Intervention en l'honneur des Quatre-vingts parlementaires ayant refusé les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain
Paul Giacobbi a participé, à la demande du président de l'Assemblée nationale, à la cérémonie commémorative du soixante-dixième anniversaire du vote des parlementaires donnant les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain, le 10 juillet à Vichy.
Le président du Sénat et le ministre de l'intérieur étaient également présents. Tous trois ont rendu hommage aux Quatre-vingts qui ont rejeté un projet de loi confiant au gouvernement dirigé par Philippe Pétain, qui venait de signer l’armistice avec l’Allemagne, «tous pouvoirs» pour élaborer une nouvelle Constitution. Ce texte, adopté à une écrasante majorité de 569 voix, contre 80 et 20 abstentions, avait servi de base légale au régime de Vichy, permettant notamment l’entrée en vigueur, sans contrôle parlementaire, de la loi sur le statut des Juifs. Voici des extraits de l'intervention de Paul Giacobbi : « Le choix de votre serviteur pour représenter le Président de l'Assemblée a été sans doute dicté par le fait que mon grand-père et homonyme, Paul Giacobbi, sénateur, a pris part à ce vote et fait partie des quatre-vingts parlementaires qui ont refusé les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain. Lorsque j'étais enfant, j'entendais parfois les membres de ma famille évoquer ce vote. J'ai alors demandé à mon père ce qu'avait fait mon grand-père en cette circonstance. Il m'a répondu : "Il a fait son devoir". Ce nombre de quatre-vingts n'était pas représentatif puisqu'il fallait aussi tenir compte des soixante-et-un députés et sénateurs communistes qui avaient été démis de leurs fonctions dès 1939 en raison du pacte germano-soviétique, des vingt-cinq parlementaires qui étaient partis sur le navire Massilia parce qu'on leur avait indiqué qu'ils devaient se rendre en Algérie pour une réunion du parlement et de tous les parlementaires qui n'ont pas pu matériellement se rendre à Vichy, voire pour certains d'entre eux, qui se trouvaient sous les drapeaux. Sans faire de politique fiction, on peut donc estimer que s'ils en avaient eu la possibilité, c'est en réalité un tiers des parlementaires qui auraient refusé les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain. Quoi qu'il en soit s'il ne s'étaient trouvé que quatre-vingts parlementaires pour voter contre, la totalité des magistrats, moins un seul, devait refuser de prêter serment au chef de l'Etat français la quasi totalité des officiers et des hauts fonctionnaires n'hésitèrent pas quant à eux à prêter ce serment funeste. Ainsi, dans des circonstances d'effondrement du pays, les parlementaires ont plus souvent que d'autres corps constitués fait preuve de lucidité et d'esprit républicain. Qu'en serait-il aujourd'hui si par malheur des évènements aussi terribles frappaient à nouveau notre pays ? » Mercredi 21 Juillet 2010
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