Conférence de Presse

Lundi 21 juin 2004 - Bastia




Déclaration de Paul Giacobbi, Député et Président du Conseil Général de la Haute-Corse :

" Les élections territoriales et cantonales ont donné lieu à de nombreuses déclarations et à des commentaires variés. Je me suis abstenu de parler, je voudrais aujourd'hui rappeler les faits et tordre le cou à quelques absurdes rumeurs.
Pour les territoriales j'ai proposé au peuple un projet clair, un programme précis, avec des personnalités susceptibles de le mettre en œuvre. Loin des combinaisons habituelles il s'agissait de donner à la Corse une chance d'utiliser pleinement les moyens dont elle dispose et d'aller très vite, avant qu'il ne soit trop tard.
Le score obtenu au premier tour n'a pas été suffisant, même s'il est finalement considérable : quinze mille voix seul contre tous est un résultat remarquable et je tiens à remercier du fond du cœur toutes celles et ceux qui nous ont soutenus.
Dès lors qu'il n'était plus possible de gagner, je me suis plié strictement à la discipline républicaine, comme doit le faire tout homme de gauche. Je ne pouvais l'imposer à mes colistiers qui ne s'étaient pas engagés sur cette base là et ils ont repris leur liberté. Je ne peux faire de reproche à personne : la liste était faite pour gagner et gouverner la Corse pas pour se replier sur des tactiques dérisoires.
A un moment donné, il m'a été très officiellement proposé par des représentants de la liste Zuccarelli de conduire l'exécutif, Nicolas Alfonsi devant briguer la présidence de l'assemblée. Le lendemain cette idée était abandonnée, au profit d'une non candidature d'une partie de la gauche auquel cas j'aurais certainement voté pour Dominique Buchini s'il avait été candidat à la présidence de l'assemblée ou pour tout autre candidat de gauche qui se serait déclaré. J'ai regretté de n'avoir été associé que tardivement aux discussions et de manière partielle : cependant il était très difficile de l'emporter dans une situation aussi confuse et comme je l'avais dit tout au long de la campagne, il vaut mieux perdre que de gagner dans des conditions douteuses.
Sur le plan des élections cantonales, je relève que, malgré des conditions très difficiles, nous avons emporté des victoires éclatantes dans la plupart des cas, gagné un canton et perdu un seul à gauche. Le jour fixé par la loi pour l'élection du président dix huit conseillers se sont présentés et il était clair que personne ne pouvait me battre dans ces conditions, je l'ai très clairement annoncé à la presse et ceci a été confirmé le dimanche. A aucun moment, d'aucune manière, il n'y a eu la moindre négociation avec qui que ce soit, mon attitude à Ajaccio a été sans aucun lien avec le conseil général où ma réélection était, je l'ai dit et redit à ce moment, assurée par le résultat des urnes. Si je me réjouis que la sagesse l'ait emportée et que surtout certains aient préféré se rallier après avoir tout tenté pour me battre, je tiens à rappeler que je n'ai cédé à rien tout simplement parce que j'étais assuré quoiqu'il arrive d'être réélu et que du reste tous ceux qui me connaissent savent que je ne cède jamais à la menace de quelque nature qu'elle soit.

Aujourd'hui la Corse est en désarroi. La sécurité est gravement menacée et le gouvernement a choisi la voie des accommodements clandestins plutôt que celle de l'application des lois. Je l'ai dit publiquement à l'assemblée nationale et le gouvernement n'a pas pu me contredire sérieusement.
Le service public en Corse est menacé autant et plus qu'ailleurs par la politique gouvernementale. L'exemple d'EDF est terriblement inquiétant pour la Corse car les conséquences de la libéralisation seront plus graves ici que dans le reste de la France. Mais il n'y a pas qu'EDF : l'évolution des retraites, la réforme de l'assurance maladie, l'abandon de la notion même de service public par ce gouvernement ouvrent des perspectives sombres pour la Corse.
Le PEI semble se perdre dans le fleuve immense des promesses non tenues : malgré les articles flous et les déclarations mensongères, la réalité c'est que la Corse est très loin du doublement de ses investissements publics et que même le désengagement de l'Etat dans certains secteurs fait que le financement de nos investissements est moins favorable qu'il y a deux ans.
Enfin la saison touristique est désastreuse et nous promet de vingt à trente pour cent de fréquentation et de chiffre d'affaires en moins par rapport à l'an dernier.
Tout au long de la campagne électorale j'avais développé ces sujets essentiels pour l'avenir, voire la survie de la Corse. Les événements confirment mes pires inquiétudes, mais semblent laisser dans une parfaite indifférence nos responsables régionaux. J'ai donc l'intention au cours des prochains mois de poursuivre sur ces différents fronts un combat acharné. "



Jeudi 24 Juin 2004

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