Monsieur le ministre, je ne peux me satisfaire de votre réponse à ma précédente question. Toutefois, ne souhaitant pas polémiquer, je n'y reviendrai pas. J'aurai, hélas, beaucoup d'autres occasions de dénoncer ce qui ne va pas en matière de lutte contre la criminalité en Corse.
En 2005, nous entrerons dans la quatrième année d'exécution de la première convention de cinq ans du programme exceptionnel d'investissements pour la Corse.
Je souhaite faire quatre remarques.
Premièrement, j'interroge depuis plusieurs mois le Gouvernement, par courriers adressés au ministre des finances, au préfet ou à vous-même, sur les chiffres d'exécution de ce programme. Les réponses que j'obtiens sont imprécises et contradictoires. Elles peuvent ainsi varier de 30 millions d'euros pour les engagements relatifs à l'exercice 2003. J'attends donc des explications claires sous forme d'un tableau simple donnant pour chaque exercice les dates, les montants et les objets des dotations, des engagements et des paiements de l'État sur la ligne PEI sur les trois derniers exercices.
Deuxièmement, fin 2005, les engagements de l'État n'atteindront, au mieux, que de l'ordre de 100 millions d'euros, alors que, compte tenu de la convention signée, ils devraient atteindre le triple en 2006. Peut-être a-t-on prévu d'y consacrer 200 millions d'euros en 2006, mais cela m'étonnerait beaucoup.
Troisièmement, une partie importante de ces crédits d'État, comptabilisés au titre du PEI, ne sont pas des crédits exceptionnels mais des crédits ordinaires qui auraient été, même sans PEI, affectés à la Corse - certains l'étaient d'ailleurs avant le lancement du PEI.
Quatrièmement, l'exécution du contrat de plan État-région en Corse place celle-ci en lanterne rouge des régions françaises. Fin 2003, les mandatements atteignent 11,8 % pour la Corse, contre une moyenne nationale de 22,42 %.
J'aurai donc deux questions à vous poser, monsieur le ministre.
Quand consentirez-vous à donner à un parlementaire les chiffres qu'il sollicite légitimement ? Je rappelle que je réclame ces chiffres depuis six mois.
Est-ce que le PEI représente un effort supplémentaire de l'État en faveur de la Corse ou un simple redéploiement de moyens ordinaires déjà affectés à notre île ?