M. Paul Giacobbi appelle l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie sur la mise en oeuvre de la loi organique du 1er août 2001 relative aux lois de finances. La loi organique du 1er août 2001 relative aux lois de finances a posé notamment le principe d'une comptabilité d'exercice conforme aux règles comptables de droit commun, c'est-à-dire rattachant à une année d'origine l'ensemble des droits et obligations nés au titre de cette année. C'est une révolution copernicienne pour nos finances publiques qui vont en fait passer de la comptabilité médiévale, celle qui se contente de comptabiliser les avoirs en caisse, les créances et les dettes constatées à un moment donné, à la comptabilité moderne, née à l'époque de la Renaissance, qui permet, en partie double, de connaître la situation réelle en particulier par l'amortissement et la provision. Dans son rapport relatif à l'exécution des lois de finances pour l'année 2001, la Cour des Comptes a apprécié certains progrès accomplis sur la voie vertueuse de cette révolution comptable mais a souligné le chemin immense qui reste à parcourir. En cette époque optimiste où l'on nous annonce les décisions qui régleront le problème des retraites d'ici à quelques mois, il serait utile de connaître quel sera le traitement comptable dans les lois de finances des engagements de l'Etat en matière de retraite de ses agents. En effet, selon la Direction du Budget, citée par la Cour des Comptes, les seules charges de pensions des fonctionnaires titulaires auxquelles auraient droit les agents en activité, s'ils prenaient leur retraite à la date de l'évaluation, seraient comprises entre 600 et 800 milliards d'euros, soit entre 43 et 57 % du PIB. La Cour des Comptes a constaté que la nouvelle loi organique ne fournit pas d'indications particulières quant à la manière de traiter les engagements de retraite mais a indiqué qu'il convenait d'étudier l'une ou l'autre des solutions possibles et d'appliquer l'une d'entre elles. Aussi, il lui demande de bien vouloir préciser si le gouvernement entend étudier cette question et proposer une prise en charge comptable dans nos lois de finances des engagements de retraite de l'Etat, dans l'esprit de la loi organique, c'est-à-dire selon les principes de droit commun.