La fin d'un monde



Il ne s'agit pas d'un éclatement de bulle financière, d'un simple épisode de correction des marchés, d'une de ces petites crises récurrentes qui font peur quelques jours, qui ruinent quelques fortunes éphémères ou contraignent quelques traders à différer l'achat d'une nouvelle voiture de sport italienne.
Depuis quelques décennies, l'Occident, et en particulier les Etats-Unis, ont pris l'habitude de produire de moins en moins et de dépendre de plus en plus de la sphère financière, de l'immobilier, et peut-être surtout d'un reste de suprématie de plus en plus virtuelle.
Nous avons longtemps cru que bien qu'il produise de moins en moins dans l'économie réelle, le monde occidental s'en tirerait toujours par son avance technologique, par sa domination financière et peut-être encore par sa supériorité militaire.
Il y a trente ans, on parlait de transfert de technologie au profit des pays en voie de développement. Imagine-t-on aujourd'hui un plan destiné à transférer la technologie informatique en Inde ou en Chine alors même que les machines informatiques utilisées aux Etats-Unis sont pratiquement toutes fabriquées en Asie, que l'essentiel des logiciels qu'elles utilisent vient de l'Inde, et qu'en dernière analyse le capital des sociétés d'informatique américaines appartient essentiellement à des fonds asiatiques.
Quand on apprendra de surcroît que l'essentiel des transports de données informatiques à travers le monde transite par des câbles appartenant à une société dont le groupe indien Tata est l'actionnaire majoritaire, on commencera peut-être à comprendre que le centre de gravité de l'économie mondiale s'est déplacé vers l'Asie ou plutôt y est revenu, comme au début du XVIIIème siècle, quand la Chine et l'Inde produisait plus de la moitié du PIB mondial.
Pendant que cette révolution s'opérait sous nos yeux, notre vieux monde et les Etats-Unis ont continué à vivre de leurs rentes. Mais au fil du temps, avec l'accélération de la désindustrialisation, avec l'accroissement de la charge des retraites dans nos pays vieillissants, nos rentes n'ont plus suffit, et nous avons commencé à vivre à crédit.
Les prêteurs ont d'autant moins manqué que l'évolution des prix des matières premières a concentré d'immenses richesses liquides au Moyen-Orient et en Russie ou, plus exactement, au sein de ces pays, entre les mains de quelques familles qui, malgré des trains de vie extravagants, devaient impérativement placer leur surplus incommensurables sur nos marchés financiers et dans la folle spéculation immobilière.
Mais en économie, lorsque le réel se détache du virtuel, il arrive toujours, après un certain temps, parfois après des décennies, que la rupture se produise en quelques jours : c'est la fin d'un monde, non seulement sur le plan économique mais avec d'immenses conséquences pour la stabilité politique et parfois pour la paix.
Nous ne sommes pas en train de vivre un épiphénomène, nous allons connaître comme après 1929 une incroyable contraction du crédit qui va mettre cruellement en lumière le déséquilibre fondamental de nos économies occidentales, qui va bouleverser l'ordre des choses. Il nous faudra nous adapter : repenser l'économie mais surtout repenser l'équilibre politique du monde faute de quoi, la paix pourrait s'en trouver compromise.

Mercredi 23 Janvier 2008

Paul Giacobbi - Photo officielle
Edito
de Paul Giacobbi
Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse

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Paul Giacobbi
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