Monsieur le ministre délégué à l'industrie, j'ai interrogé au mois de mars dernier le prédécesseur de M. le ministre des transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer sur la question de l'atterrissage de nuit sur l'aéroport de Calvi en Haute-Corse.
Je le rappelle, la région de Calvi, que l'on appelle la Balagne, se caractérise par une activité touristique considérable, malheureusement entravée par les limites imposées dans l'exploitation de l'aéroport de Calvi, qui n'est utilisé que de manière diurne.
Depuis de très longues années, les professionnels du tourisme et même l'ensemble des acteurs socio-professionnels de Balagne ont défendu l'idée qu'il fallait améliorer l'exploitation de cet aéroport en permettant l'atterrissage de nuit.
Dès le mois de novembre 2000, une étude, menée en particulier par la société Swiss Control, démontrait la faisabilité d'un atterrissage de nuit à Calvi à la condition d'allonger la piste, d'implanter un indicateur de pente d'approche et quelques autres équipements techniques de navigation aérienne.
La société en question est en réalité l'instrument de la Confédération helvétique qui en possède la quasi-totalité du capital et qui l'a chargée d'assurer les services du contrôle aérien au-dessus du territoire helvétique. Le caractère montagneux de ce pays rend donc cette étude tout à fait crédible. Or, depuis 2000, nous allons de nouvelles études en évaluations, avec d'ailleurs toujours à peu près les mêmes conclusions mais sans que le dossier avance.
Votre prédécesseur m'a rappelé fort justement que la direction de l'aviation civile avait, en 2001, mené des travaux permettant de préciser les conditions à remplir pour l'utilisation de nuit de cet aéroport. Il m'indiquait que les conclusions de ces travaux avaient été exposées le 22 juin 2004 et qu'elles consistaient à confirmer la faisabilité et à fixer la liste des équipements techniques nécessaires qui étaient d'ailleurs exactement les mêmes que ceux qu'avait précisés Swiss Control quatre ans auparavant.
Votre prédécesseur me parlait de nouvelles études menées notamment par le GIE ATR dont les résultats devaient être communiqués en avril 2005 et seraient probablement, me disait-il, concluants.
Depuis, plus rien. On nous dit que l'on devrait un jour prochain, sans doute, mener de nouvelles études, des évaluations en vol, sans qu'aucun calendrier ne soit fixé.
Je ne m'explique pas pourquoi il faut multiplier des études théoriques dont je relève, au passage, l'identité totale des conclusions à intervalles réguliers depuis cinq ans, voire plus si l'on prend en compte les études réalisées il y a une vingtaine d'années. Je ne comprends pas pourquoi une évaluation en vol ne peut être menée neuf mois après les conclusions d'une énième étude théorique. Tout se passe comme si l'on voulait, par une accumulation de procédures dilatoires et répétitives, laisser l'activité de cette plate-forme aérienne s'étioler jusqu'à justifier son déclassement.
Monsieur le ministre, pourquoi le Gouvernement m'a-t-il dit au mois de mars que « le dossier ouvert depuis plusieurs années devrait avancer de façon significative dans les prochaines semaines » ? On voit bien que tel n'a pas été le cas.
Je suis, autant que tout autre, sensible à la question de la sécurité. Mais, en l'occurrence, elle n'est plus en cause, la faisabilité de l'extension envisagée ayant été successivement démontrée par des études concordantes, menées de manière indépendante. Pourquoi se trouve-t-on en attente indéfinie d'une évaluation en vol ? La question est donc de savoir si l'on va enfin se décider, après de si longues années, à procéder aux essais définitifs qui permettront de confirmer ou d'infirmer les études réalisées.
Or, il est assez urgent de prendre des décisions dans ce domaine dans la mesure où, comme vous le savez sans doute, le tourisme en Corse se porte plutôt mal et qu'il n'a pas besoin que l'on remette aux calendes grecques les améliorations d'infrastructures nécessaires à son développement.
M. le président. La parole est à M. le ministre délégué à l'industrie.