum alors qu'elle entre déjà en campagne électorale ?

Paul Giacobbi : En ne changeant pas d'avis. J'étais favorable à une réponse positive mais le " non " met fin et pour de longues années au débat institutionnel.

J-M R : Que pensez-vous alors de la déclaration du Premier ministre qui ne ferme pas la porte à un nouveau débat ?

P G : Je ne suis pas d'accord et je ne le comprend pas. C'est peut-être un malentendu car le gouvernement avait été très clair sur la clôture de la discussion institutionnelle en cas d'échec. Il nous reste beaucoup de travail, à commencer par la clarification des compétences et le PEI. Et il n' y a pas lieu d'être optimiste.

J-M R : Pas de simplification signifie complexité administrative ?

P G : La gestion sera plus difficile. Les dossiers en panne des ordures ménagères, de l'eau et de l'assainissement le démontrent. La conférence d'harmonisation qui se réunit début octobre a toute sa raison d'être.

J-M R : Et si le scrutin du 6 juillet était annulé ?

P G : Ca ne modifierait pas mon avis. Quelle que soit la décision du Conseil d'Etat, il n'y a pas lieu de remettre ça sur le tapis. De toute façon l'opinion corse est partagée, elle n'est pas décidée.

J-M R : Le résultat vous a, vous, politiquement fragilisé…

P G : Pas du tout. Le vote du budget modificatif a réuni une majorité de 18 voix rarement atteinte. J'en sors plutôt renforcé.

J-M R : Mais êtes vous logique lorsque vous annoncer votre candidature en 2004 à la présidence d'un Conseil Général dont vous ne vouliez plus ?

P G : Je suis un démocrate et je tiens compte de ce que le peuple décide. Je le confirme ici : je serai présent aux élections territoriales et cantonales. Et j'aurai probablement un rôle déterminant à y jouer.

J-M R : Vous ne craignez pas un problème d'investiture pour les 2 scrutins avec le PRG ?

P G : Aucun problème. J ai toute ma légitimité au sein du PRG.

J-M R : Dans les coulisses, il s'est dit que vous seriez susceptible de constituer une liste avec Jean-Claude Guazzelli…

P G : Entendre tout et n'importe quoi ne m'empêche pas de réfléchir . Avant la fin de l'année , il n'est pas question pour moi de parler de constitution de listes ou d'alliances. Si j'attends le texte législatif sur la parité, j'espère que le mode de scrutin restera en l'état, à savoir la prime de trois sièges, 5% des exprimés pour participer au deuxième tour et pas de seuil pour fusionner.

J-M R : Une fois encore vous allez être frappé par le cumul des mandats et il va falloir choisir…

P G : Je choisirai le moment venu.

J-M R : On vous reproche d'avoir dit que les tenants du Non étaient responsables du regain de violence…

P G : Pas du tout. Les responsables de la violence sont ses auteurs. Le FLNC a clairement fait campagne pour le Non. Je le dis dans la lettre que j'adresse aujourd'hui aux poseurs de bombes pour les mettre face à leurs lourdes responsabilités.

J-M R : François Tatti, porte-parole du PRG, a dit qu'en évoquant la fraude électorale vous aviez désigné des élus à la vindicte publique et donc à celle des plastiqueurs…

P G : De tels propos ne relèvent pas de la joute politique mais de l'application du droit. Une procédure judiciaire est donc en route.

J-M R : Comment allez-vous, lors de la session du conseil général du 16 octobre, faire face aux critiques sur l'audit ?

P G : Si on a eu recours à l'emprunt c'est pour faire face à l'APA (allocation pour personnes âgées, NDLR) qui a coûté 15 millions d'euros à la collectivité. Personne en France n'avait prévu de dépenses d'une telle ampleur.

J-M R : Reste l'inflation des embauches….

P G : Depuis deux ans maintenant, les dépenses de personnels sont stabilisées. Je ne crains pas d'aborder la question. Bien au contraire. Nous avons intégré les forestiers sapeurs et renforcé leurs effectifs et après les feux dramatiques de cet été, personne ne peut s'en plaindre. Nous avions aussi décidé de renforcer nos services sociaux. Ce sont là des choix politiques que je suis fier de défendre


Mercredi 22 Octobre 2003

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