De profundis PEI



Le programme exceptionnel d’investissement pour la Corse est né en 2002 après avoir été conçu lors des accords de Matignon.

Il était plein de promesses de développement. Il n’a pas cinq ans et, à la lecture du projet de loi de finances pour 2007, il est déjà tellement diminué que l’on peut annoncer sa disparition prochaine.

En 2006, la loi de finances de l’Etat prévoyait 45 millions d’euros d’autorisation d’engagements pour le PEI et presque 18 millions d’euros de crédits de paiement. Pour 2007, le budget de l’Etat divise par quatre les autorisations d’engagement à 11 millions d’euros et par deux les crédits de paiement à 8 millions d’euros.

Oh, bien sûr, on fait état de crédits attendus au titre de fonds de concours pour abonder les crédits d’Etat. Ainsi, parle-t-on de 18 millions de crédits de paiement attendus d’ailleurs en 2007. Sans entrer dans le détail technique, il faut savoir que rien ne garantit l’arrivée de ces nombreux crédits venant du loto sportif, de l’agence française pour les infrastructures terrestres ou l’agence de l’eau.

Il faut aussi savoir que beaucoup de maîtres d’ouvrage en Corse sont dans l’attente d’arrêtés de subvention de l’Etat leur permettant de payer des équipements qu’ils ont réalisés sur la base des promesses écrites et des engagements formels ainsi que des arrêtés les autorisant à commencer les travaux dans l’attente de la subvention promise.

Autrement dit, les 18 millions d’euros attendus de ces fameux fonds de concours en 2007 ne permettront pas de financer un développement du PEI mais seulement de régler les dettes les plus criantes contractées à l’occasion d’engagements précédents.

Au surplus, à supposer que ces crédits hypothétiques finissent par arriver cahin-caha un jour, l’Etat n’aurait dépensé au titre du PEI pour l’année 2007 en Corse que 25 millions d’euros, c’est-à-dire l’équivalent exact des investissements routiers réalisés par le département de la Haute-Corse pour l’année 2006.

De toute façon, après cinq ans, on pouvait s’attendre à des débuts de réalisation, or, à part la rénovation du train essentiellement financée par la CTC, nous ne voyons rien venir sinon les factures impayées, conséquence des promesses non tenues de l’Etat.

De surcroît, on nous mande d’en haut que, de toute façon, la prochaine convention d’application du PEI durera huit ans au lieu de cinq et prévoira moins de crédits. Elle sera donc, nous dit-on avec rigueur et autorité plus sélective.

Il vaudrait mieux tout de même être franc et dire qu’à ce point-là, ce programme qui ne peut déjà plus payer ce qu’il a engagé il y a deux ans, qui n’a plus rien d’exceptionnel et qui ne permet plus guère à personne d’investir est d’ores et déjà mort.

Il est cependant désolant de constater que la CTC qui l’avait porté sur les fonds baptismaux le voit disparaître sans mot dire. Il reposera donc en paix dans le cimetière déjà vaste des promesses non tenues faites à la Corse.

Lundi 9 Octobre 2006

Paul Giacobbi - Photo officielle
Edito
de Paul Giacobbi
Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse

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