Dans quelle République vivons-nous ?



Depuis 2002, nous avons eu à l'Assemblée nationale à propos de chaque révision de la Constitution un débat incident sur les langues de France.
Comment se fait-il que la République française qui parle tant d'universalité de diversité et de tolérance n'arrive pas à admettre ce qu'admettent la plupart des autres pays européens ?
Notre pays a encore perdu, le 7 mai dernier, l'occasion de reconnaître les langues de France.
Or, les langues régionales sont bien des langues, c'est ce qu'affirment les linguistes. Claude Hagège et bien d'autres reconnaissent ainsi la qualité de langue au corse, au picard ou au breton, sans évoquer le basque ou l'occitan. La République n'est pas menacée dans son unité par une ratification de la Charte européenne des langues régionales alors même que l'Allemagne, l'Autriche, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, la Hongrie, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Suède et, bien entendu, la Suisse l'ont ratifiée depuis longtemps sans en avoir en aucune manière souffert. Rappelons-nous qu'il a fallu très longtemps pour que le français prenne une valeur de langue officielle : au moins sept siècles, entre les serments de Strasbourg en 842 à l'ordonnance de Villers-Cotterêts en 1539. Jusque-là, le français n'était pas reconnu comme une langue, mais comme une corruption fautive du latin, voire comme un parler barbare.

Aujourd'hui, dans le monde, le français s'efface. Il disparaît ou s'affaiblit même dans nos anciennes possessions. Il est marginalisé dans les organisations internationales.

Tout montre que les langues régionales agonisent en France. Mais, en ce domaine, rien n'est irréversible. Les langues peuvent renaître ou retrouver vie par la reconnaissance, voire l'officialisation. L'hébreu, le norvégien et bien d'autres langues ont été exhumées, adaptées au monde moderne, et manifestent vigueur et succès aujourd'hui.

Le français lui-même a besoin de se régénérer par ces différences, par la confrontation. Ce n'est pas par hasard si beaucoup de nos grands écrivains, de François Villon à Victor Hugo, n'ont pas négligé d'étudier et d'admirer les parlés différents, jusqu'à l'argot, tant méprisé par nos élites, mais tant apprécié des plus grands créateurs de la langue française.
La globalisation linguistique nous conduirait non pas à une « super-langue » très élaborée, mais au contraire à un « basic globish », sorte de volapük utilitaire et acculturé.

Ce débat aurait dû être le dernier, signature de la Charte européenne des langues minoritaires.
Au lieu de cela, le gouvernement a ressorti l'argument selon lequel on peut encourager et reconnaitre les langues régionales sans souscrire aux obligations pourtant minimales de la Charte.
C'est ce que nous faisons depuis des années et nos langues régionales tendent aujourd'hui à disparaître.
La France défend dans le monde la diversité culturelle et linguistique, à tout le moins, elle devrait la défendre à l'intérieur de ses frontières et donner ainsi l'exemple !
Faute de quoi le français connaitra dans le monde le triste sort que la France réserve à ses langues régionales !


Mardi 20 Mai 2008

Paul Giacobbi - Photo officielle
Edito
de Paul Giacobbi
Député de la 2ème circonscription de Haute-Corse - Président du Conseil exécutif de Corse

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