Aéroport de Calvi : De qui se moque-t-on ?

Tribune de Paul Giacobbi parue dans Corse-Matin du 9 décembre 2005



Il y a huit mois, répondant à ma question à l’Assemblée nationale, le ministre des transports m’affirmait qu’une évaluation en vol imminente permettrait de confirmer la mise en place d’un atterrissage de nuit sur l’aéroport de Calvi.

Nous sommes au mois de décembre et rien n’a été fait. De qui se moque-t-on ?

Je rappelle que les études techniques démontrant la faisabilité de l’atterrissage de nuit à Calvi ont été publiées en novembre 2000, il y a donc cinq ans. Ces études ont été menées en particulier par Swiss control qui n’est pas un petit bureau d’études mais une société appartenant à 99% à l’Etat suisse, la Confédération helvétique, et qui est chargée par cet Etat d’organiser et d’assurer les services du contrôle aérien au-dessus du territoire helvétique.

Cette société présentait donc toutes les garanties en particulier du fait de son expérience de la gestion de la sécurité des atterrissages en montagne.

Depuis, d’études complémentaires inutiles en annonces d’essais en vol qui ne viennent jamais, on amuse la galerie sans que rien n’avance.

Pendant ce temps, c’est le trafic sur la plate-forme de Calvi qui ne cesse de baisser, ce qui porte un préjudice considérable à l’activité économique de la Balagne et, à certains égards, de l’ensemble de la Haute-Corse.

C'est la volonté qui nous manque

La Corse, à travers sa collectivité territoriale, dispose de la propriété des aéroports, d’une colossale enveloppe de continuité territoriale financée par l’Etat mais entièrement transférée à la CTC, et du pouvoir de désigner les compagnies sur les lignes de la Corse.

La CTC est, en outre, l’actionnaire majoritaire de la CCM et dispose très largement du PEI avec des financements à 70% pour réaliser des infrastructures.

Et avec tout celà, on n’est pas fichu de faire avancer un dossier dont les aspects techniques ont été analysés favorablement depuis de longues années par les spécialistes mondialement reconnus de l’atterrissage en zone montagneuse !

Une fois de plus, nous constatons que ce qui nous manque ce n’est ni le pouvoir juridique ni les moyens financiers mais seulement la volonté.

Je tiens à assurer personnellement aux socio-professionnels et aux habitants de Balagne mon soutien total dans cette affaire. Je saisis dès aujourd’hui à nouveau le ministre des transports et l’ensemble des autorités concernées.

Mardi 13 Décembre 2005

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