Crise financière

Question au gouvernement - 26 novembre 2008



M. Paul Giacobbi. Ma question s’adresse à M. le Premier ministre.

Le 13 novembre, le Président de la République déclarait : « Je pars demain à Washington pour expliquer que le dollar qui, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, à Bretton Woods, était la seule monnaie du monde, ne peut plus prétendre à être la seule monnaie du monde ».

Il a souhaité, à ce titre, que le G 20 aborde la question des monnaies en plus de son ordre du jour relatif à la transparence financière, à la régulation des marchés ou à la relance de l’économie.

Depuis plusieurs décennies, en effet, les déficits américains et le privilège accordé au dollar d’être la monnaie internationale, ont généré un océan de liquidités qui noie régulièrement les terres émergées de l’économie réelle sous de véritables tsunamis de spéculations incontrôlées. (Interruptions sur les bancs du groupe UMP.) Je sais, mes chers collègues, que ce n’est pas très intéressant, mais c’est néanmoins la question la plus importante parmi toutes celles qui se poseront à nous dans les dix prochaines années ! (Exclamations sur les mêmes bancs.)

Dans ce contexte, la perversion des outils financiers est non seulement la conséquence de l’irresponsabilité des acteurs des marchés, mais encore le moyen par lequel les États-Unis ont pu aspirer à leur profit, en compensation de déficits abyssaux, l’essentiel de l’épargne du reste du monde.

Malgré les déclarations, françaises et européennes, le G 20 n’a pas abordé cette question cruciale, ni dans son communiqué final ni dans les commentaires d’aucun participant.

Quand il se réunira à nouveau, en avril, les États-Unis auront adopté un plan de relance qui portera leur déficit budgétaire annuel à mille milliards de dollars, tandis que leur déficit extérieur se creusera, le tout financé selon le principe énoncé autrefois par John Connally : « Le dollar est notre monnaie, mais c’est votre problème ».

Au point où nous en serons alors – et où nous en sommes déjà –, bien des observateurs avertis s’interrogent sur la survie du système global face à cette fuite en avant.

Au-delà des déclarations grandiloquentes et des comptes rendus d’autosatisfaction, la France pense-t-elle obtenir que ce problème soit enfin abordé au prochain G 20, avant qu’il ne soit trop tard ? (Applaudissements sur les bancs des groupes SRC et GDR.)


Réponse du ministre

M. le président. La parole est à M. Luc Chatel, secrétaire d’État chargé de l’industrie et de la consommation, porte-parole du Gouvernement. (Protestations sur les bancs du groupe SRC.)

M. Luc Chatel, secrétaire d’État chargé de l’industrie et de la consommation, porte-parole du Gouvernement. Bretton Woods, monsieur le député, c’était une autre époque. La mondialisation reposait alors sur deux piliers principaux : le commerce et les changes. Depuis soixante ans, un nouvel élément est apparu avec l’explosion des marchés financiers. Or nous avons vu avec la crise que nous traversons actuellement, les limites de ce système.

Mercredi 26 Novembre 2008

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