Audition, commune avec la commission de la défense nationale et des forces armées, de M. Martin Howard, adjoint au secrétaire général de l’OTAN, chargé des opérations

Mercredi 17 septembre 2008
Extrait du Compte Rendu



M. Paul Giacobbi. Vous avez rappelé que l’action de l’OTAN doit s’inscrire dans un contexte régional ; que dire alors des zones tribales qui en constituent une partie substantielle ? Est-il possible d’apporter sécurité et stabilité à l’Afghanistan sans les contrôler le moins du monde ?

Martin Howard. La corruption constitue en effet un véritable problème. La communauté internationale a insisté auprès du président Hamid Karzaï et des membres de son gouvernement pour qu’ils traitent le problème, faute de quoi il sera extrêmement difficile de mettre en place des institutions stables. Plus généralement, la gouvernance afghane est au centre des efforts de la communauté internationale. À cet égard, la contribution que l’OTAN et la FIAS peuvent apporter est relativement limitée et elles interviennent plutôt dans les domaines de la sécurité et de la défense – des progrès ont d’ailleurs été obtenus dans la lutte contre la corruption au sein de l’armée afghane. Au cours des douze derniers mois, les transferts de responsabilités vers l’armée afghane ont été très significatifs, celle-ci dirigeant désormais la moitié des opérations. Le ministère de la défense a été renforcé pour en assurer le contrôle et la police afghane, depuis deux ou trois ans, a fait des progrès.
Notre stratégie de lutte à long terme contre le terrorisme doit tenir compte des facteurs structurels, et donc aussi culturels, afin de s’attaquer aux causes profondes du phénomène. Mais il s’agit avant tout d’une question politique, et non militaire, qui dépasse quelque peu mes compétences.
Il est exact que le problème afghan ne doit pas être traité isolément : il faut tenir compte de son voisinage. Le Pakistan est un acteur majeur : certains opposants à la FIAS opèrent à partir de ce pays et, ces six derniers mois, le problème s’est aggravé. La tonalité des relations entre les gouvernements afghan et pakistanais est cruciale. Celles-ci ont traversé une mauvaise passe, avec beaucoup d’hostilité de part et d’autre. Même si des tensions entre les deux pays subsistent, nous assistons à quelques améliorations : le président Karzaï s’est rendu à Islamabad pour la passation de serment d’Asif Ali Zardari et le courant semble mieux passer qu’auparavant. Je suis par conséquent prudemment optimiste.
La communauté internationale, FIAS comprise, doit améliorer sa compréhension de la culture tribale, dont l’emprise est très différente selon les région. Cette question est particulièrement importante lorsqu’il s’agit de zones tribales à cheval sur la frontière avec le Pakistan. Le plus préoccupant, c’est que les autorités pakistanaises ont toujours autant de mal à exercer leur autorité sur leurs propres zones tribales.

Lundi 22 Septembre 2008

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