La Corse d’après



Le 20 mars 2006, Nicolas 1er, grand ministre en chef, va venir à Ajaccio prononcer un grand discours sur ce qu’il convient de faire en Corse. Bien entendu, ceci concernera les lendemains qui chantent, « la Corse d’après », celle où un Président inspiré, ledit Nicolas, pourra gouverner et montrer enfin de quoi il est capable.

Voici quatre ans que le gouvernement UMP est en place. L’heure n’est pas encore au programme, nous aurons toute l’année 2007 pour cela, elle devrait simplement être au bilan de ces quatre années calamiteuses.

On rappellera que Nicolas Sarkozy a beaucoup parlé de la Corse, qu’il a beaucoup travaillé selon lui pour la Corse et qu’il a été ministre de l’intérieur et ministre des finances avec le deuxième rang du gouvernement au cours des quatre dernières années.

Quel est donc le bilan pour la Corse ?

La sécurité en Corse est incontestablement bien plus préoccupante aujourd’hui qu’elle ne l’était il y a quatre ans qu’il s’agisse des attentats, des crimes, et plus généralement de la gangrène de la criminalité organisée, la situation s’est considérablement aggravée.

On ajoutera que la manière stupéfiante dont les enquêtes criminelles ont parfois été menées constitue aujourd’hui un objet de scandale et non pas un motif de satisfaction.

Sur le plan économique, la situation de la Corse est évidemment catastrophique. Nous n’avons pas, par exemple, en 2005, rattrapé le nombre de touristes dont notre économie a bénéficié en 2002 tandis que notre agriculture a vu sa crise s’aggraver , tandis que les promesses tant de fois répétées tardent toujours à être tenues.

Le service public a connu le désastre de la gestion calamiteuse du dossier des transports maritimes avec la SNCM, tandis que les élus de la Corse constatent l’affaiblissement continu des services publics essentiels qu’il s’agisse de la Poste ou de l’Education nationale pour n’évoquer que les principaux.

La situation sociale n’a cessé de s’aggraver et les services sociaux du département de la Haute-Corse sont bien placés pour le constater.

On nous promettait monts et merveille et, en particulier le PEI.

Interrogé par mes soins sur la réalité financière de ce brillant programme, le ministre des finances m’a répondu pour une fois de manière honnête.

Après quatre pages d’explications pâteuses et confuses, il finit par avouer le seul chiffre qui compte, à savoir qu’en quatre ans, de 2002 à 2005, l’Etat a dépensé en Corse au titre du PEI 40,6 millions d’euros. C’est un chiffre intéressant. Cependant, sur la même période, le seul Conseil général de Haute-Corse, a effectivement dépensé 160 millions d’euros en investissement, soit quatre fois plus que le PEI.

Pour le reste, on m’explique que le taux préférentiel de TVA ou le fonds national de l’eau sont des contributions à ce programme exceptionnel alors que la Corse en bénéficie depuis une quarantaine d’années !
Je ne sais pas ce que nous racontera M. Sarkozy le 20 mars sur ce qu’il fera « après » pour la Corse, il ferait mieux de nous expliquer comment il est possible que ses discours précédents et ses quatre années au premier rang du gouvernement se soient traduits pour notre île par des résultats aussi calamiteux.


Vendredi 17 Mars 2006

Paul Giacobbi - Photo officielle
Edito
de Paul Giacobbi
Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse

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