Coupures d'électricité : La CTC n'a pas rempli son rôle

communiqué du 8 mars 2005



Paul Giacobbi, député de la Haute-Corse, est stupéfait de voir des responsables de la Collectivité Territoriale de Corse attendre la fin de la crise dramatique de la fourniture d’électricité qui affecte notre île depuis quelques semaines pour réagir en s’en prenant d’ailleurs à l’Etat alors qu’ils ne devraient pourtant s’en prendre qu’à eux même.

En effet, la loi, depuis très longtemps, confère à la CTC des compétences importantes dans le domaine de l’énergie.

La loi du 22 janvier 2002 a considérablement étendu ces compétences en rendant la CTC responsable pour tout ce qui concerne les énergies renouvelables et les mesures d’économie de l’énergie et l’a chargée d’élaborer et de mettre en oeuvre, en concertation avec EDF et GDF, un plan tendant à couvrir les besoins et diversifier les ressources énergétiques de l’île.

Il appartenait donc à l’exécutif de la CTC en vertu des dispositions de la loi et, en particulier de l’art L. 4424-39 du Code Général des Collectivités Locales, de veiller à ce que les besoins énergétiques de la Corse soient couverts y compris lors des périodes de crise.

La CTC ne peut ignorer, puisque c’est sa responsabilité, que la puissance de production installée en Corse et les possibilités très limitées d’importation d’énergie électrique font que la situation de satisfaction de la demande est en permanence très tendue, entraînant, même en dehors des périodes de crise des micro coupures, des baisses de tensions importantes en certains points du réseau et des délestages.

Dès lors, que la situation était prévisible et prévue, à l’approche d’une vague de froid annoncée, il appartenait à l’exécutif de la CTC de veiller à ce que des mesures appropriées soient prises par EDF pour assurer la sécurité des approvisionnements électriques dans notre île.

De nombreux acteurs, en particulier professionnels ou syndicaux, dénoncent depuis très longtemps les difficultés rencontrées dans ce domaine, et il fallait, à tout le moins, les entendre.

Or, dans l’indifférence totale de la CTC, EDF a manifestement pris trois décisions malheureuses.

1. Il semble que l’on ait préféré utiliser en priorité la ressource hydraulique, plutôt que de la garder en réserve, alors qu’il convenait d’utiliser au maximum toutes les ressources possibles en énergie fossile, y compris en utilisant des moyens supplémentaires et conserver le potentiel hydraulique, et ce d’autant plus que l’on savait que l’alimentation en eau des barrages en amont ne se faisait plus en raison du gel.
On a donc préféré l’économie budgétaire plutôt que la sécurité d’approvisionnement.

2. La question se pose de savoir si EDF a bien respecté l’obligation qui lui est faite de disposer effectivement d’un stock d’un mois de ressources en hydrocarbure pour ses centrales. Le fait que cette ressource ne soit pas stockée sur place mais chez le distributeur essentiellement permet de s’interroger sur le point de savoir si l’on n’a pas voulu faire l’économie du financement d’un stockage réglementairement obligatoire.

3. On a attendu le dernier moment, la montée de la colère des usagers, menacés dans leur sécurité et gravement affectés dans leur vie quotidienne, et souvent dans leur activité professionnelle, pour enclencher la recherche d’équipements complémentaires de production qui arrivent en ce moment même, c’est-à-dire au moment du redoux où ils vont probablement se révéler inutiles sous quelques jours.

Une fois de plus, dans ce domaine comme dans tant d’autres, la CTC qui est en charge, je le répète, de la mise en œuvre d’un plan tendant à couvrir les besoins énergétiques, n’a pas rempli son rôle et accuse, après coup, l’Etat ou EDF alors qu’il lui appartenait de veiller, en temps utiles, à ce que des mesures soient prises.

Il serait temps que la Corse ne soit plus gérée sur le mode de la jérémiade tardive mais que les moyens que la loi met à notre disposition soient enfin utilisés.

On espère quand même que la CTC veillera à ce que cela ne se reproduise plus et à ce que, pour la crise actuelle, les compensations et indemnisations indispensables pour les usagers soient effectivement attribuées dans les meilleurs conditions et au plus vite.


Mercredi 9 Mars 2005

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