Editorial de Paul Giacobbi - Wall street journal du 12 juin 2003

(extraits traduits de l'anglais)



Dans sa vieille tradition d’état centralisé, le France connaîtra une première le 6 Juillet prochain. Une région française, en l’occurrence l’île de Corse décidera ou non d’accepter lors d’un référendum un projet proposé par Paris en vue d’une nouvelle forme d’administration. Ce projet se propose de déplacer l’autorité de Paris vers la Corse. Nul doute que ce référendum marquera l’histoire de la Corse.
La majorité des Corses ne veut pas de l’indépendance. Mais les Corses sont majoritairement attachés à leur particularisme culturel, linguistique, et plus largement à leur identité. C’est pour cette raison que certains des responsables politiques insulaires ont demandé à bénéficier d’un pouvoir local plus fort.
Avant 1975, la Corse était à fois une région et un département avec à la fois un conseil régional et un conseil général. En 1975, le Parlement créa deux départements, la Haute-Corse et la Corse du Sud pour administrer l’île. C’est ainsi qu’au cours des trente dernières années, les 270 000 habitants de l’île ont connu le privilège d’être administré par une région, deux départements, et 360 municipalités(oui, 360 municipalités !). La constitution française, certes digne de respect, mérite ainsi d’être en lice pour le livre Guinness des records pour ce qui est du nombre des autorités locales

En 2001, après une année de discussions avec le Gouvernement Jospin, la Corse a acquis le droit d’enseigner sa langue à l’école et des fonds publics d’état ont été dégagés pour améliorer son réseau routier et plus généralement ses équipements publics.
Un amendement à la Constitution française en 2003 a conféré aux régions – c’est la cas de la Corse- la possibilité d’une organisation spécifique. Cet amendement constitutionnel a également permis au Gouvernement de soumettre de telles réformes à référendum. C’est ainsi que les Corses auront leur mot à dire.
Tout cela ne signifie pas une dévolution de tous les pouvoirs à la Corse. Mais cette réforme constitue un important pas en avant : la Corse aura une organisation territoriale simplifiée. Sa langue aura un enseignement à l’école, l’île aura un accès facilité aux fonds nécessaires pour créer des infrastructures aujourd’hui banales dans les autres régions françaises. Cela ne constitue pas le remède miracle qui résoudra tout le problème corse, mais c’est une réponse à ses manifestations les plus préoccupantes.Mais à l’issue de ce référendum, plus personne ne pourra justifier le recours à la violence.
Ce processus réformateur connaîtra très probablement des suites à travers toute la France, sans doute sous des formes différentes pour prendre en compte des besoins locaux. La France est peut-être prête à faire ses premiers pas vers une organisation territoriale plus pragmatique et plus efficace.

Lundi 23 Juin 2003

Paul Giacobbi - Photo officielle
Edito
de Paul Giacobbi
Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse

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