La Corse en Marche : Déclaration constitutive

Nous devons rassembler aujourd’hui tout ce que la Corse compte de femmes et d’hommes responsables prêts à surmonter les vieilles querelles et capables de faire entrer notre île dans le vingt



Quelques uns trouvent que ce n’est pas le moment, que la République exige que l’on ne fasse rien, mieux que l’on retourne en arrière, que l’on revienne sur la décentralisation, l’affirmation de l’identité corse, le début de modernisation que nous avons, malgré tout, malgré eux, connu. D’autres trouvent que l’on ne va pas assez loin, et qu’il faut continuer à demander des pouvoirs nouveaux sans avoir fait la preuve que l’on savait utiliser ceux dont on dispose déjà. Mais les uns et les autres défendent l’immobilisme, ils cultivent la peur du lendemain, ils oppressent les citoyens par la violence ou par la manière qu’ils ont de gérer les pouvoirs qu’ils ont obtenus, ils se rejoignent dans les discours fumeux, dans l’absence de projets et plus encore de réalisations. Ils se rejoignent aussi dans l’avidité du pouvoir et de l’argent, dans la rapidité de leurs volte-face, dans l’art de la manipulation. Ils se retrouvent dans un statu quo qui leur profite largement. Certains sont plus malins. Ils ont commencé par refuser toute réforme et ne l’ont finalement acceptée que dans l’espoir de la confisquer.

La Corse mérite autre chose que ce front du refus ou de la confiscation des pouvoirs transformés en privilèges.

Le moment est venu. La Corse est en train de clore le débat institutionnel. La question n’est plus de savoir quel statut il nous faut mais de montrer que nous savons utiliser au mieux les institutions que nous allons nous donner démocratiquement.

La Corse en a les moyens avec des institutions adaptées, des chantiers identifiés et même des projets en gestation. Il n’est plus temps de faire des projets mais de construire et de faire fonctionner efficacement.

La Corse en a aussi la volonté. La population est lasse des débats qui ne passionnent que la classe politique mais elle est exigeante en termes de service public, d’environnement, d’activité économique et d’emploi. Les corses manifestent un esprit d’ouverture sur le monde tout en étant soucieux de préserver leur langue, leur culture et leur identité. Bien avant la classe politique, la société corse a compris ce qu’il lui fallait, a fixé le point d’équilibre des institutions, a retrouvé ses racines, sait se manifester publiquement sans attendre les mots d’ordre des appareils et a réussi à faire repartir l’économie sur la voie de la croissance. Dans tous les domaines les initiatives et les succès se multiplient : la Corse est en marche.

Pour le nouveau pouvoir régional et plus généralement pour toutes les collectivités de Corse le temps est compté. Nous devons faire face à des défis qui sont la restauration de la sécurité et de la confiance, la protection de l’environnement, l’accueil d’une population touristique de plus en plus nombreuse et surtout le rattrapage d’un retard historique de nos équipements et de nos services publics. Les moyens qui nous sont donnés sur le plan financier en particulier sont limités dans le temps. Le programme exceptionnel d’investissement financé principalement par l’Etat devra être achevé dans quinze ans. Nous avons déjà largement sous-utilisé les financements européens à l’époque où nous étions dans l’objectif numéro un, il ne faudrait pas aussi sous-utiliser le PEI.

Plus généralement l’ensemble des dérogations dont nous bénéficions, par exemple sur le plan fiscal sont limitées dans le temps de même que la capacité de l’Etat de répondre à nos attentes ne vaut que pour autant que nous saurons progresser. La Corse ne peut pas laisser passer les chances qu’elle a et s’imaginer qu’elle bénéficiera éternellement de financements ou de dispositions dérogatoires. La nouvelle collectivité dispose de moins de dix ans pour mettre en place l’essentiel des politiques publiques et des équipements indispensables.

Mettre la Corse en marche signifie qu’il faut rompre avec les pratiques habituelles de notre vie publique et une tradition du « n’importe quoi » ou de « l’à peu près ». Il nous faut aussi cesser de réclamer sans cesse à l’Etat faire ce que nous avons déjà les moyens de faire nous-mêmes et pour lequel il nous a délégué des moyens des pouvoirs et des financements.

Une nouvelle politique de la Corse c’est d’abord des méthodes. L’analyse technique et économique des questions doit être systématique, la capacité de dialogue et de débat public est indispensable mais aussi l’aptitude à prendre des décisions même lorsqu’elles ne sont pas immédiatement populaires. La nouvelle collectivité devra définir et mettre en œuvre un service public très fort car une île de surcroît montagneuse et peu peuplée en a encore plus besoin que toute autre région, assurer la protection de l’environnement, organiser et gérer une grande partie de la solidarité, défendre et reconstruire parfois ce qui fonde notre identité, permettre l’émergence d’une économie forte et créatrice d’emplois.

Il nous faut aussi casser le système qui fait de la proximité du citoyen et de l’élu un jeu pervers qui étouffe la démocratie et fait perdre leur dignité aux uns comme aux autres.

Il faut enfin considérer la Corse dans son ensemble en respectant chacun de ses territoires dans l’équité et l’équilibre. La nouvelle collectivité et l’organisation des services de l’Etat permettront l’unité administrative et politique en maintenant et développant les services publics et en gérant au plus près la proximité. Plutôt que d’opposer nos territoires nous devrons les structurer dans des intercommunalités fortes et actives.


Mettre la Corse en marche c’est d’abord fixer des objectifs et établir des programmes soumis au débat démocratique et démontrer au citoyen que l’on est capable de les mener à bien.

Il ne manque pas de femmes et d’hommes compétents et responsables dans cette île. Mettre la Corse en marche c’est savoir les rassembler au-delà des combinaisons habituelles, afin de se présenter devant les citoyens avec des engagements clairs et des candidats crédibles.

La Corse en marche ne sera pas un parti politique mais sera un lieu de réflexion et d’action. C’est le rassemblement de celles et ceux qui veulent que la Corse saisisse sa chance et qui se sentent capables de réussir notre avenir.

Vendredi 20 Juin 2003

Paul Giacobbi - Photo officielle
Edito
de Paul Giacobbi
Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse

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