Et maintenant




La Corse n'a pas voulu s'engager sur la voie du travail de la raison.
D'une élection régionale étrange, où tout et n'importe quoi a été dit, il ressort une majorité très relative qui s'appuie sur le soutien indéfectible au gouvernement chancelant de l'UMP et sur un accord tacite mais ambigu avec une famille nationaliste qui n'a toujours pas décidé d'une attitude claire face à la violence.

Dans cette ambiance opaque, le président de l'assemblée de Corse appelle au dialogue tandis que le nouveau ministre de l'intérieur veut nous faire croire à la fermeté dans l'application des lois.

Le débat institutionnel est clos pour longtemps et plutôt que de relancer un dialogue devenu largement inutile, en tout cas sur ce point, il faudrait s'attacher à utiliser les moyens qui ont été mis à notre disposition mais qui nous seront progressivement retirés si nous ne savons pas saisir cette opportunité.

En 2006, la première convention coût de cinq ans du programme exceptionnel d'investissement s'achèvera. Il faudra donc faire le bilan de ce qui aura été dépensé ou au moins engagé.
En 2006, nous pourrons faire le point sur le dossier du traitement des déchets. Nous avons perdu deux précieuses années depuis la mise à l'enquête du plan interdépartemental et nous espérons de ceux qui ont écarté les départements de ce dossier qu'ils sauront rattraper le temps perdu, le temps qu'ils nous ont fait perdre.

En 2006, nous pourrons aussi apprécier ce qui aura été fait pour rattraper notre retard historique dans les domaines essentiels de l'eau potable et de l'assainissement.

Il faut rappeler, une fois de plus, que la CTC, grâce au PEI et à la loi, dispose de tous les moyens financiers et juridiques dont elle a besoin. Elle a le pouvoir et l'argent. Elle n'a donc pas droit à l'erreur. Elle n'a aucune excuse.

Sans même juger du bien-fondé de son action, nous pourrons, dès 2006, apprécier son travail en observant simplement le montant des crédits d'Etat qu'elle aura été capable de dépenser.

La Corse n'a pas besoin de dialogue mais d'action, la CTC n'a pas à revendiquer des moyens nouveaux mais à utiliser ceux qu'elle a déjà et qui sont sans commune mesure avec ceux dont disposent les autres régions françaises ou les autres collectivités locales en Corse, les départements et les communes.

Sur le plan de la sécurité, nous avons le sentiment, malgré les rodomontades du nouveau ministre de l'intérieur, qu'un coup d'arrêt très net a été donné à l'application des lois. Tout nous indique qu'il s'agit plus désormais de faire du spectacle que d'agir sereinement et efficacement.

C'est une erreur immense. Une fois de plus en Corse, la détermination de l'Etat n'aura pas duré plus de deux ans, une fois de plus en Corse, la tentation médiatique a supplanté l'intérêt général.

« Dialogue et fermeté » est redevenu le maître mot d'un gouvernement qui, dans ce domaine comme dans les autres, ne parvient même plus à faire illusion. La Corse attendait une politique publique régionale forte pour rattraper son retard historique et lui permettre de tenir son rang parmi les régions dynamiques de France et d'Europe comme elle attendait l'application sereine des lois de la République.

2006 sera l'année d'un premier bilan politique en deux chapitres très simple :
- les moyens financiers et juridiques utilisés par la CTC,
- la sécurité en Corse.

Pendant ces deux années, j'interrogerai inlassablement les responsables sur ces deux points. Et je n'hésiterai à utiliser les pouvoirs d'investigations qui sont ceux d'un député.

Lundi 26 Avril 2004

Paul Giacobbi - Photo officielle
Edito
de Paul Giacobbi
Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse

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