Editorial du Wall street journal Europe

à propos des positions de Paul Giacobbi sur la diplomatie française dans le conflit irakien



version anlaise

L'intégralité de l'article Wall Street Journal 9 Avril 2003 :
http://www.paul-giacobbi.org/file/903/

version française (traduction de Luc-Antoine Marsily, conseiller général d'Orezza-Alesani)

Les Réalistes français, suite.

Nous écrivions le mois dernier qu’il y avait plus de Français opposés à la position de Jacques Chirac sur l’lrak que le faux débat national ou la quasi-unanimité des sondages ne le laissaient supposer. Nous citions également d’importants officiels français, qui, pour la plupart de manière anonyme, se posaient des questions sur la réalité des informations sur le programme militaire de Saddam Hussein émanant du Gouvernement et sur sa décision de mener campagne contre toute intervention américaine. Aujourd’hui, les unes après les autres, alors que la guerre en Irak touche à sa fin, ces voix émergent de l’ombre.
Paul Giacobbi, député apparenté socialiste de Corse, doit être le seul parlementaire de son parti, parmi une poignée de parlementaires, à ne pas s’incliner devant l’autel de Jacques Chirac.
Hier, lors d’un repas près de l’Assemblée nationale, en présence de journalistes, il est apparu remonté contre « la grande folie diplomatique » de la France au cours des récents mois.
Il remarque que l’expression « Anglo-Américains » utilisée dans les media et les milieux politiques pour décrire la coalition à l’œuvre en Irak – parfois suivie de « supportés par les Juifs »- vient en écho de la France de Vichy. Il indique que le Président français a mené une campagne active pour empêcher la chute du régime de Saddam après « trente ans de liens très étroits », entraîné qu’il est en ce sens par sa propre propagande. Il ajoute que le Gouvernement a fait en sorte que l’opinion publique et le Parlement soient tenus dans l’ignorance du programme militaire de Saddam.
Une telle opinion divergente de la part d’un parlementaire d’opposition ne devrait pas constituer une information dans une démocratie normale. Mais en France, M. Giacobbi apparaît comme hérétique. 90% des français et tous les partis politiques soutiennent M. Chirac. Les quelques personnalités publiques assez courageuses pour s’opposer au consensus en ont payé le prix. Le militant des droits de l’homme –et socialiste- Bernard Kouchner a vu sa côte de popularité baisser de six points dans les sondages. Pierre Lellouche, atlantiste tout en étant chiraquien, a été désigné comme traître par la presse gaulliste.
M. Giacobbi est plus connu en tant que partenaire du Gouvernement de Chirac dans son important projet de décentralisation pour la Corse. Avant cette position devant les journalistes anglo-saxons, il n’a pas fait les gros titres sur l’Irak ( selon les journaux lus). Mais il prend position maintenant, en affirmant qu’il n’est pas seul. « Ce n’est que l’expression publique de cette position qui est isolée en France » ajoute t-il.
L’opinion publique inévitablement varie. Même les médias français ne peuvent nier plus longtemps que les Américains et les Britanniques sont accueillis comme des libérateurs en Irak, ainsi que le reconnaissait à contre cœur « Libération » hier.
« Quand il y des moments de grande unanimité, vous pouvez vous attendre à des moments de grande folie », dit M. Giacobbi. Et c’est ainsi. Il est dommage que qu’il n’y ait pas eu plus de leaders français à aller à contre-courant quand cela pouvait avoir de l’importance. Et il n’est pas évident que Londres ou Washington aient une quelconque envie d’écouter Paris aujourd’hui.




Jeudi 10 Avril 2003

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