Compte à rebours pour la réforme institutionnelle de la Corse



AJACCIO, 11 fév (AFP) - Statu quo ou nouvelle collectivité? Le débat sur la réforme institutionnelle prend de l'ampleur en Corse où les élus sont appelés à exprimer leur préférence d'ici la fin du mois avant que le gouvernement ne décide éventuellement d'en appeler aux électeurs.

Après cinq mois de discussion, aucun consensus ne s'est dégagé au sein de la classe politique insulaire, où persistent des clivages hérités du processus de Matignon.

Ces divergences ne font pas l'affaire du ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, qui a prévu de revenir, pour la cinquième fois, en Corse vers la mi-mars afin de tirer un bilan des discussions.

En expliquant sa méthode aux élus, le ministre s'était pourtant montré confiant en octobre: "Le gouvernement ne prendra pas de décision à votre place. Il écoutera et prendra en compte ce qui sera votre choix".

Des journées entières de débat n'ont pas permis de combler la "ligne de fracture" entre les promoteurs d'une "collectivité nouvelle", qui réunirait les deux départements avec la Collectivité territoriale de Corse (CTC), et les défenseurs du maintien de conseils généraux "de plein exercice". De nombreux élus semblent cependant avoir des difficultés à se forger une opinion sur cette question complexe et brouillée par des préoccupations électoralistes.

L'assemblée de Corse devrait être la dernière à se prononcer le 28 février, probablement en faveur d'une évolution. Les conseillers généraux de Corse-du-Sud et de Haute-Corse ont déjà voté, sans surprise, pour le statu quo, tandis qu'une courte majorité (101 voix contre 98) s'est dégagée samedi parmi les maires de Haute-Corse pour "la collectivité nouvelle".



"la plus compliquée au monde"



M. Sarkozy a annoncé que si "un large rassemblement" ne se dessinait pas pour l'un des deux scénarios, le "gouvernement prendrait ses responsabilités", ce qui rend probable l'organisation d'un "référendum" local, comme devrait le permettre la réforme constitutionnelle prochainement soumise au parlement.

"Le ministre a lancé ce débat, c'est à lui de le trancher", affirme Emile Zuccarelli, le député-maire PRG de Bastia, très hostile "à une énième réforme institutionnelle alors qu'il y a tant de boulot à faire sur les autres dossiers, comme le développement économique".

Il craint également que sa ville ne perde son statut de préfecture, acquis en 1975. D'autres élus redoutent "une concentration des pouvoirs" aux mains de la CTC et de l'assemblée de Corse, qui éprouvent déjà, selon eux, des difficultés à assumer les compétences acquises ces vingt dernières années.

"Pour être efficace, il faut simplifier", plaident au contraire les promoteurs d'une collectivité unique qui, avec "une seule administration et un seul budget au lieu de trois", "établirait les grandes orientations". Car la Corse possède actuellement "la machine administrative et politique la plus compliquée au monde pour 270.000 habitants", qui "épuise notre temps et notre énergie", regrette Paul Giacobbi, député PRG et président du conseil général de Haute-Corse.

Une telle organisation pourrait s'inspirer du statut particulier "Paris-Lyon-Marseille" avec la création, sur le modèle des conseils d'arrondissement, de deux "conseils départementaux", chargés des "compétences de proximité", comme les questions sociales, l'aide aux communes ou les transports scolaires.



Mardi 11 Février 2003

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